Comment Nanosive veut innover en matière de protection solaire

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(Crédits : DR.)
Créée en octobre 2018 par Truffle Capital, la startup basée à Marseille développe une crème solaire très longue durée afin de lutter contre les cancers et le vieillissement de la peau. Une innovation importée de l’université de Yale qui devra attendre quelques années avant d’entrer sur le marché, et de se décliner à d’autres applications.

Financeur en capital-risque et créateur d'entreprises, Truffle Capital s'appuie depuis plusieurs années sur une stratégie que décrit Philippe Pouletty, son directeur général et fondateur de Nanosive. "Nous sommes en contact avec quarante des meilleures universités américaines et européennes. Nous évaluons les innovations qui y naissent et nous en sélectionnons un petit nombre. Nous négocions ensuite des licences exclusives mondiales et nous bâtissons en France des entreprises nouvelles à partir de ces innovations".

Et cette fois, c'est l'université de Yale qui a tapé dans l'œil de Truffle, avec "une technologie proposant de nouveaux filtres solaires pour fournir des produits efficaces dans la durée", à savoir de 8 à 10 heures après application du produit. Une durée d'efficacité qui pose question concernant la plupart des filtres solaires actuellement présents sur le marché. A l'origine de cet effet longue durée : "des nanoparticules de polymère biocompatibles où sont encapsulés des filtres solaires", ces nanoparticules ayant la propriété d'adhérer à la surface cellulaire de la peau, même en cas de baignade. Un moyen de lutter contre les cancers de la peau dont l'exposition au soleil est l'une des premières causes, ainsi que contre le vieillissement cutané.

La protection solaire, un marché qui compte bon nombre de concurrents, mais dont peu ont développé "une innovation radicale", assure Philippe Pouletty. "L'industrie cosmétique met souvent plus de moyens dans le marketing et la communication que dans la recherche et le développement. Nous, nous pensons qu'en mettant les moyens nécessaires sur la recherche haut de gamme, nous pouvons avoir des sauts d'innovation dans un domaine".

Encore quelques années pour peaufiner les recherches

Depuis sa création en octobre 2018, la startup a recruté, a constitué son conseil d'administration ainsi que son conseil scientifique. Elle s'est installée au sein d'Obratori, incubateur du groupe L'Occitane à Marseille. "Nous avions une relation avec le groupe avant qu'il crée cet incubateur. Et pour attirer les talents, mieux vaut avoir sa société dans un bel endroit ensoleillé avec vue sur la mer. C'est un critère de réussite pour les startups qui est souvent négligé".

Prochaines étapes : poursuivre la recherche et "choisir les différents filtres à utiliser et optimiser les processus d'encapsulation des filtre", en tenant compte des contraintes règlementaires propres à chaque pays. "Nous devrons également optimiser notre plateforme pour avoir des critères de durée, de vitesse d'adhésion et de protection solaire qui soient fixés".

Pour la commercialisation, il faudra attendre encore quelques années, aucun délai précis n'étant annoncé pour l'heure. "Il faut le temps de développer un ou plusieurs produits qui seront des leaders mondiaux". En matière de protection solaire mais pas seulement. "Notre technologie est adaptable à d'autres applications dermo-cosmétiques où il y a un intérêt à avoir des principes actifs appliqués de manière durable et standardisée". A destination du marché mondial, Europe, Asie et Etats-Unis en première ligne.

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