Comment Attestis invente le panneau de chantier connecté

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(Crédits : DR)
Avec sa solution capable d'apporter la preuve numérique de l'affichage réglementaire des autorisations d'urbanisme, la jeune entreprise implantée à Sophia-Antipolis veut éviter les recours abusifs.

C'est parce qu'il a lui-même été confronté au pire cauchemar de tout maitre d'ouvrage que Guilhem Ensuque a imaginé une solution capable d'éviter tout recours considéré comme abusif contre un projet d'urbanisme.

Racine du "mal"

Car le recours s'appuie souvent sur la contestation de la continuité de l'affichage, le panneau ayant pour rôle de répertorier les informations relatives au projet d'urbanisme représentant de fait l'information obligatoire des tiers. Et si la continuité de l'affichage n'est pas respectée durant un délai de deux mois, le recours peut alors intervenir à tout moment.

"Aujourd'hui, c'est le constat d'huissier qui permet de justifier de l'affichage, mais pas de l'affichage en continu", explique Guilhem Ensuque. Passé par diverses startups à des postes mêlant technique et marketing, cet ex-Openplug lance donc Attestis en août 2017. "Nous prenons la problématique à la racine, c'est-à-dire en s'appuyant sur ce que demande le code de l'urbanisme, c'est-à-dire la continuité de l'affichage".

La blockchain pour authentifier

La solution imaginée par Attestis consiste à apposer une balise de géolocalisation dans le panneau. Une solution de preuve numérique issue d'un brevet et qui s'appuie sur les capacités offertes par Galileo. A cela s'ajoute une plateforme numérique et une application.

"Le panneau est un élément, mais l'application certifie également la photo du panneau pris par le maître d'ouvrage, grâce à la blockchain, l'horodatage venant du GPS", détaille Guilhem Ensuque qui annonce un stockage pérenne, d'au moins dix ans.

L'application permet également de scanner un QR Code via un sticker, apposé sur le panneau. Un QR Code qui "fournit des éléments plus complexes, plus détaillés, évitant de se déplacer pour consulter les documents d'urbanisme. Il devrait aussi permettre à terme de "voir" à quoi ressemblera la future structure et cela grâce à la réalité virtuelle", poursuit le dirigeant sophipolitain. "Notre solution renforce la preuve de l'affichage et répond à la curiosité légitime des tiers concernés".

Rythme de commercialisation

Lauréat notamment du Prix ESA Space Solutions attribué par l'Agence spatiale européenne, accompagné par l'incubateur Paca-Est, Attestis prévoit le lancement de l'application et de la plateforme dès ce mois de février. Des prototypes du panneau connecté seront disponibles dès le mois de mai avant un lancement commercial en septembre.

Les clients visés par la startup sophipolitaine sont les professionnels du secteur tels les promoteurs immobiliers, les aménageurs, les structures publiques et privées, les hôpitaux, les bailleurs sociaux, les opérateurs de téléphonie mobile ou encore les notaires qui pour l'heure n'ont pas d'autres alternatives que d'avoir recours au constat d'huissier.

Surfer sur le marché

"Le marché de la construction se porte bien", remarque, confiant Guilhem Ensuque. "750 000 chantiers ont été autorisés en 2015, contre 1 million aujourd'hui. Nous avons retrouvé les niveaux d'avant crise. Le contexte économique est favorable et il existe une volonté politique de s'attaquer au sujet des recours abusifs".

Et le dirigeant sophipolitain d'expliquer que "notre stratégie d'accès à ce marché est multiple : pour le BtoB cela passe par de la vente classique, pour le BtoC par du marketing direct et des partenariats de prescriptions avec des professionnels".

Attestis compte également recruter fortement, en donnant la priorité au secteur commercial, étant prête d'ailleurs à proposer une entrée au capital de l'entreprise. Quatre à cinq embauches devraient concerner le marketing et la partie technique.

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