MyCoach et la stratégie du leader de la SportTech

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(Crédits : DR)
La startup implantée à Nice vient de boucler une levée de fonds de 6,6 M€. Un tour de table – le troisième de son histoire – qui doit lui permettre de se renforcer sur le marché domestique tout en posant des jalons plus forts à l'international.

MyCoach a une habitude - parmi d'autres : celle de lever tous les trois ans. Telle un métronome - ou une chronomètre pour demeurer dans la métaphore sportive - la startup née à Nice se tourne vers les investisseurs à intervalles réguliers. Après 2013, 2016, voici la levée 2019. 6,6 M€ obtenus auprès de différents investisseurs dont les historiques, ce qui d'après la jeune entreprise elle-même est le signe de confiance qui fait du bien.

Une levée au montant conséquent, pour quoi faire ?

Son co-fondateur et président, Cédric Messina, ne l'a jamais caché : sa volonté, c'est la première marche du podium. Un objectif logique après tout - qui travaille pour être second ? - mais un parcours clairement sportif tant la Sport Tech nécessite de la pédagogie.

Pourtant le secteur est en pleine forme, il suffit de considérer pour cela le succès remporté par Le Tremplin, l'incubateur dédié, installé à Paris qui attire même des jeunes entreprises innovantes étrangères et qui a accompagner 60 jeunes pousses depuis 2015, année de sa création. La France, terre de sport...

La France est certainement en tout cas, terre de football. Une étude Harris Interactive, publiée en 2017, confirmait l'appétence des Français pour le sport au global, 58 % d'entre eux déclarant être pratiquant d'une activité au moins une fois par semaine. Le sport est aussi synonyme de santé, c'est même la raison principale - toujours selon la même étude - qui pousse à chausser baskets et à enfiler un jogging, à 53 %. Et sans grande surprise, c'est le football qui truste la première place du sport préféré.

Le football, c'est exactement la discipline qui a été la porte d'entrée de My Coach. C'est d'abord en déployant une solution pour ce sport que la startup a posé les deux pieds (crampons) sur le terrain de la Sport tech. Depuis la solution s'appelle My Coach by FFF et est devenu l'assistant numérique des éducateurs, avec, dit la startup, 300 procédés construits par la Direction technique nationale et 5 000 fiches exercices créées par les entraîneurs de la communauté. My Coach Pro, dédiée comme son nom l'indique aux sportifs de haut niveau, récupère les données de l'ensemble de la chaîne de valeur, de l'administratif au staff médical. Elle s'adresse à l'ensemble des disciplines, après bien sûr, avoir débuté par le football.

Depuis sa création en 2011, ce sont 8 fédérations - football donc, volley-ball, handball, judo, cyclisme, hockey, surf, équitation - qui ont opté pour la plateforme azuréenne.

Première marche du podium

Donc, l'objectif c'est être n°1.

"Je veux ancrer My Coach comme le produit souverain", dit Cédric Messina, convaincu que si les résultats obtenus depuis les dernières années sont satisfaisants, beaucoup reste encore à faire sur le marché domestique. "Pourquoi allez déployer ailleurs alors que nous n'avons pas fini à domicile ?". Un argument étayé par l'observation, dit-il, des 50 leaders en innovation. Leur point commun : "Tous ont d'abord construit un monopole sur le marché domestique". La perspective des JO 2024 est aussi un bon signe, l'événement étant placé sous le signe du "legs des savoir-faire". Or "c'est exactement ce qu'est MyCoach, l'héritage dans le sport à travers nos contenus". Le contenu, c'est cela qui constitue la valeur de l'entreprise, ajoute Cédric Messina. Le partenariat avec la FFF étant "la démonstration d'une alliance intelligente entre une institution et une startup". L'UEFA regarde d'ailleurs attentivement...

Mais demain, c'est l'exploitation de cette data consentie qui va porter le business-modèle de l'entreprise. Et surtout permettre de nourrir le business modèle. Pour l'heure, My Coach s'appuie sur la vente de logiciels. Mais l'utilisation intelligente - avec des briques d'IA, va permettre d'ajouter des cordes à l'art business et de déployer des offres personnalisées, marketées. "La R&D est l'essence de notre développement. Nous disposons de beaucoup de data, à nous de savoir les interpréter pour améliorer l'expérience utilisateur". S'adresser à l'ensemble des disciplines est aussi un axe validé. Bientôt MyCoach TV sera refondue pour s'inscrire dans le plan de développement.

Qui dit appétit de croissance, dit besoins de compétences. De nouvelles embauches, notamment du côté de la R&D, sont prévues, pour une dizaine de postes.

Basée à Nice, où se situe le pôle Recherche et Développement, My Coach a installé ses équipes support en Corse. Prochainement c'est avec la Région Nouvelle-Aquitaine qu'elle devrait signer pour déployer un pôle Sport Santé.

"Le marché de la Sport Tech n'est pas encore mature", analyse Cédric Messina. Pourtant, "il connaît une croissance à deux chiffres" ce qui est signe de promesses. "Nous figurons parmi les 3 leaders européens". Le chiffre d'affaires 2019, qui s'élève à 2 M€, devrait tripler à horizon 3 ans. Une règle de 3 qui continue donc de s'appliquer...

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