La méthode d'Ombrea pour gérer sa croissance

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(Crédits : DR)
Après l'annonce d'une levée de l'ordre de 1 M€, l'agritech basée à Aix-en-Provence qui développe des ombrières intelligentes grâce à l'IA, entre dans une nouvelle phase de son déploiement. Où il est question de conforter la R&D et d'accélérer la commercialisation.

Le tour de table finalisé cette mi-mars marque une nouvelle phase pour Ombrea. D'abord parce que c'est une première levée, qu'elle est significative - 1 M€ - et surtout synonyme d'accélération dans le plan de développement.

Il faut dire que les ombrières imaginées par l'agritech se positionnent comme un outil d'aide face à un changement climatique qui n'est pas sans impact pour l'agriculture.

C'est justement parce qu'il a été confronté à des pertes de 25 % de ses récoltes que Christian Davico, horticulteur de profession, fait germer l'idée d'une ombrière capable de jouer un rôle de protection majeur.

Système breveté

C'est donc ce besoin ressenti par les professionnels qui poussent Christian Davico et Julie Davico-Pahin à mettre au point une ombrière dotée d'intelligence. Basée sur plusieurs brevets, le système s'ouvre et se referme en fonction des besoins d'ombrage des cultures et c'est cette modulation qui va permettre de réguler les paramètres climatiques sur l'ensemble de la parcelle concernée. En permettant de créer un micro-climat, l'ombrière joue pleinement son rôle de protection et de régulation. Car cet outil est surtout bardé de capteurs ce qui permet à l'agriculteur d'obtenir une cartographie précise du périmètre traité. Mais il permet surtout de collecter et rassembler des données - sur la pluie, le vent, l'humidité, la lumière - données évidemment précieuses qui nourrissent le logiciel développé en interne, rendant le pilotage le plus fin possible.

Ombrea s'inscrit dans un contexte où les modifications climatiques entraînent des aléas imprévisibles comme la grêle ou les gelées mais aussi où la hausse ne serait-ce que de 2°C de plus engendrerait une baisse des rendements de 18 %.

Levée pour performer

"La levée sert deux axes principaux", explique Julie Davico-Pahin. Le premier est de "booster la commercialisation" et le second est de consolider les moyens en R&D. Car l'ombrière a vocation à s'enrichir de fonctions capables de venir répondre à des problématiques rencontrées par les agriculteurs. Ainsi le nouveau procédé permet la limitation des intrants phytosanitaires. Conforter signifie aussi embaucher. Deux docteurs en biologie végétale sont venus compléter l'équipe dédiée à la recherche et au développement, qui compte désormais 6 personnes, avec des profils très complémentaires (mécanique, électronique, informatique, biologie...).

L'export, pas tout de suite

"Nous savons que notre technologie est exportatrice. Mais avant de partir à l'international nous voulons consolider le modèle en France. Cependant nous restons attentifs aux opportunités", dit Julie Davico-Pahin, qui veut maîtriser la croissance de la jeune société qui justement connaît une croissance rapide, avec un premier dépôt de brevet en décembre 2016, des premières commandes enregistrées en septembre 2018 et une équipe - à parité parfaite - qui compte 11 salariés depuis janvier dernier.

Ombrea fourmille d'ailleurs de projets sur le sol hexagonal. Avec la société du Canal de Provence, qui couvre 80 000 hectares de vignes en irrigation chez ses clients, Ombrea a passé un partenariat, ce qui permet à la startup d'adresser la viticulture. Mais c'est la création d'un jardin partagé au cœur du technopôle Cleantech de l'Arbois, à Aix-en-Provence, où elle est installée, qui tient à cœur de la startup. "Nous allons mettre à disposition plusieurs parcelles de 10 m2 pour des ateliers d'éducation", explique la jeune dirigeante. "Nous voulons créer du lien autour de l'agriculture".

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