Weather Measures ou la valorisation intelligente des données météo

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(Crédits : Pixabay com atinder777)
Avec, comme premières références clients, le quatrième semencier mondial Limagrain, le premier producteur de blé français Axéréal, ou encore le fabricant de pneu Michelin, la start-up hébergée au Village by CA de Sophia Antipolis, experte en météorologie de précision, opère une percée remarquée sur le marché des activités dites météo-sensibles. Et ce, grâce à une solution de retraitement de données météo multi-sources capable de fournir, à moindre coût, un “concentré météo” à fine échelle spatio-temporelle.

Weather Measures s'est bâtie sur une conviction, celle qu'une agriculture de précision ne peut s'envisager sans météo de précision. Or, celle-ci peut s'avérer coûteuse avec des méthodes conventionnelles. C'est là qu'intervient la start-up hébergée au Village by CA de Sophia Antipolis, à l'origine d'une plateforme logicielle de retraitement de données météo multi-sources. Fondée en avril 2015 à Clermont-Ferrand par Arnault Trac et le docteur en physique de l'atmosphère, Emmanuel Buisson, la jeune pousse s'empare du sujet en se concentrant d'abord sur un paramètre, la pluie, et une technologie, le radar en bande X, permettant de mesurer les cumuls de précipitation à très fine échelle spatio-temporelle. L'idée étant d'adresser le monde agricole, bien sûr, mais aussi les industriels et collectivités locales dans le cadre de leur couverture du risque inondation.

Levée de fonds

"Tout est allé très vite", se souvient Arnault Trac. L'ex-cadre de chez Michelin convainc en effet le fabricant de pneus, dont le siège social est traversé par un cours d'eau, et le semencier Limagrain, quatrième mondial du secteur, de participer à un PoC à partir d'un premier radar implanté dans la plaine de Limagne. "Sur cette base, nous avons levé en juin 2015 plus d'un million d'euros auprès de la Sofimac, pilote du dispositif Jeremie Innovation 1, et Bpifrance afin de démarrer l'activité". Et de développer cette fameuse plateforme multi-sources, baptisée WM Studio, en y ajoutant d'autres paramètres tels que le vent, la température, l'humidité, le rayonnement solaire ou encore l'évapotranspiration potentielle (ETP).

Car, un an après sa création, Weather Measures opère un réseau de six radars, dont trois installés dans la plaine de la Beauce dans le cadre d'un projet collaboratif européen dont Axéréal, première coopérative de blé française, fait partie. "Ces acteurs n'intègrent pas que les données pluie dans la définition de leur modèle de développement, d'où la nécessité d'élargir les paramètres pour être en mesure de délivrer une solution clé-en-main, commercialisée sous la forme d'un abonnement à la data et qui répondent aux besoins spécifiques de chacun". Autrement dit, un outil d'aide à la décision sur-mesure pour optimiser les activités dites météo-sensibles.

100 Go de données quotidiennes

La plateforme, aujourd'hui opérationnelle, agrège - "avec autorisation" - les données météo d'une multitude de stations et radars. Les siens, évidemment, mais aussi ceux de ses clients, de Météo France et d'associations agro-climatiques locales. "Nous agrégeons également d'autres sources comme les données produites sur le rayonnement solaire par les satellites géostationnaires ou encore celles issues des modèles de prévision météorologiques numériques Arôme (à l'échelle de l'Europe de l'Ouest, ndlr) et Arpège (à l'échelle mondiale, ndlr)", détaille le dirigeant. Soit, chaque jour, quelque 100 giga-octets de data sur un territoire de plus de 1,5 million d'hectares que la plateforme croise, histoire de les fiabiliser, avant de les retraiter automatiquement afin de fournir "un concentré météo" très détaillé, en temps réel, avec une haute résolution spatio-temporelle (correspondant à des parcelles de 4 à 5 hectares). Et ce, en France, mais aussi à l'étranger puisque Weather Measures accompagne ses clients historiques, Michelin et Limagrain, en Europe et en Amérique du Nord pour le premier, en Europe jusqu'à la Russie pour le second.

Cap vers l'international

L'international justement. C'est l'une des ambitions de Weather Measures même si la priorité reste "la consolidation du marché français". Où l'entreprise œuvre déjà pour quelques grands comptes comme Hennessy (le H de LVMH), les Grands Chais de France (premier exportateur de vins français) ou encore Cristal Union (les sucres Daddy). A cet égard, l'implantation d'un bureau commercial piloté par Arnault Trac au Village by CA de Sophia Antipolis n'est pas neutre, surtout lorsqu'on envisage de défricher le domaine des plantes aromatiques et à parfums. "Nous pensons pouvoir apporter des prestations intéressantes pour ces agriculteurs".

Ceci-dit, "il nous faut préparer l'export, non plus en nous appuyant sur nos clients au rayonnement mondial mais en allant chercher des clients locaux, plutôt basés en Europe de l'Est où le potentiel agricole est large et les compétences en mathématiques et développement informatique réelles". D'où la volonté de conclure un second tour de table d'ici à la fin de l'année pour soutenir ses premiers pas à l'export. En attendant, la start-up, qui revendique des comptes à l'équilibre avec un chiffre d'affaires 2018 supérieur à 500K€, prévoit d'étoffer son effectif - actuellement de 8 personnes - d'un développeur informatique supplémentaire en septembre prochain.

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