Comment Babeyes s'installe sur le créneau BabyTech

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(Crédits : DR)
La start-up installée à Sophia-Antipolis est partie d’une idée peu banale : restituer aux enfants de zéro à trois ans la mémoire qu’ils ne sont pas encore en capacité de stocker dans leur cerveau, ce grâce à grâce à sa solution digitale. Le résultat : une tête d’ours munie d’une caméra, du software... et des souvenirs enregistrés sur l’ordinateur des parents.

Premier test grandeur nature réussi. Pour l'entrepreneur Yohann Touboul, il n'était point question de pression au moment de se rendre au CES Las Vegas, en janvier dernier. "Nous partions mon équipe et moi avec une idée un peu folle, un prototype, et le désir de vivre une belle expérience"... Chose faite, et cette philosophie leur a réussi. La start-up azuréenne est repartie en effet munie de contacts qualifiés qui s'entretiennent toujours aujourd'hui dans l'attente du produit fini. Ce petit ovni qui est parvenu à atteindre c'est Babeyes et il s'incarne sur le segment de la Baby Tech.

Souvenirs enregistrés

Concrètement, il s'agit d'une tête d'ours munie d'une caméra intégrée. Accrochée au vêtement du bébé, elle va pouvoir enregistrer dans les trois premières années de sa vie tous ses souvenirs. Il faut savoir en effet qu'avant cet âge, "tant que l'enfant ne peut pas mettre de mots sur ce qu'il voit, il éprouve de la difficulté à stocker cette mémoire. Les souvenirs sont donc quelque part dans le cerveau, mais ils demeurent inaccessibles", explique le fondateur. Ainsi, dès qu'il y a du mouvement autour du bébé, la caméra le détecte et enregistre les images pour une durée de vingt secondes, "d'autant que la présence d'un nouveau-né illumine une famille, il génère forcément l'attention des siens". Des images récupérées ensuite sur ordinateur, sachant que toute la partie software de cette solution effectue un classement automatique des données. Elle élimine celles qui ne sont pas de qualité, identifie les membres de la famille et répertorie leur passage dans les diverses vidéos enregistrées... "Si donc l'enfant, quelques années plus tard, souhaite par exemple revoir l'expression de son père ou de sa mère lors de ses premiers pas, il peut le retrouver aisément", explique encore Yohann Touboul.

Crowdfunding en avril

Au CES en janvier dernier, "nous avons capté l'intérêt d'importants distributeurs basés aux Etats-Unis, au Canada, en Malaisie, en Nouvelle Zélande, en Australie, au Japon et en Corée du Nord".  L'entreprise, qui vise parmi ses cibles en France les magasins de puériculture et ceux d'électronique (un distributeur tricolore, œuvrant notamment auprès des magasins Fnac, a déjà signalé son intérêt), discute aussi actuellement avec l'entreprise de grande distribution américaine Target, ou le fournisseur canadien de produits de bureaux Staples, désirant élargir sa gamme. "La coutume outre-Atlantique de la baby shower motive en effet ces distributeurs et leur fait penser que notre solution peut être un cadeau un peu différent à offrir aux parents".

Pour l'heure, avant de conclure, reste à avoir le produit fini. Il devrait voir le jour au début du deuxième semestre 2018. Parallèlement, une campagne de prévente, pour mille premières unités, sera lancée à la fin du mois d'avril sur Indiegogo. Il faudra ensuite songer à financer la fabrication, dans l'optique de signatures de contrats. En la matière, "il est généralement difficile de lever des fonds en amorçage... Or nous devons aller vite. Nous financerons donc les premières commandes des distributeurs grâce à la love money". Si l'engouement persiste, la commercialisation de la tête d'ours intelligente pourrait rapidement se révéler une affaire rentable. "Target par exemple, c'est 1 800 points de vente. Bien sûr, ils ne vont pas pourvoir immédiatement tous les magasins de la chaîne, ils procèderont tout d'abord à des essais. Mais s'ils sont concluants, la croissance peut vite devenir exponentielle".

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