La solution de Sports Armour pour protéger les sportifs

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(Crédits : DR)
Située à Marseille, cette startup développe et commercialise des vêtements garnis d’une mousse protectrice qui se rigidifie en cas de chute. Misant sur une expertise scientifique, elle compte vendre ses produits dans les mois à venir. Pour les sportifs d’abord. Pour un public plus large ensuite.

L'envie d'entreprendre a précédé l'idée d'entreprise. Alors qu'il travaille pour Airbus Helicopter, Benjamin Tardieu a envie de créer sa société, comme une quête de sens. Il commence par analyser ses forces. Ingénieur de formation, ses expériences lui ont permis de maîtriser les différentes étapes de la vie d'un produit : de l'étude de faisabilité à la production, en passant par le cahier des charges et le prototypage. Il a aussi une passion : le sport. Cyclisme et ski en particulier. Pourquoi ne pas combiner tous ces morceaux de vie ?

C'est alors qu'il repère un besoin : "Dans ces sports, beaucoup tombent sur le haut du corps et peu de choses leur sont proposées. Les protections sont très lourdes, peu confortables et ne laissent pas respirer la peau". Résultat : "ces produits se vendent mal, et quand bien même ils sont achetés, ils ne sont pas forcément portés".

Une mousse qui se rigidifie en cas de choc

Il cherche alors une protection multi-sports, alliant sécurité et ergonomie. Ce qui l'amène à découvrir une mousse venue d'Allemagne et aux propriétés très intéressantes. "Si elle ne reçoit pas d'énergie, la mousse est souple. A l'inverse, en cas de choc, elle se rigidifie en absorbant l'énergie". Un peu comme des airbags portés au plus près du corps, en particulier au niveau des os et articulations : côtes, dos, omoplates ... Un moyen de protéger en même temps les organes à qui il arrive d'être percés par un os.

Des morceaux du matériau sont ensuite moulés et intégrés dans un tee-shirt en polyester. "Nous proposons un jeu de mousse. Le vêtement s'accessoirise selon les besoins de la personne". Ainsi, le client peut choisir une mousse "soft" pour une randonnée à vélo du dimanche, ou une autre plus "hard", en cas de pratiques sportives plus extrêmes. Il peut aussi choisir de ne protéger que certaines parties du corps. Autre avantage : en cas de choc, il n'a pas besoin de racheter tout le vêtement, il suffit de remplacer les morceaux de mousse endommagés.

Pour être crédible, la startup mise sur une expertise scientifique. Ainsi, elle a beaucoup travaillé avec le laboratoire de Biomécanique Appliquée d'Aix-Marseille Université. Ce qui lui a permis de réaliser des tests sur des cadavres. Elle travaille également sur un projet de thèse, ce qui permettra de développer les retours sur le produit. Autre atout de taille, la légèreté de l'habit : 350g contre environ 800g chez les concurrents.

Les sportifs... et plus si affinités

Après avoir obtenu 130 000 euros de fonds divers, l'entreprise espère lancer la commercialisation dans les prochains mois. Elle compte pour cela s'appuyer sur divers évènements sportifs, mais aussi sur une campagne de crowdfunding qui proposera d'obtenir le tee-shirt en avant-première à un tarif avantageux. Autant de moyens d'évaluer en grandeur réelle le marché avant de proposer le produit en magasin -des magasins spécialisés notamment- puis via la vente à ligne.

A destination d'un public adulte en premier lieu, la solution devrait prochainement être accessible aux enfants. "Nous nous sommes rendu compte que souvent, les parents achètent pour eux". Le crowdfunding permettra notamment de réaliser des moules de plus petite taille, pour des produits disponibles à Noël.

Autant de chantiers conséquents pour une première année d'activité. Ce qui nécessitera des embauches. "Nous devrions être trois salariés d'ici la fin d'année". Avec un chiffre d'affaire espéré de 300 000 euros.

Un premier exercice centré sur les sportifs. Mais à terme, d'autres publics sont visés, notamment les personnes travaillant en extérieur, dans des conditions parfois à risque physiquement.  Sur le marché français, mais aussi européen. "Je pars du principe que l'on ne peut pas réussir en restant entre franco-français. On peut réussir dans l'Union européenne. Cela permet ensuite d'avoir une taille critique si on veut exister face à l'Asie et aux Etats-Unis". L'Amérique latine et la Nouvelle Zélande sont aussi dans un coin de la tête de Benjamin Tardieu : "il y a pas mal d'ambassadeurs là-bas. Et dans ces pays émergents, on trouve des gens assez fortunés, prêts à s'équiper".

Un marché vaste en perspective, d'autant que l'entrepreneur en est convaincu, la mobilité est un enjeu d'avenir et la pratique du vélo ou de la trottinette sont appelés à se développer. Ce sont autant de personnes qu'il faudra protéger.

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