Comment Tchek veut devenir la référence du diagnostic automobile

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(Crédits : DR)
La startup implantée à Marseille a développé un scanner qui fournit en quelques minutes une cartographie complète des dommages sur une carrosserie. Après trois ans de recherche et développement, elle est entrée sur le marché courant 2018 et cherche désormais à consolider son assise, en touchant le marché européen.

Le numérique accélère le temps, dans tous les domaines qu'il touche. Les désirs de consommation sont de plus en plus affaire d'instantané. L'information se doit d'être immédiate. Il n'y avait donc aucune raison que l'inspection automobile échappe à la règle. C'est ainsi qu'est créée Tchek, fin 2016. "Nous avons développé un scanner qui permet en un temps record d'analyser les dommages sur une carrosserie". Cinq minutes tout au plus. Cinq minutes au cours desquelles la voiture passe entre les deux panneaux du scanner dont elle déclenche le fonctionnement grâce à des capteurs. Aussitôt, les panneaux équipés d'une douzaine de caméras photographient le véhicule sous tous ses angles. Les images sont analysées par l'intelligence artificielle. Les résultats apparaissent en direct sur un tableau de bord. Et fin de l'histoire.

Cinq petites minutes qui ont nécessité trois bonnes années de recherche et développement. D'autant que Léa Chevry et Anton Fert, les fondateurs de l'entreprise, sont partis de zéro. "En 2017, nous étions trois ou quatre", se rappelle Léa Chevry. Il faut alors recruter des talents spécialistes de l'intelligence artificielle et du traitement d'image, les deux piliers du scanner Tchek. Ce qui aboutit en décembre 2017 au dépôt d'un brevet concernant la technique d'acquisition d'image. L'intelligence artificielle permet quant à elle de détecter les anomalies sur tout type de véhicule, ce qui ne serait pas possible avec le traitement d'images seul.

Un tiers de confiance

La technologie mise au point, l'heure est à la commercialisation. La première installation est réalisée début 2018. Au départ, il s'agit essentiellement de s'adresser aux loueurs de véhicules qui ont besoin d'une inspection avant et après le prêt. Mais rapidement, la clientèle s'élargit. Constructeurs automobiles, usines de reconditionnement de véhicules, parkings de gardiennage... "On s'oriente aussi vers des entreprises d'auto enchère", complète Léa Chevry. Des clients présents partout en France.

L'avantage de la solution : la présence d'un tiers de confiance entre les clients et leurs clients. Un gage de transparence et la possibilité de réaliser des économies. "C'est un gain de temps pour les loueurs qui peuvent passer plus de temps auprès de leurs clients. Ils y gagnent également en notoriété de par la transparence de notre solution". Pour les acheteurs de véhicules d'occasion, la détection plus précise des dommages va de pair avec un prix au plus juste.

Des arguments qui font mouche, d'autant que le marché est en plein essor. "Les flottes d'entreprises se développent, on opte de plus en plus pour des véhicules partagés. Les concessions et les constructeurs s'orientent davantage vers l'après-vente, avec tout un ensemble de services rattachés au véhicule. Dans la location également, la concurrence est accrue. On surfe sur cette vague"et.

Toucher le marché européen mi-2019

Jusqu'alors concentrée sur le marché français avec environ 2 000 véhicules qui passent chaque mois entre ses bornes, la société regarde désormais vers l'international. "Le Royaume-Uni est très avancé sur la location et l'occasion. Les autres pays voisins peuvent également être intéressés". Une stratégie d'export qui devrait se concrétiser mi-2019. "Nous avons déjà des pistes".

Ce qui s'accompagnera d'une force commerciale accrue, en interne, "pour porter les affaires et assurer une croissance pérenne".

Sans oublier la recherche et le développement qui auront pour but de pousser les possibilités permises par l'intelligence artificielle. "Nous avons la volonté de lier la détection de dommages à un système de chiffrage pour aller plus loin". Ainsi, il sera possible de calculer les frais associés à la réparation. En temps réel évidemment.

Des projets pour lesquels Tchek a lancé une levée de fonds de 2 à 3 millions d'euros, toujours en cours. "L'objectif est de se consolider avant d'aller une marche au-dessus". Et de "devenir la référence en terme de diagnostic automobile".

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