Où en est le projet Epinov ?

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(Crédits : DR)
Financé dans le cadre du dernier appel à projet "Recherche hospitalo-universitaire en santé" relatif au PIA, il consiste à évaluer l’apport d’une technologie de simulation cérébrale dans la prise de décision dans le cadre de la chirurgie de l’épilepsie. Et entre dans une nouvelle phase concrète : la validation clinique.

L'essai clinique s'amorce pour le projet Epinov. Il se fera grâce au financement reçu dans le cadre du troisième appel à projets "Recherche hospitalo-universitaire en santé", ou RHU3, lancé à l'occasion du Plan des Investissements d'Avenir. "Dix projets en totalité ont été retenus, Epinov étant le seul à s'illustrer dans le domaine des neurosciences", observe le chercheur Viktor Jirsa, directeur scientifique aux côtés du professeur Fabrice Bartolomei, coordinateur, et d'Irène Yujnovsky, chef de projet. Ce précieux label RHU, a donc été obtenu en juillet dernier, dotant le projet de 5,8 M€. Des financements pour un objectif : l'étude du rôle de la modélisation du cerveau, plus précisément des réseaux épileptogènes dans le pronostic de la chirurgie de l'épilepsie, qui connaît encore à ce jour un taux d'échec de 50 %. Il s'agit donc de mettre à l'œuvre la technologie neuro-informatique de simulation cérébrale développée par l'équipe de Viktor Jirsa et portant le nom de The Virtual Brain, ou TVB. Du concret, donc...

Le projet RHU a débuté en janvier dernier. Mais cette année sera surtout celle d'un travail préliminaire : "pour l'heure nous optimisons nos méthodes et notre logiciel, puis fin 2018 nous gèlerons le tout". L'essai clinique proprement dit sera lancé début 2019, il durera jusqu'en 2022. "11 centres hospitaliers y participeront. Dans ce contexte, nous allons virtualiser avant chirurgie 400 patients. Nous réaliserons ainsi une exploration pré-chirurgicale, conduiront des analyses... Mais seule l'information relative à 200 patients sera utilisée dans la prise de décision pour la chirurgie, par les cliniciens. L'autre moitié de ces patients constituant un groupe de contrôle.... L'idée est donc de voir si l'utilisation de la technologie de simulation développée servira à améliorer le taux de succès chirurgical".

Dassault Systèmes, le partenaire industriel

Cinq années pendant lesquelles les secteurs académique (Aix-Marseille Université, Inserm), hospitalier (APHM, Hospices civils de Lyon) et économique vont être associés, puisque les projets RHU se focalisent sur une recherche translationnelle. Epinov nécessitait de fait un partenaire industriel, rôle rempli par Dassault Systèmes. "Nous étions déjà en contact il y a deux ans, nous explorions la possibilité de travailler ensemble" Chose faite donc et la feuille de route de Dassault Systèmes sera clé. "Leur mission est d'explorer la possibilité de lancer sur le marché notre méthodologie et notre logiciel, puis de développer un premier prototype software à la fin du projet. Mais nous œuvrons de concert dès à présent sur les pipelines, le flux de travail, ils nous donnent des conseils".

Il sera question enfin d'explorer les meilleures conditions de la commercialisation. Brevets, propriété intellectuelle, différents sujets devront être abordés avant de poser les jalons de la suite. "La piste de la création d'une startup, imaginée initialement, n'est toujours pas exclue. Celle-ci peut ensuite être rachetée par Dassault Systèmes... Mais ce dernier peut aussi acquérir directement la licence relative à notre technologie", conclut Viktor Jirsa. Tout reste donc ouvert. Et puis, outre le projet RHU, focalisé sur l'épilepsie, TVB se connaît d'autres champs applicatifs. Cette technologie peut en effet s'avérer transférable à  deux autres pathologies du cerveau : l'AVC, sur laquelle des travaux ont d'ores et déjà été lancés, et les maladies neuro-dégénératives. Mais ceci est une autre histoire...

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