Pourquoi ASM mise sur la cobotique

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(Crédits : Pixabay)
Après un très bon exercice 2017, la PMI basée à Sophia-Antipolis, spécialisée dans la conception de machines spéciales industrielles, investit dans un nouvel atelier d’assemblage à Gardanne et mise sur l’émergence des robots collaboratifs pour doper son avenir.

Les cobots ou robots collaboratifs sont considérés par certains comme l'avenir de la robotique industrielle. La particularité de ces bras articulés mobiles apparus au mitan des années 2010 ? La possibilité de travailler avec l'homme de concert, côte à côte, sans barrière physique. Plus souples, plus flexibles, plus sécurisés, ils permettent par ailleurs de robotiser des situations de production qui ne pouvaient pas l'être jusqu'à présent. C'est donc en toute logique que la PMI sophipolitaine spécialisé dans la conception de machines spéciales industrielles, qui a fait de l'automatisation son cheval de bataille, s'est intéressée au sujet. D'autant qu'après une année 2017 "exceptionnelle", durant laquelle ASM a conçu et assemblé une vingtaine de réalisations sur-mesure lui permettant d'afficher un chiffre d'affaires de plus de 6 M€, contre 3,8 M€ en 2016, tous les voyants étaient au vert pour se positionner sur cette nouvelle génération de robots. Dont le marché, selon le cabinet d'études BIS Research, pourrait atteindre les 2 milliards de dollars en 2021.

Intégrateur certifié du leader mondial des cobots

"Nous avons formé tous nos automaticiens et certains de nos ingénieurs à la programmation et à l'utilisation de ces nouveaux robots", explique Matthieu Vergé-Salamon, co-dirigeant d'ASM. Laquelle est devenue, depuis le début de l'année, intégrateur certifié du Danois Universal Robots qui, avec plus de 23 500 cobots en circulation, domine le marché. "C'est très clairement un pari technologique que nous avons pris, grâce auquel nous atteignons un niveau de polyvalence jusqu'alors inégalé qui attise la curiosité de nos clients". Pour preuve, rien que cet été, 7 commandes de cobots ont été validées parmi lesquelles une ligne de 5 robots communicants qui trieront et rangeront des bijoux en or dans des armoires hautes de 8 mètres, elles aussi communicantes. "Un joli ballet en perspective", sourit-il. Une vingtaine d'autres commandes sont actuellement en négociation. Ce qui fait dire au dirigeant que la cobotique est appelée à prendre de l'ampleur et à représenter, à terme, 50 % de l'activité de l'entreprise.

1,5 M€ dans un nouvel atelier à Gardanne

Reprise en 2010 par Matthieu Vergé-Salamon et Emmanuel Soula, la PMI née à Antibes en 1997 s'est, sous leur égide, rapidement développée, passant de 10 à 30 salariés, forte d'une croissance annuelle moyenne de 12 %. Ainsi, en 2014, elle rachète HighTaiX, un bureau d'études concurrent basé à Meyreuil pour couvrir le secteur Aix-Marseille. Deux ans plus tard, c'est à Lyon, deuxième place industrielle de l'Hexagone après l'Ile-de-France, qu'elle jette son dévolu avec l'ouverture d'un bureau commercial. Mais si les machines sont conçues sur ordinateur et fabriquées par des sous-traitants locaux, le montage, l'assemblage et la mise au point sont réalisés in situ, c'est-à-dire à Sophia Antipolis où ASM a investi en 2015 une enveloppe de 1,5 M€ dans un atelier adapté. Qu'il s'agit désormais de dupliquer pour faire face à l'augmentation de l'activité. Aussi l'entreprise a-t-elle acquis un terrain de 2000 m² à Gardanne, dans les Bouches-du-Rhône, pour y ériger un bâtiment éco-conçu de 600 m², labellisé  BDM (Bâtiment Durable Méditerranéen), niveau argent. Les travaux débuteront en octobre pour une livraison programmée en septembre prochain. Montant de l'investissement : 1,5 M€ HT. A la clé, une dizaine d'embauches et un site susceptible d'engranger, en vitesse de croisière, 2 M€ de chiffre d'affaires par an.

Une quinzaine de machines en cours

Volontairement multisectoriel, pour ne pas être dépendant des cycles industriels, ASM est présent dans les domaines de la parfumerie, de la santé, de l'automobile, de l'aéronautique, de l'électronique, de la bijouterie industrielle... Parmi ses dernières réalisations, une ligne de production de pâtes à mâcher pour chiens, une autre dédiée à l'assemblage de pièces de réservoir essence automobile, une consacrée aux lentilles de télescopes industriels ou encore une machine de découpe de roseaux pour instruments de musique. "Nous sommes également en lice, via un de nos clients, pour concevoir la ligne de fabrication de la nouvelle génération de portes de métro du Grand Paris", indique son dirigeant, dont le carnet de commandes court jusqu'au premier trimestre 2019. Au total, une quinzaine de machines sont en cours de conception, de fabrication ou d'installation. "Nous retrouvons petit à petit notre rythme de croissance habituel et devrions atteindre les 5 millions de facturations en 2018, ce qui reste pour nous une très bonne année".

Est-ce là l'illustration d'une reprise pérenne des investissements industriels dont l'activité d'ASM est directement liée ? "Au regard de notre panel clientèle, cette reprise est souvent drivée par l'export puisque 40 % des machines réalisées l'an passé étaient destinées à l'international", reprend Matthieu Vergé-Salamon. Qui insiste : "Nous intervenons quand nos clients ont un produit qui marche et que la fabrication manuelle ne tient plus. Cela prête à débat d'un point de vue sociétal, mais il n'y a pour moi aucune corrélation entre robotisation et suppression d'emploi. D'ailleurs, la plupart de nos clients ne débauchent pas, au contraire ! Plus la production est optimisée, plus ils embauchent, sans parler de la montée en compétence des opérateurs. Quand on monte en gamme, on gagne en valeur ajoutée". A bon entendeur...

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