Comment Calimed Santé facilite le consentement des patients

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(Crédits : Shutterstock)
L'entreprise basée à Marseille a choisi d’étoffer son offre de produits à destination des professionnels de santé en rachetant la société Easy-Care et son outil Easy-consent, une plateforme permettant au patient d’exprimer en ligne son consentement en amont d’une opération ou d’une anesthésie.

Calimed Santé naît en 2007 à l'initiative de chirurgiens et de docteurs en informatique. Les premiers exerçant leur profession de manière libérale, ils aimeraient un outil qui leur permette de gérer l'ensemble de leurs activités quel que soit leur lieu d'exercice. Ils créent alors un outil de gestion de cabinet médical intégralement accessible en ligne.

L'outil intéresse mais "il ne se passe pas grand-chose au niveau de la commercialisation", explique Frédéric Suant qui est, à partir de 2011, chargé de réaliser un audit et un business plan de l'entreprise en tant que consultant. L'outil est en fait plus offert que vendu. Une situation qui conduit le consultant à s'engager de plus en plus au sein de la structure, jusqu'à en devenir le dirigeant quelques mois plus tard.

Développer l'offre de services

Ayant repris les rênes, il cherche à professionnaliser les activités de l'entreprise : appuyer l'effort de commercialisation, faire sans cesse évoluer le logiciel, construire un modèle économique. Si bien qu'aujourd'hui, Calimed compte 500 clients abonnés via un système de location. Le logiciel s'est également doté de nouvelles fonctionnalités allant de la prise de rendez-vous médical à la comptabilité, en passant par la création d'un dossier patient personnel.

Mais opter pour un nouveau logiciel de gestion peut être contraignant pour un professionnel de santé selon la structure au sein de laquelle il exerce. Frédéric Suant le sait, et songe à développer de nouveaux outils pour toucher une clientèle plus large. C'est alors que se présente une opportunité qu'il saisit en 2018 : celle de racheter la société Easy-Care qui a conçu Easy-Consent, "le premier consentement numérique libre et éclairé entre patients et praticiens pour les interventions chirurgicales et les anesthésie". "Dans un premier temps, nous devions assurer la distribution de ce produit sur la partie libérale mais le développement n'avançait pas. Easy-Care nous a alors demandé de faire le développement technique et commercial. Nous avons finalement racheté la société en intégrant ses fondateurs au capital". 650 000 euros ont été levés pour réaliser l'opération, 240 000 via la plateforme Ayomi.

Eclairer le consentement et faire du patient un acteur de sa santé

Il a ensuite fallu poursuivre le développement de l'outil. Car il ne s'agit pas seulement de dématérialiser le consentement comme le font certains concurrents, mais aussi de l'éclairer au moyen de contenus pédagogiques. "Nous expliquons au patient ce qu'il a, la technique opératoire utilisée ou le type d'anesthésie, les risques et complications éventuelles". Ce au moyen de textes, images et autres animations conçus par des journalistes scientifiques et validés par des experts. "Nous nous assurons ainsi de la bonne compréhension sur tout et le consentement est sans équivoque". Côté praticien, la solution est censée le sécuriser et lui faire gagner du temps.

Un moyen pour Calimed de se diversifier tout en restant dans son cœur de métier : le parcours patient, avec la volonté de "placer le patient en acteur de sa santé". Mais aussi de s'adresser à de nouveaux clients plus faciles à convaincre, Easy-Consent étant autonome et construit sur le modèle du plug-and-play.

Question modèle économique, l'outil donnera lieu à un abonnement du professionnel ou de l'établissement de santé, auquel s'ajoutera l'achat de lots de signatures numériques de consentements. Des partenariats avec des compagnies d'assurance sont également envisagés.

Vecteur de développement à court-terme

En attendant, Calimed travaille à étoffer le contenu de la plateforme, s'appuyant sur un développeur, deux journalistes, un infographiste et un chargé de projet. "En mai, nous allons sortir une première version avec tout ce qui concerne la main, l'orthopédie, le rachis, l'anesthésie et l'urologie. Nous sommes en train d'écrire sur les systèmes digestif et vasculaire. Nous allons aller vers toutes les spécialités".

"Easy-Care sera très important dans notre développement à court terme", annonce Frédéric Suant qui aimerait voir doubler son chiffre d'affaire d'ici un an, passant de 600 000 euros en 2018 à 1,2 million d'euros.

Au-delà, il s'agira de s'appuyer également sur une version améliorée du logiciel de base, rendu plus intuitif et plus ergonomique. Version qui devrait être lancée fin 2020, début 2021, avec l'aide d'une seconde levée de fonds prévue début 2020, et dont le montant dépendra du chemin entrepris vers l'internationalisation envisagée d'ici 2022.

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