Esport Management ou le développement en mode accéléré

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(Crédits : Agence Appa)
Avec son environnement web dédié à l’e-sport, pensé par des gamers pour des gamers, la jeune pousse installée à Sophia-Antipolis entend bien s’imposer sur un marché en pleine effervescence. A condition d’aller vite…

Esport Management est une start-up pressée. Née en mars 2017, la jeune pousse fondée par Tristan Berguer et Guillaume Golfieri, à l'origine d'un environnement web dédié à l'ensemble des acteurs de l'e-sport, vient de lever 2 millions d'euros auprès d'un pool d'investisseurs privés et de BPIfrance. L'objectif ? Attirer et fidéliser d'ici à la fin de l'année 1 million d'e-sportifs sur une nouvelle plateforme aux fonctionnalités enrichies, traduites dans 8 langues et dotée d'une interface orientée entreprises, dont le lancement est programmé en août. "Nous avons volontairement opté pour un rythme de croisière accéléré parce que le marché lui-même évolue très vite", indique Tristan Berguer. En effet, avec des taux de croissance à trois chiffres, le secteur du sport en ligne regroupe aujourd'hui dans le monde 17 000 joueurs professionnels, 100 millions de joueurs occasionnels, des tournois et compétitions drainant des millions de téléspectateurs si bien que même le Comité Olympique s'y intéresse et envisage d'organiser des tests aux prochains JO de Tokyo. Il devrait peser, selon Newzoo, 1,5 milliard de dollars en 2020. Il s'agit donc pour la start-up sophipolitaine d'y "prendre des positions tout de suite". D'autant qu'Esport Management a des arguments pour convaincre.

Succès immédiat

L'histoire, comme souvent, commence par un constat. A savoir, "qu'en plus d'un manque d'organisation et de communication au sein des équipes e-sportives, il n'existe pas d'outils permettant aux joueurs de s'améliorer et de se professionnaliser". Tristan Berguer et Guillaume Golfieri, deux jeunes joueurs semi-pro, passionnés du jeu en ligne Counter Strike, s'attèlent donc à développer, sur leur temps libre, une première interface permettant de gérer un agenda, de mettre en place une stratégie et de trouver des joueurs complémentaires pour monter une équipe. Le succès est immédiat. "En 48 heures, nous avons enregistré plus de 800 inscrits, et ce sans aucune communication", se souvient Tristan Berguer. Décision est alors prise d'exploiter le filon. En mai, la société est créée. Viennent s'y associer les serial entrepreneurs Mike M. Hessabi, président de Sophia Business Angels, et Alexandre Amoukteh, ancien associé et managing directeur de Boston Consulting Group, pour définir une stratégie de conquête dont la version béta du site, lancé en octobre 2017, représente la première étape. Celui-ci, entièrement gratuit, répond aux besoins de structuration des joueurs, équipes et structures e-sportives, qui peuvent ainsi évaluer leur niveau, accéder à des guides pour s'améliorer (interface joueurs), gérer leurs budgets, stratégies, déplacements, etc. (interface équipes) et aller chercher des sponsors (interface structures). Il revendique à ce jour 20 800 utilisateurs en France.

Déploiements

Les fondations posées, place désormais au déploiement. A l'international, d'abord, puisque la nouvelle plateforme sera disponible en anglais, espagnol, italien, portugais, allemand, suédois, polonais et turc. L'ouverture de trois à cinq bureaux est par ailleurs prévue d'ici à mars 2019 aux Etats-Unis, en Chine et au Moyen-Orient, histoire de bien quadriller le terrain. Le déploiement se situera aussi au niveau de l'offre, avec une dizaine de jeux couverts contre un seul aujourd'hui, et des fonctionnalités innovantes utilisant le big data et l'intelligence artificielle pour pousser plus loin les analyses de stratégies, notamment celles des adversaires. Le déploiement s'orientera enfin vers les entreprises, avec le lancement d'une interface dédiée. Où l'on y trouvera une marketplace proposant, outre le matériel qui va bien, des services annexes permettant, par exemple, de réserver son logement Airbnb directement sur la plateforme. A cela, s'ajoutera des espaces annonceurs, sponsorings d'équipe et d'organisations de tournoi. Et Tristan Berguer de résumer : "sur une même plateforme, on pourra jouer, streamer (se filmer, NDLR), s'entrainer, gérer ses déplacements, trouver des sponsors, acheter des produits et même, bientôt, se commander à manger". Ultra complète donc, et "unique sur le marché". Un argument qui peut faire mouche auprès "des entreprises et marques qui souhaitent toucher les jeunes de 18 à 35 ans" sur un marché viral et extrêmement codifié, "où l'on ne s'adresse pas aux gamers de n'importe quelle manière" au risque de s'y casser les dents. "Il y a des codes à respecter qu'en tant que gamers nous connaissons et maîtrisons, ce qui n'est toujours pas le cas de la concurrence".

Proposée en mode freemium, la nouvelle plateforme inaugurera donc dès cet été une phase capitale pour la jeune pousse qui totalise déjà 27 salariés. Une dizaine d'autres devrait renforcer l'effectif d'ici à la fin 2018, des profils techniques et marketing essentiellement. Quant à son objectif de chiffre d'affaires, motus et bouche cousue.

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