NotaStart veut devenir le Doctolib des notaires

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(Crédits : Pixabay / CC)
Si, en matière de transformation digitale, les notaires sont plus en avance qu’il n’y paraît, la profession pèche toutefois dans sa relation à la clientèle. C’est là que se positionne la legal tech basée à Nice qui ambitionne de devenir le leader de la prise de rendez-vous en ligne auprès des offices notariaux.

Chaque année, 20 millions de personnes prennent rendez-vous chez un des 13 695 notaires* de France pour signer un contrat de mariage ou effectuer, pour 51% des actes*, une transaction immobilière. Or, il est parfois difficile d'en dénicher un rapidement et proche de son domicile. De plus, "les délais d'attente sont généralement trop longs, l'information opaque et la réactivité quasi nulle", relève David Fournier, dont l'expérience d'un achat immobilier l'a conduit à s'interroger sur la meilleure façon de fluidifier toutes les interactions entre le notaire et ses clients, à commencer par la prise de rendez-vous. Utilisateur de Doctolib, cette plateforme de rendez-vous médicaux en ligne qui vient de rejoindre le club très restreint des licornes françaises, cet ancien étudiant de Skema, passé par Adobe, Facebook et Tiller, s'est associé à l'ingénieur Raphaël Elbeze pour "créer une plateforme similaire tout en prenant en compte les spécificités du notariat".

Fluidifier les interactions

Ainsi est née en janvier 2019 la jeune pousse NotaStart. Basée à Nice (siège) et à Paris au sein de l'incubateur Le Plateau porté par la Société Générale, elle a donc développé une plateforme permettant aux particuliers de trouver facilement et gratuitement le notaire le plus proche de chez soi, de prendre rendez-vous en ligne et de constituer et de suivre, toujours en ligne, son dossier. Côté notaires, "elle leur permet d'aller capter une nouvelle clientèle, de gagner en visibilité sur internet dans le respect de la déontologie notariale et d'automatiser les tâches à faible valeur ajoutée comme la gestion de rendez-vous ou encore la pré-constitution des dossiers, activités extrêmement chronophages pour les notaires et leurs collaborateurs", détaille le dirigeant. Voilà pour le concept.

Rajeunissement de la profession

Le marché, lui, s'avère selon David Fournier "très réceptif". "Contrairement à ce que l'on croît, les notaires sont déjà bien équipés en termes d'outils digitaux comme la signature électronique ou la dématérialisation des actes, mais cela se cantonne à l'organisation interne de la profession". La relation-client serait donc la grande oubliée de la transformation digitale notariale. Pour l'instant. Car la loi pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques de 2015, dite Loi Macron, a enclenché un mouvement de renouvellement et de rajeunissement de la profession en facilitant l'installation de nouveaux notaires libéraux. Lesquels doivent se constituer leur propre clientèle. Et serait susceptible d'adopter les services proposés par la legal tech. "Sur ce secteur, le marché de l'intermédiation est en construction. Il y a une place à prendre."

40% des départements couverts

Opérationnelle depuis quelques mois, la plateforme revendique à ce jour 130 notaires référencés, lesquels ont le choix entre deux formules, avec abonnement ou sans engagement. Ils sont basés dans les Alpes-Maritimes, en Ile-de-France, dans le nord et en Auvergne-Rhône-Alpes. "Nous sommes aujourd'hui présents dans 40 % des départements français. L'objectif est d'étendre cette couverture à l'ensemble du territoire hexagonal et d'atteindre les 300 partenaires de notre réseau d'ici à la fin de l'année", avance David Fournier. Concernant la R&D, il s'agit d'ouvrir la plateforme aux acteurs partenaires des notaires tels que les agents immobiliers à travers un espace collaboratif où ils pourraient échanger des pièces et ainsi apporter une valeur ajoutée supplémentaire au dispositif.

L'entreprise compte à ce jour 5 personnes et prévoit d'étoffer son effectif de commerciaux, d'ingénieurs et de spécialistes de l'expérience utilisateur à partir de septembre. NotaStart est par ailleurs engagée dans une démarche de levée de fonds, accompagnée en ce sens par le réseau parisien The Family.

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*source : Conseil supérieur du notariat

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