I-Lab 2019 : ce que Biocéanor, ExactCure et EasyGaN en attendent

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(Crédits : GettyImages)
L’édition 2019 du concours d’innovation i-Lab a rendu son verdict début juillet. 75 startups ont ainsi été désignées lauréates sur 468 candidatures finalisées. Parmi elles, trois jeunes pousses azuréennes, ExactCure, EasyGaN et Biocéanor. Qu’en attendent-elles ? Des financements bien sûr, mais pas que...

Initié en 1999 par le ministère de la Recherche, le concours national d'innovation i-Lab met chaque année la deeptech tricolore à l'honneur. Pour cette édition 2019, 468 candidatures ont été étudiées, analysées, discutées pour, in fine, 75 projets innovants retenus, portés par des startups qui rejoignent ainsi le Who's who des jeunes pousses technologiques hexagonales. "Il y a d'abord une vraie fierté personnelle", commente Frédéric Dayan, cofondateur de la startup niçoise ExactCure, l'une des cinq entreprises azuréennes nouvellement lauréates avec Biocéanor, EasyGaN, Mydatamodels et Mycophyto. "Le concours i-Lab, c'est le terrain de jeu de l'innovation française, je le regarde depuis que je suis étudiant. Y être cette année, c'est franchir une sacrée étape". Une étape vers la croissance, vers le marché, vers l'international, c'est selon, mais aussi et surtout, car c'est bien cela le nerf de la guerre, un apport financier sous la forme d'une subvention dont le montant pourra atteindre, cette année, un maximum de 600 000€.

De l'idée au marché

Pas encore connue des protagonistes mais attendue de pied ferme, "cette bouffée d'oxygène va nous permettre de pousser plus loin notre R&D", reprend le dirigeant." L'objet premier d'i-Lab réside dans la transformation d'une idée scientifique en un marché, soit, en ce qui concerne ExactCure, des algorithmes de simulation plus précis et plus personnalisés sur le papier en algorithmes implémentés et appliqués aux patients ". Fondée en janvier 2018, la medtech a en effet imaginé un jumeau digital qui anticipe les effets d'un médicament sur le corps d'un patient. "En modélisant la réponse de chaque patient au médicament, on comprend les variabilités qui s'expriment d'une personne à l'autre, ce qui permet de minimiser les risques de sur ou de sous-dosages". Si une version bêta est d'ores et déjà en test auprès de patients souffrant de douleurs chroniques, et des pilotes en cours avec des early adopters, en l'occurrence un assureur et un laboratoire pharmaceutique, l'entreprise n'a toutefois pas encore enclenché la phase commerciale. "Notre défi, c'est d'ouvrir cette technologie au grand public pour devenir la référence en termes de modélisation du patient, puis de l'étendre demain aux problématiques environnementales et alimentaires. Nous nous inscrivons sur un temps long".

Du temps de R&D

Du temps, justement, c'est ce que la jeune pousse EaysyGaN a aussi gagné à travers son ticket i-Lab. Spin-off issue du CRHEA (Centre de Recherche sur l'Hétéro-Epitaxie et ses Applications), basé à Sophia Antipolis, elle a été fondée en 2017 pour faciliter et accélérer le développement des écotechnologies grâce à la filière GaN sur Silicium. "Le GaN (ou Nitrure de Gallium) est un matériau semi-conducteur très prometteur qui ouvre le champ à de nouveaux composants électroniques, notamment pour des applications où l'efficacité énergétique est devenue critique, mais qui se heurte à des verrous technologiques. D'où nos substrats clés-en-main qui permettent aux fabricants de réaliser aisément et à moindre coût des composants GaN très performants", résume son directeur général, André Bonnardot. Un projet innovant, disruptif, dont le lancement commercial n'est pas attendu avant 2020, voire 2021. Validé en laboratoire, le procédé est engagé dans un premier PoC sur des substrats de 2 pouces de diamètre avec un industriel allemand, mais pour servir le marché de grand volume, "il doit s'adapter au parc de production actuel qui nécessite des substrats de 6 à 8 pouces de diamètre", précise-t-il. Ce qui nécessite du temps de R&D. Il s'agira donc pour la startup, hébergée à l'Incubateur Paca Est, d'étoffer son portfolio de propriété intellectuelle et d'engager d'autres pilotes.

De la crédibilité

A cet égard, "le label i-Lab donne une crédibilité à notre projet, c'est un signe de cohérence et de qualité, un filtre qui montre qu'avec EasyGaN nos futurs partenaires, investisseurs et collaborateurs cochent la bonne case", souligne André Bonnardot qui entend conclure sa première embauche, une jeune docteure du CNRS, dès la rentrée. Une volonté de recruter que l'on retrouve aussi chez Biocéanor. "90% de l'enveloppe qui nous sera attribuée y sera consacré", indique Samuel Dupont, son cofondateur. Née en janvier 2018, la startup sophipolitaine est spécialisée dans les stations météo sous-marines connectées qu'elle destine au monde de l'aquaculture. Une quarantaine a déjà été déployée lui permettant d'afficher un chiffre d'affaires de 200 K€. "Notre projet consiste à apporter une couche de big data et de machine learning supplémentaires à nos dispositifs pour être capable de fournir l'information sur la qualité de l'eau de manière prédictive, de 24 à 48h". Des data scientists rejoindront "dès que possible" l'entreprise composée actuellement de 7 personnes. Laquelle compte s'appuyer sur le sésame i-Lab pour compléter son tour de table en cours. Elle espère lever un million d'euros. ExactCure aussi finalise actuellement sa première levée de fonds, attendue pour septembre, et "pense déjà au second tour". Avec i-Lab, les startups voient plus loin...

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