Rachetée par Outpost24, comment SecludIT pense son développement

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(Crédits : DR)
Annoncée en début d'année, l'acquisition de la startup basée à Sophia-Antipolis par l'acteur suédois spécialisé dans la gestion des vulnérabilités des entreprises et des gouvernements, poursuit sa stratégie de développement. Il faut dire qu'en matière de cybersécurité, les enjeux colossaux.

Toujours azuréenne, même si désormais une partie de son identité est suédoise, SecludIT ne change rien à sa roadmap.

Passée dans le giron d'Outpost24, qui se revendique le leader de la gestion de la vulnérabilité, la startup dirigée par Sergio Loureiro a été proactive dans le processus d'achat, son souhait de trouver un acquéreur s'étant concrétisé durant l'été 2017. C'est précisément sa capacité à adresser la sécurité des infrastructures cloud qui a suscité l'intérêt du groupe suédois.

Complémentarité

"Nous continuons à développer les produits", explique Sergio Loureiro, devenu directeur produit, les solutions signées SecludIT étant intégrées dans l'offre Outpost24, le groupe ayant dans son portefeuille majoritairement de grandes entreprises basées en Europe et aux Etats-Unis.

Comme cela est souvent le cas lors de rapprochement et acquisitions, la technologie développée par l'azuréenne est complémentaire de celle du groupe suédois. Et à l'heure où la problématique de cybersécurité devient toujours plus pointue, large et féroce, l'addition des compétences est une plus-value évidente pour répondre aux besoins du marché et donc des entreprises, dont la taille n'est pas un facteur discriminant face aux cyber-attaques. Du grand groupe à la PME, toutes sont susceptibles d'être confrontées au problème.

Quels enjeux ?

"Le monde du cloud va vite, notre roadmap est simple, elle consiste à continuer à accompagner les entreprises à adopter les nouvelles technologies de façon sécurisée. La sécurité demeure une problématique. Les responsables de la sécurité dans les entreprises ont besoin d'outils, de solutions, pour continuer à gérer la sécurité, là où les anciennes solutions ne fonctionnent plus", analyse Sergio Loureiro, soulignant aussi le fait que la sécurité est souvent perçue comme un coût.

Si l'on pourrait considérer que les entités les plus menacées sont celle disposant de data, Sergio Lourio balaie l'argument. "Aujourd'hui, toutes les entreprises disposent de data, ne serait-ce que par le biais un site web ou e-commerce".

Autre problématique soulevée par le fondateur de SecludIT, c'est la question de la mise en pratique de la défense de cette cybersécurité. En résumé, dépenser oui mais comment. Sachant que pour être efficaces, les tests de vulnérabilité doivent être menés sur les infrastructures plusieurs fois par an. "Nous donnons des analytics, des indicateurs aux dirigeants et aux responsables de la sécurité pour prioriser le travail", note Sergio Loureiro, révélant un chiffre qui donne la mesure du sujet : 28 nouvelles vulnérabilités voyaient le jour quotidiennement en 2016, elles ont été de l'ordre de 50 en 2017. Et 2018 enregistre une légère croissance.

Renforcer la R&D

"Nous construisons donc des outils pour répondre à ses risques", rappelle le spécialiste azuréen. Sachant que classiquement, 5 à 8 % du budget informatique était consacré à la sécurité. Un pourcentage en hausse, qui en "consomme" désormais plutôt 10 à 15 %. "Parallèlement, l'informatique devient de moins en moins onéreuse" note cependant Sergio Loureiro. Un phénomène d'externalisation de la compétence en matière de cybersécurité est également en train de se produire, "la cybersécurité étant considérée comme trop coûteuse et trop compliquée à gérer en interne". Ainsi le marché des MSSP (pour Managed Security Service Provider) s'est-il structuré.

Devenu l'entité en charge de la R&D d'Outpost24, SecludIT est en phase de recrutement de développeurs. Une étape toujours délicate, la pénurie en la matière étant une problématique générale, mais qui est d'autant plus sensible pour le domaine de la cybersécurité.

A noter qu'Outpost24 dispose de 1 500 clients répartis dans 40 pays. Des clients des secteurs de la santé, de la finance, des assurances, du commerce détail, des télécommunications ou encore de l'industrie.

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