Comment Wi-Pool réinvente l’usage de la piscine traditionnelle

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(Crédits : DR)
Fondé fin 2017, le bureau d’études basé à Marseille s’apprête à installer ses premiers fonds de piscine mobiles connectés qui, selon leur hauteur, transforment les bassins en terrasse ou en pataugeoire, multipliant ainsi les usages de cet équipement de loisirs qui équipe plus de 2 millions de foyers français.

Avec Ivy, le bureau d'études membre du pôle Marseille Innovation cherche à réinventer l'expérience de la piscine. "L'appétence des particuliers pour cet équipement de loisirs ne faiblit pas mais, à l'usage, les contraintes du quotidien liées à la sécurité et à l'entretien l'emportent sur le plaisir de la baignade", constate Antoine Debois-Frogé, dirigeant-fondateur de Wi-Pool. Qui s'est donc emparé du sujet pour développer un premier produit, en l'occurrence un fond mobile connecté, permettant de changer la configuration d'un bassin selon les besoins. Et ainsi d'améliorer, de sécuriser et d'augmenter considérablement son utilisation tout en valorisant le bien immobilier.

Plancher mobile polyvalent

"Il s'agit d'un plancher mobile polyvalent, pilotable depuis une application mobile, grâce auquel on peut entièrement couvrir la piscine qui devient ainsi une terrasse capable de supporter une charge importante de plusieurs centaines de kilos. Baissé légèrement, le fond transforme le bassin en une pataugeoire sécurisée pour les enfants", détaille le dirigeant pour qui Ivy, conforme à la norme NF P 90-308 sur la sécurisation des piscines, "est la meilleure solution sur le marché contre les risques de noyade". L'aspect esthétique et environnemental du dispositif doublement breveté est également mis en avant, la surface isolante permettant de réduire l'évaporation de l'eau et de maintenir la température stable. En outre, des capteurs, en cours de développement, indiqueront en temps réel la qualité de l'eau pour mieux séquencer les cycles de nettoyage et ainsi réduire l'utilisation des produits d'entretien.

Adresser le plus grand nombre

Si le fond mobile n'est pas en soi une nouveauté, celui signé Wi-Pool entend dépasser la limite financière de l'offre actuelle qui le place de facto sur un marché de niche afin d'adresser le plus grand nombre. "Nous ne sommes pas dans une vision élitiste. Nous avons travaillé dès sa conception à rendre le système évolutif, facilement installable et démontable, donc adaptable à n'importe quelle piscine. De plus, nous avons choisi de nous affranchir des intermédiaires pour traiter en direct notre clientèle composée de professionnels et de particuliers, ce qui nous permet de nous aligner sur la catégorie de prix des éléments de protection existants comme le volet roulant". Lequel recueille actuellement les faveurs du marché. D'où "un important travail de pédagogie à faire pour lever l'obstacle principal au produit, le manque de notoriété", indique le dirigeant qui vise, cette année, une trentaine d'installations pour un chiffre d'affaires d'environ 500 K€. Les premières devraient être effectives dès le deuxième trimestre 2019. "Tous les process industriels et logistiques sont en place".

L'export plus vite que prévu

"Avec l'arrivée des beaux jours, le rythme de demandes de devis qualifié s'intensifie", poursuit Antoine Debois-Frogé. Dont le bureau d'études a fait son petit effet lors du dernier Mondial de la piscine et du spa, à Lyon fin 2018, notamment auprès de distributeurs étrangers. "Nous n'envisagions pas d'aborder l'export si vite mais dans la mesure où les demandes sont là, nous réfléchissons à la meilleure manière de servir ces marchés, notamment les plus lointains comme la Nouvelle Zélande".

Toutefois le territoire hexagonal et ses près de 2,5 millions de piscines privées restent la priorité de Wi-Pool. La France est en effet le premier marché européen et le deuxième marché mondial de la piscine installée chez des particuliers. En 2017, les ventes du secteur ont progressé de 11,5 %, son chiffre d'affaires de 11 %. Et 450 000 foyers ont, selon la Fédération des Professionnels de la piscine et du spa (FPP), des intentions d'achat déclarées d'ici à 3 ans. Il s'agit donc pour l'entreprise provençale de 6 personnes, jusqu'à présent autofinancée, de renforcer son assise financière pour étoffer son effectif et accompagner son développement commercial et technique, notamment sur la partie connectée, en se rapprochant de Bpifrance avant d'engager une démarche de levée de fonds, "probablement pour 2020".

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