Pourquoi la technologie de Biocellvia va révolutionner l'industrie pharmaceutique

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(Crédits : DR)
La medtech originaire de Marseille fait de sa solution numérique un élément disruptif dans l'analyse de l'efficacité des candidats médicaments en phase pré-clinique. La levée en cours – pour un montant de 1 M€ – doit lui permettre d'accélérer la R&D ainsi que son installation aux Etats-Unis.

31 % des échecs sur les candidats médicaments en phase clinique sont la résultante de molécules qui ne fonctionnent pas sur la pathologie adressée. Un pourcentage élevé, qui souligne d'autant plus le "trou dans la raquette" que la startup marseillaise vient combler. Car si il faut attendre le stade de la phase clinique pour se rendre compte que les molécules sont inefficaces, c'est que les essais pré-cliniques et la méthode employée ne permettent pas de le constater. C'est précisément ce manque qu'adresse la jeune entreprise née en 2011 grâce à un algorithme analysant les images des effets produits ou non par les candidats médicaments.

Analyse numérique par l'image

Cette technologie numérique vient donc secouer le secteur de l'industrie pharmaceutique, très frileuse pendant longtemps sur l'apport du numérique. Pour autant, depuis deux à trois ans, elle a bien compris tout le bénéfice qu'elle avait à en tirer.

Ce que Biocellvia apporte c'est donc une solution capable, dès la phase pré-clinique, de dire si la molécule est efficace chez l'homme. "Nous sommes sur les standards du clinique dès le pré-clinique", résume Olivier Julé. Une différenciation qui, on le comprend aisément, permet d'aller plus vite, et cela de façon qualitative. "Notre solution s'inscrit dans le besoin d'avoir des outils les plus prédictifs possibles", poursuit le PDG de la medtech. "Notre technologie apporte une fiabilité qui permet de ne pas laisser passer des molécules qui ne sont pas efficaces. Le numérique permet d'avoir des médicaments plus efficaces, plus rapidement".

Elargir le marché

Pour l'heure, Biocellvia a développé deux programmes d'analyses, adressant respectivement la fibrose du poumon et le NASH (c'est-à-dire la stéatose hépatique non alcoolique autrement appelée la maladie du foie gras). "Nous avons fait le choix de nous focaliser sur ces deux pathologies car notre technologie est disruptive et l'industrie pharmaceutique est encore conservatrice bien qu'elle prenne le virage du numérique. Notre stratégie pour 2019-2020 est d'être reconnus comme experts sur ces deux maladies. Dès 2021 nous déclinerons notre technologie sur d'autres pathologies, notamment en oncologie, concernant Alzheimer, la maladie de Parkinson, la maladie de Crohn et l'asthme", indique Olivier Julé. "D'un point de vue algorithmique nous sommes prêts mais nous ne voulons pas nous disperser".

Acteur américain

La levée de fonds - réalisée via la plateforme de crowdequity Sowefund - d'un montant d'un million d'euros doit permettre à Biocellvia d'agrandir l'équipe de R&D qui concentre 4 personnes sur la totalité de 6 salariés. Mais elle va surtout permettre à la medtech de renforcer fortement sa présence aux Etats-Unis. Car le pays de l'oncle Sam représente un axe de développement essentiel. "Notre objectif est de démarcher les CRO. De plus les leaders d'opinion font partie des boards des industriels", souligne Olivier Julé. Partie à San Diego à l'automne dernier avec une délégation menée par la Région Sud, Biocellvia envisage une implantation en propre d'ici 2020, à Boston et sur la Côte Ouest idéalement. Elle réalise déjà 80 % de son chiffre d'affaires de l'autre côté de l'Atlantique. En 2017 et 2018, elle a réalisé un chiffre d'affaires cumulé de 240 000 euros. Un résultat qui pour Olivier Julé représente davantage une preuve de concept. L'objectif de la jeune pousse est de "devenir un acteur mondial de la santé", car "nous sommes face à une révolution industrielle".

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