La Smart Board veut aider les grimpeurs français à décrocher l’or aux JO

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(Crédits : 2019 Clément LECHAPTOIS pour SATT PACA Corse SAS)
La Fédération Française de la Montagne et de l’Escalade va utiliser une poutre d’entraînement connectée pour préparer ses athlètes aux prochaines compétitions. Cette innovation, créée par Laurent Vigouroux, enseignant-chercheur à Aix-Marseille Université, permet de collecter des données sur les performances des grimpeurs. Et de les améliorer.

A côté du mur d'escalade de plus de 10 mètres de haut, la Smart Board paraît toute petite. Pourtant, elle ne passe pas inaperçue lors de ces championnats de France jeunes. "Ça a fait le buzz", se réjouit Laurent Vigouroux, enseignant-chercheur à Aix-Marseille Université et créateur de cette poutre d'entraînement connectée. La Smart Board est une prise d'escalade destinée à l'entraînement, c'est-à-dire qu'elle ne se place sur le mur à grimper mais s'utilise comme une barre de traction, avec des capteurs de force. "Cela permet d'enregistrer les données de force et grâce à l'algorithme que nous avons développé cela fait apparaître la physiologie du grimpeur".

Puissance du bras, fatigabilité des avants-bras, force des doigts, rapport entre poids et puissance.... Tout y est. "Ce sont des critères capitaux pour les grimpeurs", souligne l'enseignant-chercheur. "Cette innovation est probablement une des plus significatives de cette dernière décennie pour l'escalade", abonde Clément Lechaptois, grimpeur et finaliste aux Championnats de France 2018. Le concept a aussi séduit la Fédération Française de la Montagne et de l'Escalade (FFME) qui va utiliser la Smart Board en vue des Jeux olympiques 2020 lors desquels l'escalade sera une épreuve pour la toute première fois.

Quatre ans de recherches

Cette première livraison est le fruit de près de quatre ans de recherches dédiées. "Je suis spécialisé en biomécanique et en physiologie de la main, mais aussi un grand passionné d'escalade puisque j'ai commencé à en faire bien avant de faire de la recherche", s'amuse Laurent Vigouroux. "Ce projet est la rencontre de ces connaissances, celles de mon expertise et celles des besoins des grimpeurs".

C'est lors d'une conférence de la Satt Sud-Est, organisme qui permet le transfert des travaux de recherche au monde économique, que Laurent Vigouroux se dit que son projet peut devenir une innovation. En se rapprochant de la Satt Sud-Est, il obtient des financements et un accompagnement autant pour les brevets à déposer que le projet commercialisation. Au total, ce sont 90 000 euros qui ont été investis et beaucoup de temps. "J'étais seul permanent sur le projet, mais j'ai eu de l'aide de stagiaires ou d'ingénieur pour m'aider sur des compétences que je n'ai pas, comme développer une application".


Un outil ludique

Maintenant que Smart Board est lancée, il reste à construire son modèle. "Je travaille à un projet de développement d'une start-up", souffle Laurent Vigouroux. De son côté, la Satt Sud-Est tente de trouver des industriels afin "que cette invention devienne une innovation".

Pour Laurent Vigouroux, son produit à sa place "dans les grands clubs sportifs et les salles privées". L'enseignant-chercheur explique que "la poutre d'entraînement est jusqu'à présent très élitiste, les capteurs apportent un aspect ludique et permettent de généraliser cet outil d'entraînement. Certains jeunes qui ont testé la Smart Board ne s'étaient jamais exercés là-dessus". Autant de promesses de développement à concrétiser.

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