Comment Wever bouscule le modèle du Mobility as a service

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(Crédits : DR)
La startup basée à Sophia-Antipolis et spécialisée dans la mobilité, a profité du programme UbiMobility qui s'est tenu de l'autre côté de l'Atlantique, pour confirmer la pertinence du pivot engagé il y a deux ans. Où il semblerait que le Maas puisse (enfin) trouver un business-modèle qui tienne la route.

Chez Wever, la route de l'entreprenariat n'est pas plus linéaire que dans toute autre entreprise. Et comme certaines jeunes pousses, elle aussi est passée par la case remise en question, que l'on appelle aussi pivot. Pour celle qui s'était initialement engagée dans le co-voiturage dynamique de courte distance, le virage s'est révélé nécessaire et salvateur.

C'est en fait sa capacité à collecter de la data, tirée des modes de consommation des utilisateurs de solutions de mobilité, qui se révèle être l'or noir de la jeune entreprise née en 2015.

Et c'est bien cela qui change tout : plutôt que de penser un plan de mobilité à partir des moyens de transport existants, Wever s'appuie sur les habitudes de comportement des usagers ciblés. Soit une façon beaucoup plus efficace assure-t-elle de répondre aux besoins des collectivités, associations, entreprises... désireux de se doter d'un plan de déplacement qui soit réellement utilisé, tant on sait que certains PDIE et autre solution de cp-voiturage ne sont pas forcément "consommés" par ceux auxquels ils s'adressent.

L'humain vs le flux

Ayant pivoté donc, reste à accélérer. C'était notamment le but de la participation de Wever au programme UbiMobility pour lequel la startup a été choisie par un jury d'experts américains du secteur, avec 7 autres entreprises françaises, en avril dernier. Un programme piloté par Bpifrance et Business France mais qui a surtout eu l'avantage de plonger Wever dans le grand bain de l'industrie automobile et plus précisément de la filière du véhicule autonome made in USA.

Un americain way of life court - deux semaines - mais intense et surtout riche d'enseignement. Ainsi, un benchmark mondial a été effectué, révélant qu'aucune solution sur le marché ne pouvait être comparée à celle imaginée par Wever. "Jusqu'à présent, la mobilité a toujours été traitée comme un flux statistique anonyme", explique Thomas Côte, le fondateur et dirigeant de la jeune entreprise installée à Sophia-Antipolis. "Or Wever fait autrement : nous nous préoccupons d'agréger les besoins des usagers pour aller chercher les solutions correspondantes. C'est plus agile. Nous partons du concret. Les utilisateurs ne sont pas des trajets, ce sont des personnes avec des histoires".

Un Maas différent ?

Surtout cela permet à Wever d'apporter un début de réponse au Mobility as a service. Le Maas c'est un peu le Saint Graal pour les acteurs de la mobilité, qui essayent de construire une offre complète, intégrant les différents types de transports privés et publics, le tout rassemblé en un seule application. "Nous bousculons le Maas", confirme Thomas Côte, jusqu'à présent pensé du point de vue des modes de transports et non de l'utilisateur. "Nous sommes un facilitateur, pas un agrégateur". Le sujet intéresse forcément Transdev, entré au capital de la startup en début d'année.

Des Etats-Unis, Wever rentre avec des POC à réaliser d'ici la fin de l'année, proof of concept qui seront menés avec de "grandes entreprises connues mondialement", précise sans pouvoir les citer, Thomas Côte. Aux Etats-Unis, les expérimentations des véhicules autonomes sont beaucoup plus nombreuses qu'en France, "lorsque elles sont au nombre de 3 ou 4 en France, il en existe 200 en Californie", pointe le jeune dirigeant. Qui l'affirme, "les Etats-Unis sont prêts, notre concept et notre solution sont prêts".

Aller plus vite

Pour accélérer, il faut du carburant, et ici, le carburant c'est de la monnaie sonnante et trébuchante. Une levée de fonds est donc en cours, pour un montant compris entre 3 et 4 M€, l'objectif étant d'industrialiser la plateforme. Et de lui ajouter des briques d'intelligence artificielle, ce qui va bien avec la récente labellisation de Nice-Sophia-Antipolis pour l'accueil d'un institut 3IA. "Notre plan de financement est millimétré. Les POC réalisés aux Etats-Unis vont permettre de valoriser l'entreprise", d'autant que "nous sommes à l'équilibre", assure Thomas Côte qui revendique également une croissance de 100 % par an depuis 2017 et une vingtaine de clients grands comptes en France et à la Réunion mais qui ne divulgue pas son chiffre d'affaires.

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