Unistellar veut faire rentrer les astronomes amateurs dans la cour des grands

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(Crédits : Unistellar)
La société originaire de Marseille lance la production de ses télescopes destinés aux férus d'astronomie mais avec une qualité d'image bien supérieure à ce qui se trouve habituellement sur le marché. Après avoir vendu ses 2000 premiers exemplaires, elle souhaite maintenant renforcer sa notoriété pour séduire un public beaucoup plus large.

Tout est parti d'une frustration d'enfance. Celle de vouloir observer une galaxie ou une nébuleuse, mais une fois l'œil collé sur le télescope ne voir que des taches grises. "On pense que l'on va tout voir, mais c'est en réalité très limité", raconte Arnaud Malvache qui se définit comme un "astronome amateur depuis toujours". C'est finalement via son activité professionnelle qu'il va trouver un moyen de passer outre cette frustration. Car au-delà d'aimer observer les étoiles, Arnaud Malvache est avant tout chercheur en neuroscience sur le campus de Luminy, à Marseille, où il travaille plus spécifiquement sur le traitement de données et l'image.

"J'ai vu que les technologies autour de l'image accessible au grand public et permettant une meilleure qualité se développaient de plus en plus", explique Arnaud Malvache. De nouvelles possibilités qu'il décide d'intégrer dans un télescope. Raison pour laquelle, il crée en 2015 Unistellar pour produire des télescopes baptisés eVscope et dédiés aux férus d'astronomie mais avec une qualité nettement supérieure de ce qui se fait actuellement. "Pour voir une galaxie ou une nébuleuse comme on s'y attend", résume-t-il.

Pour parvenir à ce résultat, Unistellar place dans le télescope un capteur qui reçoit la lumière, au lieu que ce soit directement l'œil, et grâce à un calculateur permet de restituer de manière optimale l'image. L'entreprise de 15 salariés développe également une application qui sert de "télécommande" pour permettre à l'utilisateur de choisir ce qu'il veut voir afin que le télescope se positionne tout seul. La recherche et développement du eVscope a duré deux ans et nécessité un million d'euros d'investissement. "Le plus compliqué est la partie logicielle. Que cela soit la reconnaissance du ciel, peu importe les conditions, à l'amplification de l'image et surtout l'intégration des algorithmes pour que cela donne quelque chose de fluide", explique Arnaud Malvache.

Astronomie citoyenne

Les premiers financements proviennent de différents dispositifs et incubateurs, dont Impulse situé à Château-Gombert. Une campagne de crowdfunding a ensuite été menée en 2017 durant laquelle un peu plus de 2 000 exemplaires d'eVscope ont été pré-vendues. "Nous sommes en phase de production, les modèles seront livrés en septembre", prévient l'entrepreneur. Les premiers acheteurs, qui ont commandé eVscope deux ans avant sa fabrication, ont pu l'acquérir pour un peu plus de 1300 euros, permettant de générer 3,76 millions d'euros. Les 2,1 millions d'euros levés en mars dernier ont permis de finaliser l'industrialisation. Les acheteurs se trouvent à 50% aux Etats-Unis, 40% en Europe et 10% en Asie, Océanie et un peu Amérique du Sud. Fort de ce succès, Arnaud Malvache souhaite désormais étendre la commercialisation en développant le marketing. Le prix de vente final du télescope est de 2666 euros (3000 dollars).

Pour séduire les astronomes amateurs, le dirigeant compte également les impliquer dans de vrais travaux de recherche."Nous travaillons avec l'institut Seti en Californie pour qu'ils récupèrent les données observées par notre communauté", avance Arnaud Malvache. Concrètement, les utilisateurs de l'eVscope seront prévenus lors d'un phénomène précis pour qu'ils puissent l'observer et leurs images seront transmises à l'institut américain. "Ces données ont de la valeur et sont très pratiques pour les professionnels", assure le dirigeant. "C'est de l'astronomie citoyenne". De quoi aller au-delà des rêves d'enfance.

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