Pourquoi DSC choisit Sophia-Antipolis et pourquoi ça a tout à voir avec l'émergence du véhicule autonome

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(Crédits : DR)
En décidant de tenir sa dix-septième conférence non loin de la première technopole européenne, le salon international dédié à la simulation de conduite vient surtout appuyer l'émergence d'une filière qui éclot sur le territoire azuréen.

Sophia-Antipolis est toujours été connue et reconnue (mondialement) pour sa force sur les nouvelles technologies et son côté précurseur. Si elle n'en n'a pas moins subit les aléas économiques, elle a su aussi s'adapter aux évolutions de l'industrie. Hier les semi-conducteurs. Aujourd'hui, TIC, IoT ou sciences de la santé. Mais une filière émerge, doucement dans ses prémices, plus fortement depuis quelques mois, celle qui concerne le véhicule autonome.

Structuration

Il faut dire que sur le territoire sophipolitain, certains noms de ce secteur avaient déjà posé armes et bagages. On en veut pour preuve la présence de Magneti Marelli, Bosh, Toyota... depuis plus d'un an, Renault Software Labs. Bientôt ce sera Mercedes... Autant de marques d'intérêt qu'il faut interpréter comme des fées se penchant sur le berceau d'une filière qui naît et se développe.

La création fin 2017, du consortium Smart Vehicle Côte d'Azur rajoute au tout. Unissant près de trente acteurs du secteur (dont NXP, Magneti Marelli, Toyota... et accompagné par Team Côte d'Azur), il a pour avantage de mêler un large panel puisque s'y retrouvent industriels, grands groupes, startups, académiques et les institutionnels aussi. Structuré en trois groupes de travail, il a pour vocation de dresser une cartographie des différences forces en présence, de faire savoir le plus loin possible - internationalement donc - qu'il existe une Smart Vehicle Valley a faire grandir encore davantage, le tout en créant un environnement et une configuration favorable aux tests de nouveaux projets de mobilité intelligente.

Très investi dans l'animation de ce consortium, Pierre Sigrist, ancien responsable de la R&D de Visteon, aujourd'hui à la direction générale de EpicnPoc une startup qui s'intéresse aux expériences utilisateurs liées aux nouvelles mobilités porte un regard d'ensemble. L'émergence de la filière Automotive au sein de parc technologique est une suite presque logique. "Nous avons vu les véhicules devenir de plus en plus intelligents. On retrouve dans un véhicule, tous les besoins en technologie qui ont fait leurs preuves". Surtout, Pierre Sigrist rappelle que l'important est de "mettre autour de la table des interlocuteurs qui pourraient être concernés. Il faut avoir une approche territoire, industrielle, humaine pour accroître la capacité d'accueil d'autres acteurs".

Bien vu ?

Car bien au-delà des fantasmes, il y a la réalité. "Ce véhicule ne sera pas smart tout seul, il faut qu'il réponde à un besoin, nous devons travailler ensemble, industriels et acteurs du territoire. Le véhicule autonome doit être au service de ceux qui ont besoin de mobilité. Le challenge est qu'il doit recréer un espace familier tout en étant innovant".

En pleine structuration, la filière Automotive est-elle déjà visible à l'extérieur ? "Le territoire n'est pas encore fléché mais certains acteurs qui ne se parlaient pas, dialoguent aujourd'hui".

S'il y a des marges de progression à faire pour que le territoire soit totalement identifié comme terre de croissance du véhicule du futur, la tenue ce mois de septembre du salon DSC à Antibes - soit à quelques encablures de Sophia-Antipolis - est pourtant une preuve que le territoire commence à se faire connaître. Et s'il y a bien une personne qui peut juger (jauger) de la capacité du territoire à s'emparer du sujet c'est Andras Kemeny. Président de Driving Simulation Association, qui organise le DSC, il connaît bien la technopôle pour avoir, jeune ingénieur, donné des cours ici et pour avoir toujours conservé le lien avec le territoire. Et si l'événement retrouve la terre azuréenne ce n'est pas par hasard. Pour lui "le véhicule autonome présente un enjeu redoutable : il faut beaucoup de logiciel mais il faut aussi de l'acceptation. La simulation est indispensable". Quant à acquérir de la visibilité, Andras Kemeny l'affirme "la France est visible sur l'échiquier mondial", rappelant que "la première communauté étrangère dans la Silicon Valley, est la communauté française". Et de rassurer : "dans le domaine du logiciel, nous sommes avancés". Concernant Sophia-Antipolis, indéniablement, "il y a un écosystème". Mais la clé est toujours celle-ci : "mettre ensemble les ingénieurs et les utilisateurs". La meilleure formule pour que tout roule...

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