Comment Tripperty étoffe son offre de services aux voyageurs (et se prépare à devenir une filiale de La Poste)

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Située à Marseille, cette entreprise née du groupe La Poste propose un panel de service pour les voyageurs comme la récupération d’objets interdits en cabines. Des services qu’elle souhaite développer à l’international.

C'est un voyage entrepreneurial qui débute à La Poste, en 2015. Yves Kerboriou et Caroline David, tous deux postiers, participent à un concours d'intrapreneuriat organisé par le groupe. Ils commencent par cibler leur public. "Nous voulions inventer de nouveaux services à destination des voyageurs", explique Yves Kerboriou. Ils pensent alors à ces objets interdits en cabine, ces cosmétiques et objets tranchant systématiquement jetés à la poubelle au moment du contrôle. L'idée qui en découle est simple : il faut rendre ces objets à leurs propriétaires.

"Notre service est proposé par un agent de sûreté qui récupère l'objet et le place dans une enveloppe. Le client reçoit une étiquette mentionnant une référence qu'il indique sur notre site web. Il peut alors choisir la manière dont il souhaite le récupérer". A savoir, chez un commerçant partenaire installé à l'aéroport ou bien au domicile du client.

Du local à l'international

Lancé en juillet 2017 à l'aéroport de Marseille, ce service est désormais proposé à Nice, dans certaines parties de l'aéroport Charles de Gaulle à Paris, ainsi qu'à Ajaccio. "A la fin du mois, nous serons présents à Brest et Beauvais", ajoute le co-fondateur de la société dont la stratégie est d'aller "de la proximité au national, en colimaçon".

Puis à l'international. "Nous allons commencer à proposer nos services en Europe. On croise les doigts pour le Portugal". Un pays où se trouve un des partenaires clés de l'entreprise : Safe Bag, entreprise italienne spécialisée dans l'emballage de bagages et présente dans 50 pays. Ce n'est donc pas un hasard si la seconde destination envisagée par Tripperty n'est autre que l'Italie.

Pour l'heure, le taux de commande est de 1 pour 2000 passagers. Et ce sont évidemment les produits les plus coûteux qui sont concernés. "50 % des objets ramassés sont des couteaux. Viennent ensuite les cosmétiques, la nourriture et les boissons, ainsi que l'outillage et les jouets pour enfant type reproductions d'armes en plastique". Cette activité représente 80 % du chiffre d'affaire - non communiqué - de l'entreprise.

Un bouquet de services

Les 20 % restants proviennent d'un second service : l'expédition d'objets trouvés dans les aéroports mais aussi dans les hôtels et voitures de location. Un service lancé fin 2017 auprès d'hôtels et de loueurs de véhicules marseillais. "Nous sommes en phase de déploiement national". Des hôtels parisiens ont ainsi opté pour ce service dont le fonctionnement est le suivant : "les objets collectés sont amenés dans un centre d'objets trouvés. La personne téléphone ou se connecte pour savoir si on a retrouvé le sien. Si c'est le cas, on vérifie qu'elle est bien le propriétaire puis elle reçoit le colis chez elle ou peut le récupérer dans un aéroport". Le tarif dépend alors de la taille et du type d'emballage ainsi que de sa destination (France, Europe ou international).

Mais le panel de services proposé par l'entreprise ne s'arrête pas là. "Un troisième service est en gestation. Il s'agit de la prise en charge des valises et de leur enregistrement la veille du départ". Et cette fois-ci, le lancement ne devrait pas se faire à Marseille mais à Paris, avec Air France. "C'est là-bas qu'il y a les volumes". Des volumes indispensables pour que l'entreprise "transforme une bonne idée en business rentable".

Si la société multiplie ainsi les services qu'elle propose, c'est pour proposer un bouquet complet aux voyageurs, mais aussi parce que "nous ne sommes pas sûrs qu'un seul fonctionne. On teste, et quand quelque chose fonctionne, nous le lançons".

Bientôt filiale de La Poste

Les deux premiers services étant déjà sur les rails, un recrutement est envisagé en cours d'année. "Un profil service après-vente, assistance commerciale. Car on se déploie mais il faut aussi gérer le quotidien", souligne Caroline David. De quoi poursuivre le déploiement national et international de l'entreprise, avec d'ici 5 ans l'ambition d'atteindre un chiffre d'affaire de 5 millions d'euros. Pour y parvenir, la stratégie est de s'appuyer sur divers partenariats avec des groupes comme Safe Bag, mais aussi Lagardère, Troov ou encore Bagage du monde. "Chacun propose des services qui peuvent nous être utiles en fonction des aéroports et des besoins". Un moyen également d'élargir son réseau et son implantation.

Une stratégie qui sera par ailleurs plus aisée de mettre en place d'ici trois mois, quand l'entreprise marseillaise deviendra officiellement une filiale de La Poste.

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