Capsum met la beauté en capsule

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(Crédits : DR)
Spécialiste de l’encapsulation dans le domaine des cosmétiques, cette PME marseillaise co-développe des produits avec de grandes marques du secteur. Très présente en Europe, elle veut aussi renforcer sa présence aux Etats-Unis en y établissant sa seconde usine.

C'est un festival de couleurs et de textures. Des crèmes faites de grosses perles dorées, des sérums bleu pailleté, des bulles d'huile aux odeurs d'hibiscus qui se déposent sur la peau... Un panel de formats et d'ingrédients derrière lesquels se cache une même technique : la microfluidique. Née dans les années 1980, elle consiste à manipuler des fluides à petite échelle. Elle permet par exemple contrôler la manière dont chaque goutte d'eau évolue dans de l'huile.

Au départ utilisée pour la recherche fondamentale en mécanique fluidique, elle est ensuite mise à profit dans les biotechs. Pas dans les cosmétiques. Pourtant tous les éléments sont là : de l'eau, de l'huile et des ingrédients divers. Reste à les associer selon les principes de la microfluidique pour en tirer de nouveaux bénéfices. Ce à quoi s'attelle Capsum, créée en 2008.

"Le bénéfice est d'abord sensoriel. Or les cosmétiques sont un métier d'émotion", observe Sébastien Bardon, dirigeant de Capsum. "On peut structurer un sérum afin d'en visualiser chaque goutte. Cela donne de très beaux produits, c'est très recherché à l'ère d'Instagram. Les textures obtenues modifient aussi le ressenti à l'application". Et au-delà de l'aspect sensoriel, le procédé permet de valoriser les ingrédients actifs, mais aussi d'optimiser leur efficacité puisqu'ils sont protégés par les microcapsules.

La 3ème PME française à déposer le plus de brevets

Des bénéfices qu'il a fallu confirmer au cours des premières années de la vie de l'entreprise. "Nous avons connu quatre années de tâtonnement à essayer des choses différentes, à chercher notre business model". Jusqu'à trouver le juste équilibre en 2012, ce qui permet à la société de décoller. "Nous avons compris que les clients voulaient des produits finis". C'est ainsi que Capsum s'oriente sur la co-création de produits avec d'autres entreprises des cosmétiques telles que LVMH, l'Occitane ou encore l'américaine Murad.

Au total, elle développe plus d'une centaine de produits et dépose 57 brevets, se positionnant comme la 3ème PME française à en déposer le plus selon l'INPI. "Avant, nous utilisions les licences des laboratoires dont étaient issus nos cofondateurs. Puis nous avons gardé cette culture de la propriété intellectuelle avec un ingénieur brevet en interne".

Un partenariat avec Chanel pour s'ouvrir au maquillage

Une recette qui a permis à l'entreprise de s'imposer peu à peu dans le domaine des soins pour la peau. Ainsi, en 2018, elle affichait un chiffre d'affaire de 22 millions d'euros, avec une croissance d'environ 50 % par an. Côté effectif, elle compte 125 collaborateurs.

Fière de ce succès, elle veut désormais le répliquer dans un tout nouveau domaine : le maquillage. "C'est par définition un métier de sensorialité. On travaille la texture de la peau, la couleur, la lumière. La microfluidique peut ramener du plaisir dans l'acte de se maquiller". Une démarche initiée dans le cadre d'un récent partenariat avec Chanel pour l'eau de teint Les Beiges. Le principe : les pigments sont encapsulés dans des bulles dont ils se libèrent au moment de l'application au pinceau.

Une nouvelle usine à Austin

Avec ce nouveau marché, Capsum espère élargir ses perspectives en Europe - où l'entreprise réalise les deux tiers de son chiffre d'affaire- mais aussi aux Etats-Unis où elle souhaite renforcer son assise. « C'est le plus grand marché au monde pour les cosmétiques. Or, beaucoup de marques américaines n'ont pas d'usine. Elles sont à la recherche de sociétés capable de développer, co-développer et fabriquer». Une demande à laquelle veut répondre Capsum en construisant sa seconde usine à Austin au Texas. Le chantier devrait prendre fin d'ici un an. "Il s'agira d'un bâtiment conforme aux certifications environnementales locales, autosuffisant en énergie, avec des panneaux solaires..." décrit Sébastien Bardon, bien conscient de l'intérêt croissant des consommateurs pour le développement durable alors que l'empreinte environnementale tend à devenir, de plus en plus, un critère de choix à part entière.

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