Neuralia ou des compléments alimentaires pour cibler les maladies neurodégénératives

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(Crédits : DR)
Installée à Gardanne, cette société innovante met au point des neutraceutiques conçus à partir d'extraits de plantes médicinales. Une première gamme, issue de 5 années de recherche, est commercialisée dans les prochaines semaines. Et l'international fait déjà les yeux doux.

C'est depuis 5 ans qu'une équipe de chercheurs, pharmaciens et neuropharmatologues, soit 5 personnes unissent leurs expertises autour de la mise au point de neutraceutiques à base d'extraits de plantes médicinales, conçus pour cibler les maladies neurodégénératives. Une approche nouvelle qui mêle l'expertise en pharmacologie et celle de la médecine traditionnelle asiatique. Une sorte de meilleur des deux mondes, appuyée sur des faits scientifiques tout en intégrant les connaissances millénaires.

"Nous travaillons sur la plante elle-même", explique Noëlle Callizot, présidente du board scientifique et co-fondatrice de Neuralia. Concrètement, il s'agit de partir de l'extrait de la plante, reconnue pour ses bienfaits et qui, aidée par une synergie de molécules voit son activité amplifiée en même temps que la baisse des effets secondaires. Soit une approche différente de tout ce qui s'est fait jusqu'à présent, où "on partait d'une cible pour trouver la solution" alors qu'ici il s'agit de partir de la plante et de "remonter la piste pour dénicher le mécanisme d'action".

Et c'est précisément là, l'innovation apportée par la jeune société. "Nos brevets sont déposés sur l'association de molécules qui permet de booster l'activité de l'extrait de plante médicinale", précise la dirigeante. "Nous développons nos extraits de plantes et tout est basé sur des faits scientifiques et sur les résultats de la médecine chinoise". Neuralia dispose ainsi d'une équipe au Vietnam, avec laquelle "nous travaillons pour comprendre les médecines traditionnelles, avec des tradi-praticiens".

Nom de code NSP

Après 5 années de R&D menées avec le concours de NeuroSys, autre entreprise provençale qui évolue dans le même secteur, la première gamme est prête à être mise sur le marché dès ce mois de septembre. Baptisé NSP 01, du nom même du projet scientifique, il est issu d'une plante originaire du Vietnam, habituellement utilisée contre les troubles de la mémoire. "Une AMM a été délivrée", précise Noëlle Callizot qui explique que NSP 01 est finalement une "alternative à quelque chose d'inexistant".

Une seconde gamme, nommée NSP 06, devrait rapidement suivre, d'ici octobre prochain et adresse les troubles cognitifs associés aux troubles du sommeil.

Une troisième gamme, axée troubles moteurs, est programmée pour une mise sur le marché d'ici la fin de l'année. "Nous essayons de concocter des compléments alimentaires à effet personnalisé", précise la dirigeante. "Il n'existe pas un seul trouble cognitif ni un seul Alzheimer".

Concernant les canaux de distributions, les gammes sont commercialisées via le site marchand, la boutique installée à Gardanne et qui sera opérationnelle dès septembre ainsi que dans les pharmacies d'ici le mois d'octobre.

Dimension verte

Pharmacologie ne signifie pas s'absoudre d'une démarche éco responsable comme le commente Noëlle Callizot. Ainsi Neuralia pratique l'éco-extraction et dit n'utiliser aucun solvant hormis l'eau et planche aussi sur le recyclage des déchets. Elle a d'ailleurs mis au point une technique, baptisée Greenex qui permet de transformer les déchets produits en biocarburant ou biosolvant. Une innovation elle aussi issue de 6 années de R&D et qui ne profite pas à la seule startup et qui s'adapte à toute autre industrie produisant du déchet végétal. "C'est une technologie transportable que nous sommes en train de breveter", précise Noëlle Callizot. L'éco-responsabilité se traduit aussi via pour le sourcing que "nous faisons auprès des producteurs locaux", en Asie lorsque c'est le cas, et en Provence lorsqu'il s'agit de plantes méditerranéennes (c'est le cas pour le NSP 06 NDLR).

L'international déjà

Parce que comme l'explique Yann Jaudoin, le directeur général de Neuralia, le marché est mondial, Neuralia devrait assez rapidement s'exporter d'autant qu'une potentielle distribution est déjà dans les tuyaux aux Etats-Unis, en Californie. "L'international est clé", indique le DG. La stratégie est de couvrir l'ensemble de l'Europe, dès 2020, prioritairement en adressant les marchés anglais et allemand, principaux consommateurs de compléments alimentaires. Les 27 pays devraient être couverts d'ici 5 ans, au rythme d'un nouveau pays par mois.

Par ailleurs, Neuralia nourrit une collaboration avec l'IMBE sur la biodiversité marine qui concerne plus précisément les éponges de mer et l'utilisation de combinaison de molécules provenant de ces éponges. "C'est un projet earlystage", précise Noëlle Callizot.

Une levée pour avancer plus vite

Pour capitaliser sur ses technologies et poursuivre sa croissance, la startup prévoit une levée de fonds d'ici la fin de l'année, pour un montant de 1,5 M€. Quant aux prévisions de chiffre d'affaires, il devrait atteindre 1 M€ en 2021, pour la première année d'exercice plein et 5 M€ d'ici 5 ans.

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