CES Las Vegas : pourquoi les startups y vont (vraiment) ?

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(Crédits : Reuters)
Pour certaines c'est un bis – voire un ter repetita – quand pour d'autres c'est une toute première expérience. A peine créées ou déjà à un stade avancé de maturité, toutes ne viennent pas au Nevada pour y faire un petit tour et puis s'en vont. Et toutes ne viennent pas non plus pour attaquer le marché américain.

Avec une présence qui ne se dément pas - 376 startups et 420 entreprises tout type confondu - l'Hexagone démontre que le CES demeure toujours une valeur sûre en terme de business.

Un business qui n'est d'ailleurs pas à l'identique pour toutes. S'il semblerait naturel de venir au Nevada pour "tester" le marché américain, beaucoup viennent aussi pour tester le marché tout court ou l'appétence des investisseurs.

Investisseurs et prospects

C'est exactement le cas de Charlie Rousset et Guillaume Barothon, les fondateurs de Morphée, ce joli boîtier qui favorise l'endormissement grâce à la méditation. Originaires d'Aix-en-Provence, le duo d'entrepreneurs compte avant tout attiser l'envie de distributeurs, peu importe leur nationalité. "Si nous séduisons un distributeur finlandais, nous sommes capables de traduire les méditations proposées par Morphée en finlandais..." explique Charlie Rousset. Pour autant, c'est aussi l'occasion rêvée de rencontrer les investisseurs potentiels, ce qui n'est jamais anodin quand on est dans une phase d'accélération ou de levée de fonds.

Provoquer des rencontres avec des investisseurs, des prescripteurs ou des clients potentiels c'est aussi la raison principale de la nouvelle (et seconde) participation de AMedSU, installée à Nice et qui vient y présenter sa nouvelle solution, baptisée Smart Clinical Trials Manager, qui permet d'opérer le suivi administratif pour les essais cliniques. "Nous sommes à Las Vegas pour plusieurs raisons, effectivement pour montrer notre nouvelle solution, mais aussi, parallèlement notre état d'avancement, le fait que nous sommes passés de l'idée à la réalité. Nous visons les grands comptes, et plus globalement tous les prospects ou personnes intéressées que nous n'avions pas pu rencontrer lors de la précédente édition".

"Trouver des partenariats stratégiques" et aussi de potentiels investisseurs, c'est tout autant la démarche de Fox Tripper, startup basée à Marseille qui posera le pied sur le sol américain pour la première fois dans la Mecque de l'innovation avec dans ses bagages sa solution qui permettra au passager d'un avion de pouvoir pré-commander à titre préférentiel durant le vol, toute activité pouvant être réalisée à l'arrivée. "Nous proposons une nouvelle façon de consommer, il nous semblait donc logique d'être présent au salon dédié aux nouvelles façons de consommer", explique Medhi Mokhtar.

"Montrer notre innovation, obtenir de la visibilité, séduire des investisseurs", ce sont, détaille Frédéric Bossard, les trois raisons en parallèle qui ont poussé la volonté de Data Moove, installée à Sophia-Antipolis, de venir à Las Vegas pour montrer Minotour, son chatbot basé sur la compréhension du langage naturel le rendant ainsi capable de répondre aux questions des touristes et des citoyens. "Nous entamons la phase commerciale de DataMoove, rencontrer des investisseurs nous permet de réaliser un effet de levier important", indique Frédéric Bossard.

Pour la marseillaise isard Sciences, sa solution Neural Up et son dirigeant Gil Borelli, rien que la sélection au CES Las Vegas constitue déjà en soi une reconnaissance et un apport de visibilité très utiles dès lors que la phase de développement s'accélère. "Nous avons une double optique : est-on capable d'intéresser le marché américain ? Avec l'espoir de rencontrer des personnes intéressées par l'achat ou la distribution de NeuralUp, notre solution de gestion du stress. Mais aussi, trouver ici des personnes susceptibles de nous accompagner dans notre développement".

Avec son écran connecté en 5D, les Laboratoires Juving-Brunet, établi dans le Var, espère que Sniffy trouvera aux Etats-Unis de quoi transformer les contacts établis lors de l'édition 2018, où "nous voulions prouver à nous-même, notre réponse au marché", dit Alexandre Juving.

American dream ?

Mais le marché américain est aussi parfois bien dans le viseur des jeunes pousses. Déjà présente l'an dernier, Azur Tech Concept, installée à Sophia-Antipolis a fait un pas de géant depuis douze mois. Sa solution Smart Ear, dispositif lumineux qui permet de matérialiser les sons pour les personnes sourdes et malentendantes, se voit ouvrir bel et bien le marché outre-Atlantique. "Nous venons pour conforter les partenariats", précise Sébastien Llorca qui a commencé par poser des jalons à New York et qui pour prospecter au pays de l'Oncle Sam fait appel à un VIE.

Pour Candice Colin et Claire Gagliolo, basées à Grasse, c'est tout le sel du marché américain qui intéresse Beauty Litic, leur API en mode SaaS permettant aux retailers d'analyser la qualité des produits de beauté et d'hygiène commercialisés et de piloter ainsi le référencement. "Le marché américain est prioritaire, car il n'y existe aucune réglementation aux Etats-Unis", souligne Candice Colin. Et ce marché est tout autant prioritaire pour Sportbak, spécialiste de la récupération de données sportives, qui entend bien, ainsi que l'explique Jean-David Rombi, "cibler les coachs sportifs des universités". Le CES 2019 va être l'occasion de sensibiliser les Universités de Las Vegas et Los Angeles. "Le marché américain est gigantesque car il existe des budgets pour développer des équipes de plus en plus performantes. Et les Américains sont friands de statistiques". Finalement, que ce soit pour se tester, faire la preuve du concept, séduire les investisseurs ou rêver d'un american dream, comme le dit Olivier Ezratty, "la présence au CES doit s'inscrire dans une stratégie marketing de long terme". Une bonne raison donc... si elle est structurée.

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