Comment Marseille peaufine sa stratégie numérique

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La ville veut conserver une longueur d'avance dans le domaine du numérique. Des applications comme Timo qui permet le paiement dématérialisé sur les horodateurs, sont tournées vers le citoyen.
La ville veut conserver une longueur d'avance dans le domaine du numérique. Des applications comme "Timo" qui permet le paiement dématérialisé sur les horodateurs, sont tournées vers le citoyen. (Crédits : iStock)
Enorgueillie de ses 13 câbles sous-marins qui la placent au cœur des connexions mondiales, la cité phocéenne tente de devenir une référence en matière de "smart city". Avec des outils qui se veulent précurseurs.

Elle ne cesse de le répéter, sa position géographique est un atout. Pas uniquement d'un point de vue touristique mais surtout économique. Forte des câbles sous-marins qui la relient au reste du monde, au Moyen-Orient, à l'Asie, à l'Afrique, et qui en font selon la formule consacrée, « un coffre-fort numérique », Marseille, deuxième ville de France, entend bien capitaliser sur cet état naturel. Comme pour toute ville qui se projette vers demain, la smart city est un axe de développement bien sûr incontournable et de différenciation nécessaire, surtout face à la concurrence mondiale.

Dématérialisation

Si c'est par le biais de la sécurité que Marseille a développé des outils intelligents, la cité phocéenne veut conserver une longueur d'avance dans le domaine du numérique. D'où l'instauration d'un plan à visée large, puisqu'être smart se traduit de plusieurs façons. C'est d'abord assez naturellement via des applications tournées vers le citoyen, comme "Marseille" ou "Timo", qui permet le paiement dématérialisé sur tous les horodateurs depuis le smartphone et qui, par SMS, prévient en retour l'utilisateur de la fin de son temps de stationnement, temps qui peut être, de la même façon, étendu si besoin, sans nécessité de retourner à son véhicule. Consacré aux familles, Superminot est le portail où il est possible d'effectuer les préinscriptions en crèche, à l'école, à la garderie... La dématérialisation des démarches est aussi un prérequis à la smart city.

Cependant, la ville intelligente ce n'est pas que cela. Et lorsqu'on imagine la smart city, c'est souvent par le biais de son urbanisme qu'elle est envisagée, le fameux « bien vivre ensemble ». Sur le sujet, Daniel Sperling, l'adjoint chargé de l'innovation et du numérique à la mairie de Marseille, a presque grillé la priorité aux spécialistes de l'urbanisme intelligent.

« Le numérique est un levier primordial de transformation pour répondre aux nouveaux défis de notre ville-monde à l'heure de la globalisation. Les paradigmes changent, les comportements évoluent, les modèles économiques se modifient et l'espace urbain se métamorphose. »

Alors que le BIM ["Building Information Modeling", en français modélisation des données du bâtiment, ndlr] est un élément qui a encore du mal à trouver sa place au sein du quotidien des professionnels de la construction, Daniel Sperling a décidé d'imaginer un référentiel smart city. Autrement dit, une agrégation ordonnée des suggestions des différents acteurs de l'acte de bâtir. Concrètement, il s'agit de mettre à disposition un espace open source où chaque professionnel, qu'il soit architecte, électricien ou promoteur, vient déposer sa vision et ses recommandations pour une ville vraiment intelligente. « Ce que nous voulons c'est mettre en avant les cas d'usage », explique Daniel Sperling, qui a échangé sur ce point avec la Smart Building Alliance, elle-même décidée à mettre au point un référentiel smart city. « Marseille est une grande ère urbaine », ajoute l'adjoint. Elle est donc le parfait « terrain de jeu » pour tester grandeur nature la théorie.

Et si pour l'heure ce référentiel est davantage une vision stratégique - l'opérationnel pur reste à inventer et à préciser -, la ville va pourtant bien passer par la case test via le projet de ZAC Vallon Régny. Cette zone d'aménagement concerté prévoit un boulevard urbain et surtout le développement d'un nouveau quartier, comprenant 1.000 logements, soit 97.000 m² de surface de plancher, 88% étant dédiés aux logements, le reste consacré aux activités de bureaux, commerces et services. L'idée va donc être de recueillir les différentes préconisations des professionnels et de dessiner, ainsi, une sorte de schéma qui par nature sera différent de la façon d'envisager l'urbanisme tel que pensé habituellement.

Partager les connaissances

Cet essai dans les conditions réelles va forcément nourrir la faisabilité de ce référentiel innovant. Mais, pour qu'il prenne de l'ampleur et soit partagé par le plus grand nombre, « il est essentiel qu'il soit porté par des structures nationales », pointe Daniel Sperling. Ce relais pourrait être l'association Les Interconnectés qui pourra s'en faire le porteur de bonne parole auprès des autres collectivités de France. Ou la Smart Building Alliance, qui, d'après Daniel Sperling, s'est montrée intéressée.

Car être smart tout seul dans son coin est peut-être auto-satisfaisant, mais n'est pas utile. Ça tombe bien, « l'innovation et le partage des connaissances fait partie de notre ADN », insiste Daniel Sperling. Une autre façon de contribuer au « tech for good ».

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