Comment O² Quant veut se positionner en leader de l’intelligence artificielle

 |  | 653 mots
Lecture 3 min.
(Crédits : Reuters)
Située à Marseille, l’entreprise offre à ses clients des modèles d’intelligence artificielle sur mesure, à partir de leurs propres données. Forte de sa transversalité, elle travaille à l’international mais s’intéresse en particulier aux entreprises de la région où la concurrence est encore limitée.

Reconnaissance d'images, suggestion de produits sur les sites de e-commerces, autant d'innovations nées grâce au deep learning. Rendue possible par la multiplication des données et l'augmentation des capacités de calcul, cette forme d'intelligence artificielle permet aux machines d'apprendre par elles-mêmes, en cherchant des similarités entre les données. Un potentiel qu'ont voulu exploiter Olivier Guillaume et Olivier Philip en créant en janvier 2017 O² Quant.

Le concept : mettre à disposition des clients des modèles d'intelligence artificielle entraînés avec leurs propres données. "Nous sommes des artisans de l'intelligence artificielle", se plaît à dire Olivier Guillaume. L'équipe a ainsi développé une expertise dans différents domaines tels que la reconnaissance d'images ou le traitement de séries temporelles. Elle développe des modèles permettant de regrouper des données - ce qui peut par exemple être utile pour segmenter des clients et proposer des actions marketing ciblées -, de faire des recommandations - comme ce qui se fait sur Netflix ou Amazon -, de prédire, par exemple l'occurrence de certaines maladies, ou encore de faire de l'optimisation. Si beaucoup des modèles développés par l'entreprise sont secrets car pas encore brevetés, il en est un qu'Olivier Guillaume accepte de présenter. Créé pour la société Innov Training, il s'agit d'un modèle qui analyse et compare les performances des sportifs de haut-niveau. L'outil devrait prochainement être capable de "faire de l'optimisation".

Cibler le marché régional, encore peu concurrentiel

Parmi les clients de O² Quant : des spécialistes de l'informatique tels que ATOS ou AMD, des start-ups,  des ETI et des PME. "Ce sont des entreprises qui ont des données et prennent conscience qu'il faut les valoriser", résume le co-fondateur de l'entreprise. Pour les conquérir, il a dû faire de l' "évangélisation" donnant régulièrement des conférences au cours desquelles il explique aux entreprises comment utiliser l'intelligence artificielle et quels profits elles peuvent en tirer. Mais "maintenant, nous avons une bonne visibilité sur la région et les clients viennent à nous".

Si l'entreprise évolue sur un marché mondial, elle tient avant tout à cibler les entreprises locales. "L'intelligence artificielle est disruptive. Il faut que les entreprises en région utilisent ces outils pour être meilleures, pour développer leur chiffre d'affaire. Nous sommes très attachés à cela". D'autant plus que les concurrents sont rares en région, tant le deep learning constitue une science nouvelle, qui "n'a pas plus de quatre ans", souligne Olivier Guillaume. Et si, au niveau national, quelques entreprises se sont lancées dans ce domaine, O² Quant compte sur sa transversalité pour se distinguer.

Un atout majeur : la transversalité

L'équipe est en effet composée de profils variés et complémentaires. Alors qu'Olivier Guillaume est plus spécialisé sur l'aspect business, son associé se concentre davantage sur la technique. À leurs côtés, deux collaborateurs, tous deux data scientists.

Mais la transversalité passe aussi par le choix de créer de l'intelligence artificielle dans des domaines aussi variés que la santé, la sécurité ou l'industrie. "On peut se développer dans tous les domaines où il y a des données", généralise Olivier Guillaume. L'avantage : "ce qu'on apprend en sécurité, on peut le transposer dans le médical". Et de certifier : "grâce à notre transversalité, on travaille beaucoup plus vite que les laboratoires de recherche et on peut proposer des solutions qu'on ne trouve nulle part ailleurs".

Pour l'heure, la stratégie est de continuer à nouer des partenariats, dans une "expansion maîtrisée et avec des finances saines, pas dans un modèle de start-up". Pour se renforcer, O² Quant - qui ne communique pas sur son chiffre d'affaires - pourrait prochainement procéder à un recrutement, et peut-être d'autres ensuite, "en fonction des partenariats et des marchés".

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :