Starmed veut devenir le "chaînon manquant" des soins d’urgence

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(Crédits : DR)
Située à Marseille, la start-up qui propose des produits stoppant les hémorragies veut jouer un rôle dans les premiers secours. Ciblant le marché français, cette TPE encore "artisanale " entend développer ses moyens financiers et humains.

C'est auprès des militaires en Iraq que Joël Mercier, alors électronicien prestataire de l'armée, découvre les poudres hémostatiques, c'est-à-dire arrêtant les hémorragies, produites essentiellement aux Etats-Unis et en Allemagne. Peu utilisées dans en médecine, ces poudres sont très répandues sur les champs de bataille, car il faut pouvoir agir vite. "On a quinze minutes pour arrêter une hémorragie", souligne Joël Mercier. "Au-delà, les chances de survie passent de 90 à 18 %". Un laboratoire souffle à l'électronicien de se lancer dans la commercialisation de ces hémostatiques. Il vient de prendre sa retraite, sa femme est médecin, voilà qui tombe plutôt bien. En 2015, il fonde Starmed.

Ses produits : des poudres hémostatiques mais aussi des mousses qui fonctionnent un peu sur le même principe. Au contact des molécules d'eau contenues dans le sang, ces substances se transforment en un gel qui prend la forme de la plaie et y exerce une pression, jugulant les saignements. Des produits issus de matière végétale : de l'amidon de pomme de terre. "L'intérêt, contrairement aux collagènes et aux produits à base de cheval, c'est qu'il n'y a pas de risque d'infection, il n'y pas de contre-indications. Cela facilite l'entrée dans les blocs opératoires".

Hemostbox : un produit pour secouristes et société civile

Les blocs opératoires, une des cibles de Starmed. Les hémostatiques peuvent s'utiliser sur les plaies externes mais aussi sur les organes comme le foie. Mais la TPE s'adresse également aux Samu et à la société civile, particulièrement depuis qu'elle a lancé en 2017 son nouveau produit : Hemostbox, une mallette de premiers secours. En plus de la poudre hémostatique, celle-ci contient de quoi effectuer un garrot, une couverture de survie et quelques accessoires pour des blessures plus légères, le tout dans un coffret de 300 grammes supportant les chocs et étanche. "En cas d'attentat, des hommes-tortues portent un sac-à-dos de 30 kg contenant tous les outils de premiers secours. C'est dur de se mouvoir et les secouristes et médecins sont obligés d'être à proximité d'eux. Cette mallette, c'est le chaînon manquant qui permet à chaque sauveteur d'avoir un outil individuel". Un secours d'urgence dans les attentats, mais pas seulement. Le produit s'adresse également aux sportifs de haut-niveau exerçant dans des lieux difficilement accessibles par les secours (montagne, mer ...).

Une entreprise encore "artisanale" qui veut développer ses moyens

Pour l'heure, Joël Mercier est référencé auprès de cinq établissements de santé dont l'AP-HM ou encore les Hospices civils de Lyon. "C'est un travail de fourmi", admet-il. Un travail encore artisanal puisqu'il l'effectue seul avec son épouse et le soutien de quelques partenaires dont un commercial. En 2017, la start-up a affiché un chiffre d'affaire de 80 000 euros. "Nous espérons atteindre 100 000 euros fin 2018, puis doubler ce chiffre tous les ans pendant les cinq prochaines années".

Pour cela, l'entreprise qui a jusque-là compté sur la retraite de son fondateur espère, grâce à l'augmentation de son capital (passant de 1 000 à 25 000 euros), trouver des partenaires financiers. De quoi mettre en œuvre ses projets d'embauche (une personne pour les aspects administratifs, quelques autres pour l'assemblage des mallettes), mais aussi la création d'un site d'achat en ligne. "Nous proposerions alors une mallette plus petite pour les particuliers", envisage Joël Mercier. Celui-ci est également à la recherche de partenaires professionnels.

Il s'agirait de développer la commercialisation de ses produits mais aussi son offre de formation, un panel non négligeable de son activité. "Nous formons des infirmiers, des salariés du privé, comme ceux d'Etic [une société événementielle, ndlr] et nous démarchons le secteur du bâtiment et des travaux publics. Nous sommes également en contact avec la Chambre de l'agriculture d'Aix-en-Provence, car les agriculteurs sont souvent dans des zones difficilement accessibles pour les secours".

Un développement à l'international ? "Le marché français est déjà conséquent. Avec  1400 CHU et CHR, il y a de quoi faire", répond le fondateur de Starmed qui souhaite "avancer pas à pas".

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