Esus, la plateforme qui "numérise" le MICE

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(Crédits : DR)
Orientée BtoB la solution logicielle développée par la startup basée à Cannes, Lyon et Paris vise à simplifier la routine administrative des professionnels de l'événementiel et du tourisme. Ou comment permettre le gain de productivité.

L'organisation d'événements, Charles Gombert avoue être tombé dedans quand il était petit. Logique puisque c'est dans ce secteur d'activité qu'évolue sa famille. C'est aussi le cas pour l'entreprenariat, une appétence que le jeune entrepreneur ne nie pas, lui revendait les noisettes de son jardin contre quelques francs alors qu'il n'avait pas 10 ans.

Passé par l'EM Lyon, après avoir effectué son premier stage - déjà dans l'événementiel - à Shanghai, celui qui ne souhaitait pas poursuivre "de parcours trop académique", se retrouve pourtant à poursuivre son cursus au sein de celle que l'on appelle l'école des entrepreneurs. Comme quoi, il y a bien une logique, finalement.

Après une première tentative entreprenariale s'intéressant aux objets connectés appliqués au secteur du golf - idée validée par le dépôt d'un brevet international - mais qui ne se développe pas comme prévu, Charles Gombert trouve l'idée de sa nouvelle petite entreprise en se retrouvant dans l'obligation de répondre et construire des devis pour l'entreprise familiale à laquelle il apporte une aide bénévole. Une tâche éminemment chronophage qui fait germer la volonté de trouver une solution rapide, souple, facile et... numérique.

Assistant personnel IT

Après avoir tâtonné, essayé avec des outils trouvés ici et là sur le web, Charles Gombert met au point un premier prototype dès juillet 2018. Prototype qui fait l'objet d'une année de R&D pour se peaufiner. "Nous sommes partis en Espagne, notre solution sous le bras, pour participer à un rendez-vous rassemblant les professionnels du tourisme. Sur les 30 rendez-vous décrochés, nous avons engrangés 30 signatures de contrats pour tester la solution. Nous nous sommes dit qu'il fallait donc développer un produit et le commercialiser".

C'est comme cela que naît Esus, plateforme collaborative, fonctionnant en mode SaaS, disposant d'un espace de travail commun, permettant la mise à jour des fichiers en temps réel et qui surtout automatise les tâches administratives répétitives. "Le métier d'organisateur professionnel est classé comme le 5ème métier le plus stressant au monde. Plus de 60 % du temps d'un chef de projet est dévolu à la rédaction et à la conception de devis. Notre algorithme permet d'automatiser 80 % des tâches administrative", affirme Charles Gombert qui vise donc les secteurs de l'événementiel, du tourisme d'affaires et du tourisme de groupe. "Esus est leur assistant personnel IT".

Essais à transformer

Mise sur le marché depuis trois mois, Esus revendique une quarantaine d'utilisateurs. Le business modèle s'appuie sur le principe de l'abonnement pour les structures petite et moyennes et sur le développement en marque blanche pour les grands comptes. Accompagnée par l'Open Tourisme Lab, accélérateur basé à Nîmes - "qui nous aide à structurer nos process commerciaux" -, la jeune pousse sait que le potentiel de Provence Alpes Côte d'Azur n'est pas à négliger. "Nous avons identifié 600 clients potentiels entre Monaco et Marseille", précise Charles Gombert. Lauréat d'un concours organisé par l'incubateur Paca-Est, la startup veut encore développer la R&D pour ajouter des fonctionnalités.

Pour se faire, une levée de fonds est en cours, pour un montant de 500 000 euros, auprès de business angels, additionnant également du prêt d'honneur et du prêt bancaire. Il est aussi question de renforcer l'équipe et de 5 personnes, celle-ci pourrait rapidement s'étoffer avec l'embauche de deux personnes pour la partie marketing et deux développeurs.

L'internationalisation est aussi un sujet pour Esus, dont les utilisateurs sont disséminés dans 9 pays. "L'international est dans l'ADN de la startup. Nous y pensons depuis sa création", souligne Charles Gombert. Mais le vrai sujet c'est "d'améliorer le taux de conversion". Esus table sur 150 à 200 utilisateurs à fin 2020 pour un premier chiffre d'affaires en année pleine s'élevant à 500 000 euros.

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