En levant 20 M€, Traxens s'affirme dans l'IoT au service de la logistique

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(Crédits : DR)
C'est elle qui a inventé le conteneur connecté. En développant une solution qui s'appuie sur les data et qui permet de faciliter les activités de suivi en temps réel, la jeune entreprise née à Marseille tend à réaliser son objectif premier : créer un standard, qui serve autant le maritime que le ferroviaire.

Lorsqu'elle naît en 2012, Traxens est une startup ambitieuse. Son but est alors, come l'explique son fondateur, Michel Fallah, de réunir deux mondes qui s'ignorent, celui du shipping et celui des nouvelles technologies. Avec en but absolu, celui de créer un standard, c'est-à-dire, une solution utilisée par l'ensemble des acteurs de la chaîne de valeur. Sept ans plus tard, le pari est quasi réussi. Car entre temps, CMA CGM, l'armateur n°3 mondial basé à Marseille, a posé sur les premiers pas de Traxens un regard bienveillant et une entrée au capital à hauteur de 20 %. Une façon de dire que la compagnie croyait en l'apport du big data et donc une façon aussi d'encourager l'entrepreneur. Depuis, d'autres compagnies se sont elles aussi penchées sur Traxens, dont MSC et Maersk.

En levant 20 M€, Traxens peut donc passer à la vitesse supérieure. Car hormis le montant - qui est conséquent - c'est surtout la nature des investisseurs qui dit ce vers quoi tend l'entreprise. Jusqu'alors les investisseurs étaient des armateurs. Somme toute logique, car comme le souligne Marc Ligonesche, "construire un standard sans les armateurs, cela n'aurait pas de sens". Et le directeur financier de Traxens d'expliquer en quoi ce tour de table est profondément structurant pour l'entreprise.

S'ouvrir à l'international

Parmi les investisseurs, outre le fonds Supernova Invest du Crédit Agricole, figure par exemple Itochu, conglomérat japonais d'import/export à l'international, qui commercialise divers produits comme le textile, l'alimentation, l'énergie ou les machines... "Nous avons gagné quelques contrats avec eux", précise Marc Ligonesche. "Leur volonté est d'orienter leur stratégie vers la distribution de données". Traxens apporte ainsi ici, sa plus-value. L'arrivée au capital est par ailleurs synonyme d'ouverture vers l'Asie, marché réputé compliqué, où ici la proximité culturelle avec la Chine notamment permet à Traxens de se positionner sur des appels d'offres.

Investisseur après avoir été financeur (depuis 2014 NDLR), Bpifrance entre au capital de la jeune entreprise via son fonds Psim, doté de 150 M€ et qui a identifié 12 entreprises lauréates du concours mondial de l'innovation, dont Traxens a été l'un des vainqueurs. Comme l'explique Emmanuel Audouard, qui dirige le fonds, l'entreprise était bel et bien "dans le scope. Nous n'investissons jamais tous seuls et le tour de table qui est réalisé ici est un tour idéal, qui permet à Traxens d'entrer dans une phase internationale et de devenir leader de la logistique". Surtout, Bpifrance arrive aussi avec l'ensemble de ses outils, dont l'accompagnement justement à l'international par exemple ainsi la gestion des relations avec les grands groupes."Nous voulons être identifiés comme un acteur français et international", confirme Marc Ligonesche.

Prendre du muscle

Et évidemment il s'agit maintenant de franchir une étape. Concrètement la levée va permettre de "muscler la partie support client de par le monde c'est-à-dire augmenter le niveau de service client et l'industrialiser", détaille le directeur financier. Il est aussi question de déployer plus fortement les partenariats commerciaux et de "faire évoluer notre offre toujours orientée valeur des données". Et puis surtout de "maintenir notre R&D à un niveau important. Nous devons penser aux solutions de demain".

Le marché de conteneurs comprend les reefers (conteneur réfrigéré) et les dry. Le premier segment est en pleine évolution mais ne représente encore que 10 % du marché. Bon à savoir, Itochu est également distributeur de Daikin, qui possède une branche reefer. Or, ce segment est concurrentiel. Posséder les bons partenariats est donc essentiel pour conserver la place de leader. A noter que le ferroviaire est aussi un axe de développement pour Traxens, qui avait signé un partenariat d'innovation avec SNCF Logistics.

Traxens, qui ne communique pas sur son chiffre d'affaires, revendique un carnet de commandes de 30 M€. L'entreprise emploie 130 salariés.

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