Une association "Mobilités dans l'air" pour quoi faire ?

 |   |  676  mots
(Crédits : iStock)
Créée dans les Bouches-du-Rhône par Vincent Kieffer, le PDG de BookmyHelo, et Françoise Derout, présidente d'Air Space Drone, son but est bien de démocratiser la mobilité augmentée autant pour les biens que les personnes. Mais c'est plus largement la question de la mobilité dans sa globalité dont il est (aussi et surtout) question.

Le premier vise à faire de l'hélicoptère un moyen de déplacement adapté aux contraintes, notamment des acteurs du BtoB. La seconde dirige l'une des sociétés axée vers l'usage des drones les plus prometteuses du secteur. Positionnés sur un segment de la mobilité qui projette de nouveaux usages et donc de nouveaux défis, les deux dirigeants ont décidé d'unir leur force et leur vision pour faire peser le sujet de la mobilité aérienne sur celui de la mobilité tout court.

Car le but de Mobilités dans l'air c'est bien celui-là. Le constat de départ est simple : les acteurs positionnés sur les nouveaux modes de mobilité sont nombreux. Mais pas forcément ni organisés en réseau, ni ayant accès aux informations qui, partagées, pourraient permettre - sans jeu de mots - d'aller plus vite.

Un pour tous, tous face aux mêmes défis

Donc, plutôt que chacun travaille et expérimente dans son coin, l'idée est de "faire bouger les lignes", comme le dit Alain Bascoulergue, directeur général d'Air Space Drone, la startup spécialisée dans la sécurisation des drones basée à Aix-en-Provence, co-fondatrice de l'association. Et pour faire casser les silos, il faut arriver à "fédérer les acteurs de la filière et les acteurs politiques".

Pour Françoise Derout, il est essentiel de créer "un pot commun pour y mettre toutes les compétences", c'est-à-dire réunir les savoirs et les savoir-faire des entreprises "en avance de phase". Là où il est notamment question d'IA, comprendre ici Intelligence assistée. Et ce qui sert aux drones peut servir à toute la réflexion sur la mobilité, "dans son ensemble". Ce à quoi acquiesce Vincent Kieffer, le PDG de BookmyHelo, startup installée à Marseille, persuadé que la solution réside dans le "management du trafic", qu'il faut "mêler aux problèmes sociétaux".

Histoire de logiciel

Cette capacité de l'aérien à apporter une large pierre à l'édifice de la mobilité, René Zani en est persuadé. Ce contrôleur aérien porte la théorie selon laquelle "le contrôle aérien est le mieux placé pour gérer la mobilité", parce que ce qui est fait dans le ciel peut tout à fait, dit-il, être répercuté sur terre. "Ce que l'on sait faire avec l'avion, il faut l'emmener sur la route", répète Alain Bascoulergue.

Mais surtout, la techno est là pour aider. "Les technologies qui équipent les petits drones vont entrer dans les avions", prédit René Zani. "Le logiciel, s'il est bien écrit, fonctionne aussi bien s'il équipe un bateau, un drone, un avion..." De quoi laisser espérer et entrevoir des avancées conséquentes. "Le monde de la mobilité va devoir se parler", rajoute René Zani qui estime par ailleurs "que la mobilité est au même stade de développement qu'Internet au moment de son émergence". Ça laisse rêveur.

Sujet au Sommet

Pour faire bouger les lignes et faire se parler les différents acteurs de la mobilité, Mobilité dans l'air prévoit d'organiser un sommet européen le 22 mars prochain à Marseille. Un Urban Air Mobility European Summit qui devrait être aussi transversal et multidisciplinaire que le sujet lui-même. Parce que l'enjeu est lui aussi pluriel. Il est à la fois question de smart city et de comment penser la ville et les transports de demain. Il est aussi question de montrer et démontrer aux utilisateurs potentiels que c'est possible. Aussi bien pour les biens que les personnes. Pour cela, il ne faut pas hésiter à mettre des capteurs là où l'information utile peut être recueillie. Histoire que ça serve vraiment bien toute la mobilité. Et aussi un peu à la région, qui déplorent Vincent Kieffer comme Françoise Derout, ne brille pas suffisamment par ses compétences en la matière et n'apparaît même pas sur la carte européenne de la mobilité. L'enjeu global, est donc lui aussi, dual.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :