Comment Nautic Force s'est jeté dans le grand bain du digital

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(Crédits : DR)
Avec Wiziboat – qui permet le boat sharing – et Allboat, plateforme e-commerce de pièces détachées –, le spécialiste de l'achat-vente de bateaux, basé à Cannes, disrupte lui-même son propre marché.

Depuis sa création en 2003, Nautic Force voguait agréablement sur une activité traditionnelle mais pérenne, l'achat-vente de bateaux de sport. Son truc, c'est d'être distributeur exclusif de la marque américaine Mastercraft et de distribuer également Correct Craft, Heyday et Bryant. Cependant, comme d'autres marchés, celui du nautisme ne tarde pas à subir un pivot et à voir les usages se modifier. Suffisamment pour que Pierre-Olivier Bidault-Sire sente le vent tourner et décide de prendre le taureau digital par les cornes.

Les bateaux qui vont sur l'eau...

Il part de deux constats. Le premier est la chute constatée des achats de bateaux, le paiement se faisant désormais davantage à l'usage alors que parallèlement, les "acheteurs" sont de moins en moins les babyboomers, mais bien plus les millennials. Ainsi naît Wiziboat, qui repose sur un principe fonctionnant en deux temps. Il s'agit d'abord, de mettre à disposition, un bateau, partagé entre plusieurs abonnés premium. Le partage et l'usage s'organisent ensuite via une application dédiée, mais pour aller jusqu'au bout du principe de l'économie collaborative, Wiziboat a la bonne idée de louer également le bateau lors des journées non utilisées, lorsque le bateau est sensé rester à quai, à des non-abonnés. Une partie du revenu ainsi généré est par ailleurs reversé aux abonnés. Une sorte de cercle vertueux de l'économie collaborative...

Si la première année, en 2016, Wiziboat se lance sur la base de 3 bateaux, cette année ils sont au nombre de dix et Pierre-Olivier Bidault-Sire compte bien disposer d'une flotte de 15 bateaux l'année prochaine.

Pour faire grimper le nombre de 40 abonnées actuellement, une cellule de télémarketing contribue à faire en sorte d'atteindre l'objectif 2018 : 100 abonnés en décembre. "Nous tablons sur 300 abonnées l'année prochaine. C'est une offre que nous souhaitons déployer au sein de l'écosystème", précise le dirigeant.

L'Oscaro du nautisme

Ce qui est bien quand on navigue dans le secteur, c'est d'en connaître les problématiques qui l'agitent. Celle des pièces détachées est bien identifiée par Pierre-Olivier Bidault-Sire. Là encore tout part du constat : un marché de la vente en chute libre, une flotte française qui ne se renouvelle pas. Voilà qui donne la base de lancement de Allboat, une plateforme e-commerce proposant 38 000 références, qui présente la particularité d'intégrer l'ensemble des techniques de machine learning, afin de comprendre quelle est la pièce recherchée sans en connaître la désignation exacte. "Le marché se phygitalise", note Pierre-Olivier Bidault-Sire, chaque année entre 3 à 5 % du marché basculant en ligne.

"Nous sommes les premiers sur ces créneaux dans un marché qui est en retard", fait remarquer le dirigeant azuréen. "Nous connaissons les règles du e-commerce, les meilleures pratiques de l'économie collaborative et les usages. Il existe 13 millions de plaisanciers en France, le nautisme est l'un des loisirs les plus pratiqués". Un vaste terrain de jeu, donc.

Toute voile dehors

Pour asseoir son développement et conserver son temps d'avance, Nautic Force a levé 1,4 M€ au sein de son actionnariat. Cette somme sert à financer une partie de la flotte, à développer l'application Wiziboat et à embaucher des datascientists pour développer Allboat.

Sur l'avenir, Pierre-Olivier Bidault-Sire est plutôt serein. "Nous disposons d'une structure dont les fondations sont solides". Wiziboat et Allboat devraient générer respectivement 1 M€ et 500 000 euros pour l'exercice en cours. Nautic Force, qui emploie 17 personnes, affiche pour sa part un chiffre d'affaires de 3,5 M€. L'objectif est d'atteindre 10 M€ pour l'ensemble du groupe à 3 ans. Ce que l'offre Wiziboat définie exprès dernièrement pour les PME devrait contribuer à atteindre.

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