InfinyTech 3D met de la réalité virtuelle dans la simulation chirurgicale

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(Crédits : DR)
Basée à Nice, la jeune pousse développe des briques logicielles permettant d’intégrer de la réalité virtuelle aux simulateurs utilisés pour la formation des internes en chirurgie. Un marché - le médical - visé en priorité même si le champ des possibles s’avère bien plus large.

En santé, comme dans l'aéronautique, la marine ou encore le militaire, la simulation numérique s'impose désormais comme une composante clé de la formation du personnel médical et plus particulièrement des futurs chirurgiens. L'objectif ? Minimiser l'impact de l'apprentissage sur le patient en observant un principe éthique rappelé par la Haute Autorité de Santé dans un rapport consacré au sujet daté de 2012 : "Jamais une première fois sur le patient". C'est donc en toute logique que nombre de start-ups se sont positionnées sur ce créneau en cherchant à lever les barrières technologiques afin de simuler virtuellement une opération en trois dimensions, et ce jusqu'en retranscrivant les sensations tactiles provoquées par les instruments au contact des tissus. Parmi elles, la jeune pousse InfinyTech 3D, née à Nice en mars 2018.

SOFA en amorçage

A sa tête, Erik Pernod, ingénieur en calcul scientifique qui, au sein de l'INRIA de Sophia Antipolis, a contribué au développement de la plate-forme logicielle open source SOFA dédiée à la modélisation des systèmes physiques et de leur évolution. "Ses applications sont plurielles et visent notamment le domaine de la santé en permettant de créer des simulations physiques qui reproduisent des procédures chirurgicales", explique le dirigeant. Lequel, après un petit tour au sein de la start-up Belcurves, a mis au point une extension du logiciel SOFA en y introduisant de la réalité virtuelle. Soit, "un moteur de simulation physique que l'on vient interfacer avec des casques de VR et des outils haptiques à retour d'efforts". Le tour de force consistant, dans le cas d'un scalpel perçant la peau par exemple, "à simuler la résistance de la paroi pour obtenir des sensations identiques à la réalité".

Quatre premiers clients pilotes

Avec cette brique logicielle, InfinyTech 3D adresse les fabricants de simulateurs d'opérations chirurgicales en réalité virtuelle à des fins d'apprentissage. Elle revendique quatre clients pilotes principaux qui lui ont permis d'engranger un premier chiffre d'affaires de 70 000 euros en 2018. Parmi eux, la jeune pousse VirtualiSurg fondée en 2017 par un ancien directeur général des services de l'université de médecine Paris Descartes. Laquelle a mis au point un simulateur mettant en scène une "sleeve gastrectomie", c'est-à-dire une ablation partielle de l'estomac de plus en plus employée par les chirurgiens de l'obésité. InfinyTech 3D travaille également avec le canadien Marion Surgical, dont le simulateur permet de s'exercer à l'installation d'un cathéter et à sa navigation dans le corps humain, en l'occurrence jusqu'aux reins, pour en extraire des caillots.

Un marché estimé à 5,1 milliards de dollars

Encore en phase de R&D, la jeune pousse espère rejoindre l'incubateur Paca-Est de Sophia Antipolis à la rentrée afin d'être accompagnée dans sa recherche de subventions. L'objectif étant de recruter d'ici à la fin de l'année ses premiers collaborateurs et de poursuivre les développements pour enrichir le logiciel de fonctionnalités supplémentaires comme la découpe au scalpel de tissu organique, "très demandée par les donneurs d'ordres". Une levée de fonds est également envisagée. Auparavant, il s'agira toutefois d'inscrire InfinyTech 3D sur une courbe ascendante - elle vise les 120 000 euros de facturations pour l'exercice en cours - afin d'entrer dans le scope des investisseurs et commencer à marquer des points sur un marché - la santé en réalité virtuelle et en réalité augmentée - estimé, selon un rapport de Grand View Research, à 5,1 milliards de dollars en 2025. "L'idée à terme, conclut le dirigeant, est d'ouvrir la technologie à d'autres domaines d'applications comme le retail pour l'essayage de vêtements via des casques de VR ou l'architecture dans le cadre par exemple de calcul de structures d'un bâtiment".

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