Fanny Orlhac, la chercheuse qui a séduit la Fondation L'Oréal

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(Crédits : DR)
Elle fait partie des 30 femmes lauréates du programme mené conjointement par le géant de la cosmétique et l'UNESCO. Une Bourse qui ouvre des perspectives mais comme l'explique cette post-doctorante de l'INRIA à Sophia-Antipolis qui donne surtout l'espoir de voir son projet sortir du laboratoire pour passer dans le monde médical quotidien.

La recherche est par nature un long processus. C'est ce qui fait à la fois tout son sel et aussi un peu sa frustration. Et ce n'est pas Fanny Orlhac qui dira le contraire. Son sujet de prédilection, c'est l'imagerie médicale. Un sujet qui la passionne depuis longtemps. D'ailleurs c'est plus précisément les indicateurs quantitatifs issues des images qui centralisent son attention puisque c'est bien cela l'innovation de rupture en perspective : être capable de fournir des informations qui serviront d'aide au diagnostic et à la prise de décision du médecin.

La donnée, élément essentiel

A l'INRIA de Sophia-Antipolis, Fanny Orlhac travaille donc sur la combinaison des informations issues des imageries des cancers à un stade avancé. Des images qui contiennent des informations qualitatives, non exploitées, qui sont capables de renseigner sur la maladie et son évolution. L'objectif final est ainsi de pouvoir prédire que telle patiente, présentant tel organisation tumorale, répondra favorablement ou pas à tel traitement. Pour cela, Fanny Orlhac, membre de l'équipe-projet Epione au sein de l'INRIA, utilise des méthodes modernes d'apprentissage statistique en intelligence artificielle. "Mon projet de recherche adresse autant le clinique que la recherche", précise Fanny Orlhac. Qui tient à remettre l'église au milieu du village pour ce qui concerne l'intelligence artificielle, à ne pas appréhender comme une technologie privative ou impersonnelle. "Rien ne remplacera le côté humain du rapport avec un médecin, qui prend en compte des dimensions émotionnelles notamment. Mais mon projet de recherche vise à donner des outils fiables d'aide au diagnostic".

Afin de progresser, c'est auprès du Centre Antoine Lacassagne de Nice et du CHU de Dijon que la fourniture en données se fait. Car "nous avons besoin de davantage de données afin de valider" l'innovation. Et de fait, ce sont encore des années de travail en perspective.

Être visible

Le programme L'Oréal-Unesco offre "une visibilité fondamentale" se réjouit la chercheuse azuréenne. Car il y a l'inévitable passage par l'étape évangélisation. Qui dit donnée, dit accord du patient pour l'utilisation de cette ressource précieuse. Et un patient informé de ce que la donnée peut permettre comme avancée scientifique, est un patient sans doute convaincu. "Il est essentiel de sensibiliser les patients, mais aussi les professionnels de santé, dont nous venons bouleverser les habitudes", souligne Fanny Orlhac. "La santé ce n'est pas quelqu'un derrière un bureau. Ce sont des personnes qui travaillent dans un même sens".

Dédié au soutien des femmes dans la recherche, ce programme vise à briser le fameux plafond de verre. Une limite que Fanny Orlhac avoue n'avoir jamais ressentie jusqu'à présent. "J'ai toujours été évaluée sur mes compétences et mes publications". Certes, "dans les directions d'équipe la présence des femmes est moindre. Mais il ne faut pas focaliser sur ce qui n'existe pas. Plutôt focaliser sur ce qui existe. Penser à l'étape d'après. S'identifier à des personnalités qui sont parvenues à un certain niveau, se dire que c'est possible".

Et qu'innover sert toujours. Comme cet algorithme, développé lorsque Fanny Orlhac faisant partie des équipes du laboratoire IMIV, CEA-SHFJ, devenu une plateforme baptisée LIFEx qui permet au médecin de caractériser l'hétérogénéité des tumeurs. "Ce logiciel est utilisé uniquement pour la recherche", tient à préciser la chercheuse azuréenne. Mais il l'est par 1 000 utilisateurs en deux ans. "Je me dis que je n'ai pas écrit juste une thèse qui demeure dans mon placard".

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