HiPhen ou l'optimisation de l’agriculture par le digital

 |   |  489  mots
(Crédits : HiPhen)
Des champs de maïs ou de salades avec des capteurs et des drones. C’est la solution pour réduire le temps passé à observer les plantations que propose la start-up basée à Avignon. Après avoir peaufiné sa plateforme d’analyse, elle veut se lancer à l’étranger.

"La technologie dominante pour observer les champs, c'est un bonhomme, une voiture et une paire de bottes", sourit David Gouache. Le co-fondateur de HiPhen souhaite "faire entre les entreprises du monde agricole dans le digital" avec en ligne de mire le gain de temps, et d'argent, dépensé lors de l'observation des plantations.

L'entreprise installée à Avignon travaille depuis quatre ans sur sa solution, à savoir une plateforme d'analyse de données sur l'état et la structure des plantes grâce à de la data collectée via des satellites, des drones ou des capteurs connectés. "Ce que nous proposons, c'est un peu ce qu'a été l'imagerie médicale dans la santé. Ce sont des techniques qui nous permettent de mieux connaître le fonctionnement de la culture", détaille David Gouache.

Un modèle en BtoB

HiPhen permet par exemple lors de la création de semence de connaître l'état des différents plants de maïs testés en temps réel. Si reconnaître la manière dont réagit un pied à la sécheresse peut se faire à l'oeil nu, cela est impossible à réaliser sur une culture de 10 000 plants. "Notre approche est de combiner les solutions, le capteur connecté où le drone sont beaucoup plus près et peuvent voir certaines choses pour qu'ensuite la fusion des données avec le satellite permette de réaliser des prédictions".

Par ailleurs, la start-up de 11 personnes développe ses propres capteurs en partenariats avec d'autres société comme Bosch. "Avec nous expérience, nous avons acquis la conviction que pour faire une bonne analyse il faut capteurs précis", note David Gouache.

Les produits s'adressent aux acteurs en amont et en aval des agriculteurs. HiPhen base son modèle sur une stratégie de B to B, cela signifie que ses clients sont les entreprises qui travaillent avec les agriculteurs. Elle collabore notamment avec Florimond Desprez, Bonduelle ou encore Syngenta.

Doubler le chiffre d'affaires

Pour satisfaire ses clients, HiPhen a renforcé ses équipes afin de proposer une plateforme plus fiable. L'objectif est maintenant de devenir auprès de ses clients une solution de routine et non plus un concept innovant. La start-up veut aussi changer d'envergure, des discussions sont en cours avec un gros acteur du marché qui donnerait à HiPhen "une dimension européenne", indique David Gouache. Les velléités à l'international ne se cantonnent pas au Vieux Continent. "Des négociations sont bien engagées en Asie et en Océanie", ajoute le dirigeant.

Côté chiffre, l'ambition est de doubler le chiffre d'affaires, qui s'élève à 900 000 euros en 2018. Jusqu'à présent, HiPhen a toujours réussi à s'autofinancer, mais la direction n'exclut pas d'ouvrir son capital. "Ce que nous recherchons chez un investisseur, c'est une volonté de développer une filière industrielle autour de cette logique de capteurs et de données dans l'agriculture". Bien loin de la paire de bottes.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :