Philippine Dolbeau - New School : "On ne peut pas séparer la croissance économique de la croissance écologique"

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(Crédits : DR)
Fondatrice de New School, cette jeune dirigeante – elle est âgée de 20 ans – explique comment sa startup issue de l'EdTech retravaille son business modèle pour être encore plus vertueuse. Et pourquoi l'idée d'une croissance durable doit être autant prise en compte que des critères financiers. Car c'est aussi une question d'éducation…

La Tribune -  Vous êtes présente à Marseille ce 21 mai à l'occasion du Prix AGIPI, organisé avec INCO, qui récompense de jeunes entrepreneurs développant des idées qui servent une croissance responsable. Le numérique est-il compatible avec un monde plus durable ?

Philippine Dolbeau - Bien sûr, c'est compatible. Même si ce n'est pas notre cœur de métier, nous sommes en recherche d'investisseurs afin d'ajouter des fonctionnalités à notre produit qui génèrent un impact écologique moins fort. Nos porte-clés (solution qui permet de réaliser l'appel de début de cours de façon dématérialisée NDLR) ont été créés avec une partie majoritairement en plastique. De nouveaux acteurs ont émergé ces derniers mois, sur le marché, avec des solutions plus équitables. En conséquence, nous essayons de modifier notre business modèle. Nos fournisseurs ont par exemple créé des datacenters verts, disposant de panneaux solaires sur le toit. Avoir un impact écologique proche de zéro, cela aussi nous intéresse. C'est ma génération qui pourrait subir les conséquences d'un environnement qui ne serait pas durable. Même si je n'aime pas particulièrement dire cela, nous devons montrer l'exemple.

Quelle définition pouvez-vous donner de ce qu'est une croissance durable ?

On ne peut pas séparer la croissance économique de la croissance écologique. Si on considère la définition dans le dictionnaire du mot croissance, elle fait référence à la croissance du chiffre d'affaires. Or, nous sommes également attentifs à la croissance de nos utilisateurs. Il faut parfois prendre des décisions qui coûtent plus cher pour savoir répondre aux défis environnementaux. L'impact environnemental devrait être un critère pris en compte dès la naissance de l'entreprise.

New School a bénéficié d'un accompagnement par Apple. La préoccupation durable fait-elle partie du programme ?

Jamais d'un point de vue environnemental et durable. Pour des acteurs comme Apple, s'engager dans une croissance durable c'est aussi un élément de communication. Cette société de consommation devient insupportable pour les jeunes générations. La culture environnementale doit être enseignée dès l'école, cela fait partie de l'éducation.

Où en est New School dans son développement ?

Nous sommes en train de faire évoluer notre solution. Une vingtaine d'écoles est utilisatrice de notre porte-clés. 55 autres établissements sont en attente pour 2019. Notre solution en RDPD compatible et ne géolocalise pas. Le buzz fait l'an dernier autour d'elle nous a permis de prendre du recul et de faire un pivot d'un point de vue technologique. Aujourd'hui notre solution doit être plus qu'un porte-clés. Nous recevons de nombreuses demandes de l'étranger, notamment du Nord de l'Afrique où les parents ne sont pas équipés de téléphone mobile. Du coup on nous demande d'adapter notre solution. Nous sommes en recherche de levée de fonds, pour un montant de 300 000 à 500 000 euros. Cela nous permettrait d'être plus agressif commercialement et de développer un produit disponible dans plusieurs pays.

Comment se porte la filière EdTech en France ?

Lorsque j'ai commencé en 2015, on ne parlait pas d'EdTech. C'est à partir de la levée de fonds d'OpenClassrooms - 60 M$ en 2018 NDLR - que l'on s'est dit qu'une filière émergeait. L'éducation est un marché compliqué, à la fois public et privé. Nous avons comme interlocuteurs la Région, le Département, les communes... Il existe de vrais freins à l'entrée. Aujourd'hui, de nombreuses startups EdTech sont sur le marché et cela m'encourage. C'est une belle communauté où il existe beaucoup d'entraide et pas de concurrence. Mais d'un point de vue global, la France est en retard.

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