Mycophyto confirme le potentiel de ses super champignons

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(Crédits : DR)
La startup installée à Sophia-Antipolis, qui parie sur les champignons mycorhiziens, capables d'amplifier la surface racinaire des plantes pour développer des plants spécifiquement élaborés, poursuit sa phase de R&D. Avec des résultats qui appuient son business modèle.

Ce sont des champignons aux pouvoirs particuliers, de ceux qui intéressent fortement l'agriculture. Tout tient dans leur capacité à rentrer dans la racine de la plante et à démultiplier son pouvoir racinaire, c'est-à-dire à aller chercher les nutriments dont elle a besoin, dans un périmètre élargi. Un super pouvoir qui focalise l'attention et les travaux de Justine Lipuma.

Diplômée en biologie de l'Université de Nice, elle crée Mycophyto en 2017 avec l'intention de développer des plants renforcés grâce à ces champignons.

Un objectif qui exige des travaux de R&D, engagés rapidement.

Il y a ce projet de pré-maturité avec l'Université Côte d'Azur qui concerne les cultures de tomates et olives, des cultures à qui sont appliqués des composants mycorhizés. Pour cela des prélèvements de souche indigène ont été préalablement faits sur le territoire ce qui va permettre "de dresser une carte de champignons souche", explique Justine Lipuma. "L'objectif est d'optimiser les champignons présents qui sont en quantité trop faible".

Si les plants de tomates - cultivés sous serre - ont produit de bons résultats - "nous allons relancer une production", précise Justine Lipuma - les oliviers n'ont quant à eux pas encore bénéficié de ce traitement spécial, mais Mycophyto enregistre déjà des demandes directs de producteurs avec qui des projets de tests pilotes sont en cours.

L'enjeu de la lavande

Mais c'est sur un autre projet - d'une durée de trois ans - que tout le potentiel des champignons mycorhiziens est attendu, celui de la lavande. En effet, les variétés qualifiées jusqu'ici de résistantes ne le sont plus, ce qui menace véritablement la filière, laquelle a engagé un plan de sauvetage. "Le constat est triste mais les professionnels sont en demande de solutions", souligne Justine Lipuma qui collabore pour cela avec le Crieppam, le centre régionalisé interprofessionnel d'expérimentation en plantes à parfum aromatiques et médicinales, basé à Manosque.

L'industrie du parfum est en effet un secteur qu'adresse particulièrement Mycophyoto. "La plante à parfum est adaptée à la cible que nous proposons", dit Justine Lipuma. "Reste à apporter les preuves". Le contrat, signé dernièrement avec un industriel du secteur, devrait y contribuer.

Mycophyto, incubée par Paca-Est, se prépare également au concours i-Lab porté par bpifrance, ce qui pourrait lui permettre de bénéficier d'un financement et d'un accompagnement capables de la faire progresser plus vite.

La startup envisage également des recrutements, sans doute en fin d'année, mais vise des profils d'ingénieurs agronomes disposant d'une composante marketing, ainsi qu'un chimiste, à terme pour des problématiques de formulation.

"Notre stratégie est d'augmenter le panel des testeurs afin de générer du chiffre d'affaires", révèle Justine Lipuma. Une levée de fonds pourrait être envisagée mais pas avant 2020 et probablement en faisant appel au crowdfunding.

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