La stratégie d'Affluent Medical pour devenir leader des medtechs

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(Crédits : DR)
En regroupant quatre technologies qui adressent les maladies vasculaires notamment, la jeune pousse, dont le siège opérationnel est à Aix-en-Provence, veut jouer sur la synergie de chacune des innovations aussi bien en terme de sous-traitance que de développement commercial. Un tout en un qui doit permettre d'être rapidement présent sur le marché.

Elle est jeune - très jeune puisque créée en février 2018 - mais sa force réside dans sa capacité a réunir sous une seule et même bannière rien de moins que quatre innovations que son directeur général, Daniele Zanotti présente comme disruptives sur un marché de la santé très en attente de solutions de ce type.

Mutualiser pour gagner en force de frappe

De fait, Affluent Medical a pris le parti d'adresser plus particulièrement les maladies du cœur, des maladies vasculaires et de l'incontinence urinaire. Il y a d'abord Kardiozis, une prothèse endovasculaire qui permet de prévenir les endofuites dans l'anévrisme de l'aorte abdominale, "une maladie très répandue", souligne Daniele Zanotti, appelée "tueur silencieux car asymptomatique". Il y a aussi Kalios, le premier dispositif de réparation de la valve mitraille, réglable au fil du temps, une pathologie qui concerne 1 % de la population mondiale. Dans le même segment, Epygon, première valve mitrale transcathéter permet de restaurer les flux sanguins et de sauvegarder le ventricule. Quant à Artus, il se positionne comme le premier sphincter artificiel activable électroniquement pour traiter l'incontinence urinaire sévère, une forme qui prive la personne atteinte de toute vie sociale.

Ce rapprochement sous une même entité prend tout son sens pour Daniele Zanotti. "Nous partageons déjà les mêmes investisseurs", note-t-il. En effet, tous ces dispositifs sont issus du portefeuille de Truffle Capital. Pourquoi pas donc, pousser encore plus loin le principe. "Nous partageons également beaucoup de sous-traitants industriels", précise le directeur général, notamment concernant les stents qui sont les parties métalliques des dispositifs, les laboratoires pour les essais cliniques et les tests de biocompatibilité. Pourquoi donc ne pas partager les accès au marché ?

Commercialisation dès 2020

Les quatre marquages CE devraient être obtenus sur une période de 18 mois à partir de fin 2020. Ce qui donnera le top départ pour la mise sur le marché.

C'est Kalios, actuellement en cours d'essai clinique sur l'homme, qui ouvrira le bal, la commercialisation étant programmée pour 2020. En 2021, cela sera le tour d'Artus et Kardiozis puis en 2022 d'Epygon.

Si en Europe, la commercialisation se fera en direct, pour ce qui concerne le marché asiatique, des joint-ventures ont été d'ores et déjà conclues avec des partenaires chinois, à Shanghaï. "Nous avons établi des joint-ventures pour trois des quatre produits", dit Daniele Zanotti. "Notre partenaire chinois finance l'industrialisation, la validation clinique et la mise sur le marché jusqu'à la profitabilité". Pour les Etats-Unis, une validation de produits a été engagée en parallèle. "Nous avons déjà des contacts pour effectuer des essais cliniques", précise Daniele Zanotti.

A noter qu'Affluent Medical, qui dispose d'une équipe de 35 personnes, dispose d'un portefeuille de 27 familles de brevets et que les différents marchés cardiovasculaires visés prévoient un chiffre d'affaires de 3,5 milliards de dollars à l'horizon 2022.

La startup ne cache pas ainsi son ambition de devenir leader des medtechs. "Nous envisageons d'être rentables en 2021", estime Daniele Zanotti. Le chiffre d'affaires prévu d'ici 2028 s'élève à plus de 300 M€, selon les analystes. Affluent Medical a annoncé, le 29 mai dernier, l'enregistrement de son Document de base dans le cadre de son projet d'introduction en Bourse sur le marché Euronext Growth à Paris.

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