Camille de Guillebon - EY : "Une économie de la scaleup est en train de se mettre en place"

 |   |  762  mots
(Crédits : DR)
C'est le baromètre dédié au capital-risque en France et le directeur EY région sud-est et Monaco qui le disent. Montant des levées, volume des opérations, tout va bien du côté des startups. Si bien que c'est vraiment la phase d'après qui est au cœur de l'évolution de l'écosystème de l'innovation. Question de taille… critique.

"Déjà" 2,79 Mds€ levés en six mois alors que seulement 1,95 Mds€ avait été mobilisé sur la même période l'an dernier... Rien que cette donnée suffit à mettre du baume au cœur aux acteurs de l'entreprenariat et de l'innovation. Si on a souvent - et avec raison - estimé qu'il y avait trop de startup et que le principe de la startup tue la startup, cette compilation depuis le début de 2019 tend à prouver que l'année ne sera pas annus horribilis. Bien au contraire.

Davantage de tickets à plus de 50 M€

C'est ainsi que l'analyse aussi Camille de Guillebon, associé et Directeur EY région Sud-Est & Monaco. "Le montant des opérations en nombre comme en volume a explosé". Ce n'est pas tant le nombre de levées réalisées qui compte - 333 opérations en 2018 pour le premier semestre contre 387 pour 2019 à la même période - mais davantage le montant levé par opération. Un élément significatif qui tend à prouver la confiance des investisseurs et donc celle du marché. Du genre à encourager et à créer un effet d'entraînement.

Et c'est précisément sur le segment des tickets de +50 M€ que c'est le plus visible : en un an, on 220 % d'augmentation soit des tickets moyens qui atteignaient 331 M€ en 2018 à 1,053 milliard d'euros en 2019. Une évolution sensible tout autant en terme de nombre d'opérations, à + 200 %.

Moindres mais pas davantage négligeable, les tickets de 5 à 10 M€ enregistrent aussi une hausse qui n'est pas à négliger, atteignant en moyenne 269 M€ contre 180 M€ l'année dernière.

"Cela constitue une information encourageante. Car ces levées font le lit des futures scaleups, voire des prochaines licornes", analyse Camille de Guillebon. "Les levées supérieures à 50 M€ ont été multipliées par trois ce qui est la démonstration de la capacité à développer de futurs champions".

Structuration de l'écosystème

Autres indicateurs, les opérations selon les stades de maturité sont également un indicateur significatif. Ainsi ce sont les levées en série B qui ont le plus progressé, avec un peu moins d'opérations réalisées que l'année précédente - 57 contre 61 - mais avec ticket moyen de 14, 8 M€ contre 9,1 M€ pour un total investit réunissant 842 M€ contre 558 M€ en 2018. Même cas de figure avec la série C, qui a enregistré une baisse du nombre de levées mais qui voit le montant des investissements passer de 561 M€ à 760 M€.

En réalisant 12 opérations de plus de 50 M€ contre respectivement 11 et 15, la France se place entre l'Allemagne et le Royaume-Uni, pour ce dernier cas, l'effet Brexit jouant peut-être un rôle d'éperon. Et si l'on considère la variation sur le montant levé total par semestre entre 2018 et 2019, la France enregistre un fabuleux +221 % contre un bon +176 % pour le Royaume-Uni et un timide + 46 % pour l'Allemagne.

"Ces indicateurs prouvent que l'économie de la scaleup est en train de se structurer. Là où nous étions en retard par rapport à nos voisins, nous sommes en train de rattraper notre retard", comment Camille de Guillebon, qui insiste pour rester attentif au comportement de l'Hexagone face aux voisins européens. "Il va être intéressant d'observer les opérations qui se dérouleront d'ici la fin de l'année", étant donné le trend actuel, fort intéressant.

Stop ou encore ?

En Provence Alpes Côte d'Azur, on se maintient, en ne tenant pas compte de l'Ile-de-France, sur la troisième marche du podium des régions qui se comportent bien. "Nous sommes sur un bon positionnement", confirme Camille de Guillebon. "Que va donner le deuxième semestre ?" Mieux ou vraiment beaucoup mieux ? Avec 22 opérations et 84 M€ levés, le Sud reste stable. Entre temps, l'écosystème s'est renforcé, notamment du côté d'Aix-Marseille note le directeur EY pour le sud-est et Monaco, voyant dans la naissance de ZeBox une autre structure capable de tirer les jeunes pousses vers le haut. Alors que "thecamp, Marseille Innovation, PFacctory sont dynamiques". Nice et Sophia-Antipolis continuent leur bonhomme de chemin estime-t-il, rappelant les levées récentes de Quantificare (5M€), myCoach (6 M€) ou Therapixel (5M€) comme autant de promesses. "Le baromètre pose des questions", avoue Camille de Guillebon. La deuxième partie de 2019 sera-t-elle aussi favorable que les six premiers mois ? Qui se fera remarquer par un tour de table record ? Mais comme le rappelait La Tribune, à quand un décollage des fusions-acquisitions dans la French Tech ? Sans nul doute le prochain pas à franchir pour espérer continuer à compter dans l'écosystème mondial.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 14/10/2019 à 22:56 :
Traduction : Les bulles grossissent tranquillement.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :