OZ Biosciences veut s’adresser à l’industrie pharmaceutique

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(Crédits : DR)
Créée en 2003, la PME basée à Marseille développe et commercialise des produits assurant le transport de molécules vers les cellules. Une offre à destination des laboratoires et des instituts de recherche. Pour se développer, elle souhaite développer ses activités de concession de licences, de même que son implantation à l’international.

Comme toute industrie, la recherche scientifique a besoin d'outils et de matériaux, et c'est à ce marché que s'adresse OZ Biosciences. Ses outils à elle, invisibles à l'œil nu, ont une mission commune : assurer le transport de molécules vers un organe, des tissus ou des cellules, sorte de "taxi pour les molécules", comme le résume Olivier Zelphati, président de l'entreprise d'une quinzaine de salariés. Transporter des molécules, une nécessité au vu des avancées en matière de connaissance du génome. "Il y a quelques années, la génomique consistait à identifier les gènes. Aujourd'hui, on est dans la génomique fonctionnelle et on se demande à quoi ils servent". Pour cela, on les isole et on les clone pour ensuite les réintégrer dans une cellule et voir ce qu'il se passe.

Avec trois brevets à son actif, Oz Biosciences commercialise une soixantaine de produits à destination de divers centres et instituts de recherche. Parmi ses produits-phare : des nanoparticules de fer qui ont la propriété de s'associer à un gène. Il suffit ensuite d'utiliser un aimant pour transporter les gènes jusqu'à la cellule. Des technologies et une expertise dans le transport de molécules qui ont permis à la société de se distinguer au moment de sa création, alors que ses concurrents étaient "soit très généralistes à l'image de supermarchés, soit très focalisés sur une seule technique, comme des petites épiceries très spécialisées". OZ Biosciences a choisi de se positionner entre ces deux types d'offres avant que le marché ne devienne plus concurrentiel : "aujourd'hui, de plus en plus d'entreprises ont adopté un modèle similaire au nôtre".

Marchés de niche et licensing

Pour y faire face, la petite entreprise ne se contente pas de s'adresser à des marchés conséquents, elle cible également des marchés de niche. "Nous avons par exemple développé des produits pour les cellules gliales du cerveau", cellules qui alimentent et protègent les neurones. Un moyen de court-circuiter la concurrence et de rentrer dans les laboratoires par la petite porte.

Il est également question de se diversifier via une seconde activité : le licensing. "Il s'agit de trouver des applications thérapeutiques via le partenariat avec des industries. On essaie de développer cela depuis deux ou trois ans". Un moyen de faire la démonstration de l'intérêt des produits développés par l'entreprise dans le traitement de différentes pathologies ou dans la fabrication de médicaments, un domaine vers lequel s'oriente OZ Biosciences, misant sur la baisse de coût et la plus grande efficacité permises par ses produits, notamment en matière de thérapie cellulaire, très coûteuse. D'où le recrutement prévu d'une personne en charge de l'aspect règlementaire, très important sur ce type de marché. Un marché auquel l'entreprise s'intéresse en raison des gros volumes de produits qui pourraient y être vendus, relativement à la recherche qui utilise des quantités plus réduites.

Développer le réseau de filiales

De ces nouvelles opportunités, l'entreprise espère "un boom de croissance", tablant sur une hausse du chiffre d'affaire de 10 % par an pour les cinq prochaines années. Celui-ci s'élève à 750 000 euros en 2018.

L'international fait aussi partie de la stratégie de l'entreprise qui a déjà une filiale à San Diego, aux Etats-Unis. Une implantation qui date de 2013, facilitée par les neuf années passées par Olivier Zephalti dans cette même ville. "Nous allons probablement embaucher une personne là-bas", annonce-t-il, les Etats-Unis représentant plus de la moitié du chiffre d'affaire total.

L'entreprise s'adresse également à d'autres pays en Europe et en Asie par le biais de distributeurs. Mais à plus long terme, il pourrait être question d'ouvrir une nouvelle filiale au Royaume-Uni pour pallier d'éventuelles difficultés liées au Brexit.

Autre territoire dans le viseur : la Chine. "La différence culturelle est telle qu'il nous faudrait un site en chinois et une présence locale". Un pays où la fabrication de médicaments prend de plus en plus d'ampleur.

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