Les ambitions de Twil, la winetech française, qui s'installe à Marseille

 |   |  659  mots
(Crédits : Twil)
La startup qui se présente comme le Shazam du vin installe un établissement secondaire dans la Cité phocéenne avant d'y installer son siège social. Un retour aux sources pour son fondateur qui revient dans ville de son enfance… pour son écosystème de l'innovation.

A l'instar du cannois David Gurlé le fondateur et CEO de Symphony qui installe un centre de R&D à Sophia-Antipolis, le marseillais Erwann de Barry "revient" lui aussi sur les pas de son enfance. Et si la dimension "sentimentale" n'est sans doute pas tout à fait absente, le fond à tout à voir avec la stratégie.

Digitalimser le secteur

Twil - qui est l'acronyme de The Wine I Love - est née en 2016 sur le concept de ce qu'est Shazam pour la musique, c'est-à-dire permettre en scannant l'étiquette des bouteilles de vin, d'être mis en relation directe avec le producteur. Une idée qui permet d'un côté de satisfaire la demande du consommateur souvent perdu dans la grande Toile pour retrouver le nectar apprécié et de l'autre d'apporter la dimension numérique qui manque aux producteurs, ces derniers ayant du mal à s'emparer de la digitalisation.

Et si Erwann de Barry connaît si bien l'univers de la viticulture c'est sans doute par atavisme familial, puisqu'il représente la huitième génération de propriétaire du Château de Saint-Martin Cru Classé de Provence, implanté à Taradeau dans le Var et qu'il est le fils du fondateur du groupe Climadiff.

Pas faire pareil

Pour grandir, le passage par la case levée de fonds devient nécessaire. Le tour de table conclut en début d'année - pour un montant de 1,5 M€ - "s'est finalisé au bon moment". Car "il fallait donner un second souffle afin de faire connaître notre produit", indique Erwann de Barry. Et si la levée de fonds semble un exercice devenu facile pour les startups, en ce qui concerne le secteur de la winetech, il n'en n'est rien. Et cela d'autant plus à un moment où un phénomène de concentration se produit, certaines Winetech passant dans les mains de la grande distribution, à l'instar de E.Leclerc qui a fait l'acquisition de WineAdvisor à la barre du tribunal de commerce en avril dernier. Mais "le fait d'avoir une plateforme qui cible les vignerons, nous permet de nous différencier", explique Erwann de Barry.

Le million et demi levé a été consacré au financement de la nouvelle version de l'application et à l'instauration d'un service de conciergerie - service payant - qui est capable de trouver une bouteille de vin ne faisant par partie des 18 000 références enregistrées. Une fonctionnalité a également été améliorée, celle qui concerne la gestion de caves. "Nous ajoutons des fonctionnalités intelligentes qui permettent d'aller plus loin en fonction de la data que nous collectons", précise Erwann de Barry.

La levée de fonds a également permis le recrutement de nouvelles compétences techniques et marketing.

Champion local et international

Parce que l'international est évidemment l'une des prochaines étapes, Twil développe une version en anglais qui sera disponible avant l'été. Une marketplace qui permet "au client international d'acheter français".

Si Twil a des visées à l'export, son implantation à Marseille fait aussi partie du plan de développement. Assez logiquement née à Paris, son arrivée via d'abord le déplacement de la partie logistique et le service client et avant le déménagement de son siège social, doit tout à la constitution de son écosystème de l'innovation. "Marseille a bien changé depuis une dizaine d'années, c'est une ville qui s'est ouverte sur le monde, qui s'intéresse aux startups, à la technologie. Nous avons envie d'être pionnier et de devenir un champion local". Twil est également en phase de recrutement pour des profils de gestionnaire de catalogue e-commerce, d'agents de saisie et de responsable de service client. Avec 70 000 bouteilles vendues en 2017, 18 000 vins disponibles à la vente, ce qui en fait selon Erwann de Barry la plus grande vinothèque à disponible à l'achat et un demi-millier de vins disponibles à la reconnaissance, Twil compte générer un chiffre d'affaires de 2,5 M€ en 2018, contre 1 M€ réalisé en 2017.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :