Quelle industrialisation pour le laboratoire mobile InPack Lab ?

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(Crédits : DR)
Développé à Marseille par un médecin militaire, le concept qui permet d'effectuer des analyses biologiques sur le terrain, est acquis par le company builder Quattrocento qui crée une filiale dans la cité phocéenne. Et qui veut équiper massivement les pays africains afin de lutter contre les maladies tropicales.

"C'est un projet ancien", dit Daniel Parzy. Comprendre une idée, née dans l'esprit de ce médecin militaire très tôt, lors de ses premiers pas professionnels qui le mènent sur une île du Pacifique où il se retrouve à devoir soigner sans moyens d'analyse biologique.

Spécialiste des maladies tropicales, cet ancien directeur d'unité de recherche de l'Institut de Médecine Tropicale du Service de Santé des Armées (IMTSSA) de Marseille va, avec ses équipes, durant des nombreuses années imaginer, réfléchir, tester un concept de laboratoire mobile. Le défi est aussi passionnant qu'immense : "il fallait amener la capacité du laboratoire sur le terrain". C'est-à-dire pouvoir transporter ce laboratoire portatif en avion, en tant que bagage accompagné, être déployable rapidement et sur site, être autonome en énergie.

Après des années d'essai de prototypage, s'appuyant pour cela sur le savoir-faire d'artisans marseillais, un premier projet d'innovation est mené avec la DGA. Donnant lieu à "l'ancêtre du laboratoire mobile tel que nous voulions le mettre en place", se souvient Daniel Parzy.

Autre défi, "ce laboratoire se devait d'avoir un système biologique ouvert, d'être capable d'évoluer avec la technologie", ajoute Daniel Parzy.

Support de formation

Composé de 4 malles et d'une chaîne du froid via une glacière compresseur, InPack Lab peut se déployer en trente minutes, dans toutes circonstances de terrain, même les plus complexes. Il a déjà été testé - avec succès - par Daniel Parzy au Vietnam et en République démocratique du Congo, entre 2009 et 2012 dans la lutte contre le paludisme.

Surtout, ce laboratoire tout terrain est extrêmement prometteur. Car outre sa fonction d'analyse, il est également un support de formation pour les biologistes. "Si nous voulons des résultats fiables dans le temps, il faut suivre cela. A la différence d'un laboratoire en dur, on est confronté à la poussière, à l'humidité, à la chaleur. Ce sont des paramètres qui vont influencer le résultat. Or l'objectif d'InPack Lab est d'apporter la même qualité de biologie que le laboratoire du coin de la rue en France", détaille Daniel Parzy. "La formation pratique est majeure".

2 M€ pour lancer la production

Repéré par Quattrocento, qui est ce que l'on appelle un company builder et qui a fait sienne la création d'entreprises pour permettre la commercialisation des solutions imaginées par l'académique, InPack Lab - qui a déjà une cinquantaine de missions à son actif et qui est toujours utilisé en RDC et en Guinée - va passer en phase d'industrialisation. Pour cela une filiale va être créée à Marseille et pour se faire, une levée de fonds pour un montant de 2 M€ est en cours de finalisation. Le modèle de Quattrocento - dirigé par Bertrand Fourquet - est de réunir autour des chercheurs académiques, un noyau comportant toutes les compétences requises à la bonne tenue d'une entreprise, dont celles de gestion et de marketing.

Quel business modèle ?

Plus largement, l'objectif de Quattrocento est d'équiper l'Afrique d'une centaine d'InPack Lab. Le choix des pays prioritaires s'appuiera sur les connaissances terrain de Daniel Parzy. Concernant le modèle économique, les pays concernés disposant de peu de moyens financiers, c'est un pool d'acheteurs potentiels que Quattrocento compte cibler, notamment les ONG ou les grands groupes, fonctionnant sur le schéma de donation. "Connectés, ces laboratoires mobiles peuvent également servir de cartographie des pathologies infectieuses et cela peut intéresser un ministre de la santé", note Daniel Parzy. Qui voit également dans chaque laboratoire la possibilité de former en amont une seconde équipe, laquelle sera ensuite immédiatement opérationnelle. "Progressivement, on maille un territoire".

Le lancement du premier lot est prévu pour début 2020.

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