Comment NissActive mise sur son expertise scientifique pour se distinguer sur le marché des cosmétiques

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(Crédits : DR)
Localisée à Grasse, la jeune entreprise développe des principes actifs à base de matières premières d’origine méditerranéenne, à destination des entreprises de cosmétiques. Pour se démarquer, elle mise sur la validation scientifique de ses produits et sur une diversification de ses activités.

A l'origine de NissActive, le croisement d'une demande et d'une opportunité. La demande, c'est celle de cosmétiques issus le plus possible de produits naturels, alors que la peau est de plus en plus agressée par les modes de vie urbains. L'opportunité, c'est celle qui se présente en 2016 à une doctorante de l'Institut de chimie de Nice, Hortense Plainfossé : "J'ai commencé ma thèse et rapidement, j'ai obtenu des résultats intéressants. Je me suis alors demandé comment m'investir pour les valoriser". En 2017, elle crée ainsi NissActive, "pour commercialiser les extraits développés en laboratoire".

Commercialiser des principes actifs d'origine naturelle et méditerranéenne à destination des fabricants de cosmétique, voilà le projet. Une aventure qui prend racine auprès des producteurs locaux, avec lesquels elle tisse un partenariat. "Nous leur proposons d'acheter leurs matières premières et eux, en échange, sont d'accord pour mettre ces produits à notre disposition", histoire de ne pas se retrouver à court de ressources. Parmi les matières premières recherchées, des produits ou des co-produits, autrement dit des déchets de l'agriculture, à l'image des feuilles et branches de chêne truffier dont Hortense Plainfossé et son équipe ont révélé les vertus anti-âge.

La validité scientifique : une exigence de la start-up

Une découverte qui devrait aboutir à une mise sur le marché au cours du premier trimestre 2019 ; de même que celle liée à un autre co-produit pour l'heure gardé secret. Autre sentier en cours d'exploration : les possibilités offertes par la germandrée, une fleur très répandue autour du bassin méditerranéen. "Nous voulons identifier les actifs plus en profondeur car il n'y a aucune publication scientifique concernant cette plante". Une innovation brevetée car prometteuse pour cette start-up consciencieuse, surtout lorsqu'il s'agit de validité scientifique.

"Nous essayons de développer des actifs dont l'efficacité est scientifiquement prouvée. Nous réalisons donc des tests in vitro au laboratoire, nous déposons des brevets, nous publions des articles dans des revues à comité de lecture scientifique". Une rigueur qui se rapproche de celle de l'industrie pharmaceutique, alors même qu'" il n'y a pas d'obligation en cosmétique". Il s'agit en fait de se démarquer, grâce notamment au partenariat noué avec l'Université Côte d'Azur.

Des sources d'activité variées

Si la principale activité de la start-up est de proposer un catalogue de produits, elle compte également sur une diversification de ses activités afin de multiplier ses sources de revenus et de minimiser ses risques. Parmi ces activités annexes, NissActive propose de mettre au service des entreprises son expertise. "Nous proposons d'accompagner des entreprises ou de développer pour elles des ingrédients sur-mesure". Des formations sont également dispensées grâce au réseau de chercheurs de l'entreprise. Et là aussi, l'offre de produits et services variés "nous permet de nous différencier de certains concurrents".

Forte des financements venus de Bpifrance, des laboratoires Jyta et de plusieurs prix obtenus, la petite entreprise souhaite développer ces divers projets, en même temps que son catalogue de principes actifs. "Nous avons une dizaine de plantes intéressantes, reste à voir si elles le sont aussi sur le marché". Continuer la recherche donc, mais aussi internaliser l'industrialisation d'ici cinq ans, celle-ci étant aujourd'hui sous-traitée. Ce qui nécessitera de faire grandir l'équipe.

A plus long terme, la jeune pousse des cosmétiques aimerait se développer dans des secteurs émergents, à savoir les produits anti-pollution ou anti-lumière bleue. "Ces lumières émises par les écrans abîment la peau comme les rayonnement UV, accélérant le vieillissement". Des enjeux actuels encore peu étudiés, qui offrent à NissActive un large champ d'exploration.

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