L'impact rayonnant de DualSun

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(Crédits : DR)
La PME basée à Marseille s'attaque aux marchés internationaux avec ses panneaux photovoltaïques capables de fournir de l'électricité et de chauffer l'eau. Pour imposer ses produits, elle mise sur des distributeurs locaux.

L'arrivée de DualSun à Marseille n'est pas due qu'au taux d'ensoleillement, propice aux panneaux photovoltaïques. A la genèse de l'entreprise de 15 salariés et de 3 millions d'euros de chiffre d'affaires, il y a d'abord deux étudiants : Jérôme Mouterde et Laetitia Brottier. "Nous étions en école d'ingénieur à Centrale Paris et nous travaillions sur un projet pour améliorer les performances énergétiques", raconte le premier. Le choix se porte finalement sur le panneau photovoltaïque "qui n'exploite que 20% de l'énergie reçue".

Le duo d'entrepreneurs se concentrent sur la chaleur que contient l'objet exposé, de fait, au soleil, et capitalisent dessus. "Nous avons développé un produit capable de produire de l'électricité mais aussi de récupérer la chaleur afin de l'utiliser pour l'eau de la maison", détaille Jérôme Mouterde. Une partie du panneau de la PME marseillaise sert donc d'électricité et l'autre de chauffe-eau. Les deux technologies existaient déjà, mais sans être assemblées sur une seule pièce.

Une innovation qui a nécessité cinq ans de recherche et développement. "Nous nous sommes rapprochés d'un laboratoire du CNRS spécialisé en chaleur thermique basé à Marseille, raison pour laquelle nous sommes ici", explique le dirigeant. Ce travail de R&D a permis de déposer cinq brevets et de sortir une première version du panneau photovoltaïque en 2014. Depuis trois autres ont suivi. "A chaque fois, nous faisons baisser les coûts de 30% tout en essayant d'augmenter la performance énergétique", assurent Jérôme Mouterde. Un panneau de DualSun parvient à exploiter "plus de 40%" de l'énergie qu'il reçoit selon l'entrepreneur. Il estime également qu'en diminuant la chauffe du produit, cela permet d'être plus performant et durable sur le long terme. "Mais nos produits sont récents donc il est encore difficile de le démontrer par rapport au marché classique".

Un développement en Australie

Aujourd'hui, DualSun revendique 1 300 installations. En 2014, Bouygues Construction choisit ce panneau hybride pour son siège social dans les Yvelines. Une opération qui a permis de donner à la société provençale un vrai coup d'accélérateur. Pour s'imposer sur les différents bâtiments et construction, Jérôme Mouterde propose son produit aux distributeurs. "Pour le client final, la différence ne se voit pas. Nous voulons être connus des particuliers pour faciliter le choix vers nous, mais nous ciblons d'abord les distributeurs pour qu'ils proposent nos produits", détaille le dirigeant. Une application est en préparation pour permettre de mesurer rapidement le rapport investissement/gain de DualSun.

Le PME a par ailleurs créé une formation pro pour les personnes en recherche d'emplois afin qu'elles deviennent installateurs de panneau solaire. Un moyen de mieux faire connaître ses produits auprès des professionnels ? "Non, c'est vraiment fait pour mieux structurer la filière et surtout aider des personnes dans le besoin", répond Jérôme Mouterde.

Les installateurs restent au cœur de la stratégie de DualSun pour se développer à l'étranger. Les panneaux hybrides marseillais sont déjà dans les pays frontaliers comme la Belgique et la Suisse. Mais aussi beaucoup plus loin. "Nous sommes en Australie où nos produits permettent de chauffer l'eau des piscines", note le dirigeant. L'international ne représente "que" 30% du chiffre de la PME. Mais la poursuite de l'activité semble promise à un avenir loin de l'Hexagone. "La France se développe assez lentement sur le solaire", constate Jérôme Mouterde. "Il est donc assez logique de s'ouvrir vers de nouveaux marchés". Le Portugal est la prochaine cible. "Comme nous passons par des distributeurs locaux, cela se fait petit à petit". Côté production, basée dans l'Ain, DualSun peut gérer un surcroît d'activité. "Nous passons par des sous-traitants, mais nous avons investis dans les machines", explique Jérôme Mouterde. Tout est prêt pour rayonner à l'international.

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