RGX Systems ou la technologie au service de la viticulture

 |   |  633  mots
(Crédits : Pixabay / CC)
Installée à Sophia Antipolis, la startup associe de puissantes caméras à l’intelligence artificielle pour détecter les maladies des vignes. Sa première cible : la flavescence dorée contre laquelle une solution devrait être mise sur le marché en 2020.

Bactéries, champignons, parasites... les ennemis de la vigne sont nombreux et représentent une menace permanente pour les agriculteurs. En 2014, le ministre de l'Agriculture va même jusqu'à qualifier certaines de ces maladies de "rocher de Sisyphe des viticulteurs". Car c'est parfois toute une parcelle qu'il faut raser. Et l'impact économique est majeur : chaque année, un milliard d'euros est perdu à cause de ces maladies, sur un marché total de 20 milliards d'euros.

Or, face à cela, les traitements sont quasi inexistants et les moyens de détection rudimentaires. La prospection obligatoire des exploitations se fait pour l'essentiel à l'œil et à la main. Un exercice laborieux qui n'est, dans la moitié des cas, pas réalisé faute de moyens.

Une technologie venue de la NASA

Plutôt que d'y voir une fatalité, les frères Boyan et Alexandre Nedeltchev, amateurs de vin, tentent d'apporter une solution grâce à une technologie venue de la NASA et que Boyan Nedeltchev connaît bien : l'image spectrale. "Dans les années 1980, la NASA utilisait de grosses machines pour analyser des choses sur la terre. J'ai travaillé sur ce sujet dans le domaine militaire et la détection des pollutions d'usine à partir de 2003. A l'époque, on parlait d'avions. Les drones n'existaient pas et les capteurs étaient énormes et hors de prix". Puis comme souvent, la technologie s'est miniaturisée et démocratisée. "En 2015, j'ai vu l'inflexion que prenait le marché. Les capteurs étaient plus accessibles et en 2018, j'ai décidé de créer RGX".

C'est alors la première fois que l'image spectrale est utilisée dans l'agriculture. Les images sont acquises par des caméras positionnées sur un tracteur ou une machine à vendanger, au plus près des pieds. "Ce sont des caméras qui voient plus que le visible". Ainsi, là où l'œil humain ne perçoit que trois couleurs, celles-ci, en décomposant la lumière, parviennent à en reconnaitre des dizaines voire des centaines. L'image est ensuite analysée par un algorithme entraîné à repérer les maladies visées. Et la première cible s'appelle flavescence dorée. C'est le premier cas d'application de RGX Systems.

La flavescence dorée en ligne de mire

"Causée par des bactéries elles-mêmes transportées par des insectes, cette maladie ravage les vignes de la région à cause de son caractère exponentiel", expose Alexandre Nedeltchev. Une fois installé dans la souche, le phytoplasme y reste à vie. La maladie étant incurable, la seule solution est de couper les pieds contaminés. Une opération que RGX permet de réaliser au plus juste, avec le moins de perte possible. Ce qu'elle a tenté de prouver à l'occasion des vendanges de 2018, avec un taux de détection de plus de 80 %.

Désormais, l'objectif est d'atteindre  100 %, avec des tests sur un périmètre plus large et un travail en lien avec l'INRA et l'INRIA. Une dernière validation avant la commercialisation prévue pour 2020, ce à quoi devraient l'aider ses relations avec la Chambre d'agriculture des Bouches du Rhône. D'autant que les deux fondateurs de la startup visent en premier lieu le marché régional.

Un marché sur lequel les perspectives sont déjà larges tant les fléaux des vignes sont nombreux. Et Alexandre Nedeltchev de citer ces quelques chiffres : "On recense une vingtaine de pathologies avec des champignons, une soixantaine avec des virus, 25 avec des parasites. Et ceci exclusivement sur les vignes".

De quoi offrir à la startup un champ d'action bien large, tout en restant concentrée sur sa niche pour ne pas se disperser. Restera ensuite à trouver les moyens de s'attaquer à ce vaste marché, local puis national. Une levée de fonds est précisément sur le point de s'enclencher. Objectif : réunir 1,5 million d'euros pour recruter, industrialiser et commercialiser.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :