Pourquoi la fintech BrickVest anticipe le Brexit depuis Nice

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(Crédits : DR)
Créée à Londres en 2014, la jeune pousse à l’origine de la première plateforme d’investissement immobilier professionnel a choisi d’implanter sa filiale européenne dans la capitale azuréenne afin d’assurer la continuité de ses services en Europe continentale après le Brexit, tout en profitant de l’écosystème technologique du territoire.

La date fatidique du 31 octobre approche avec son lot d'incertitudes. Des interrogations qui ont poussé la fintech londonienne, spécialiste de l'investissement immobilier professionnel, à implanter sa première filiale en France en début d'année. Baptisée BrickVest REIM Europe, basée à Nice, la société de gestion a obtenu en juillet l'agrément AMF (Autorité des Marchés Financiers) lui permettant de bénéficier du passeport européen et donc de poursuivre ses activités dans toute l'Union Européenne même en cas de Brexit dur. "Les modalités du Brexit restent à ce jour incertaines. Or, si le Royaume-Uni sort de l'Union européenne sans accord, on ne sait pas ce qu'il adviendra des sociétés de gestion qui n'ont qu'un agrément anglais. Il était donc important d'installer une société réglementée au sein de l'Union européenne, hors Angleterre, afin de continuer et développer notre activité sur l'ensemble du territoire européen. C'est dans cette perspective que la filiale a été créée", explique son directeur, Rémi Antonini.

Disrupter l'investissement immobilier commercial

La destination France est vite apparue pertinente aux yeux du co-fondateur et président de BrickVest, Emmanuel Lumineau, lui-même français. D'abord, "parce que c'est un marché important sur lequel nous sommes encore peu implantés et qu'il convient de développer", reprend le directeur de la filiale française. Surtout, "la France dispose d'un régulateur, l'AMF, innovant et favorable aux entreprises avec lequel nous pouvons travailler dans le cadre de nos plateformes".

Car BrickVest n'est pas une société de gestion financière comme les autres. Positionnée sur la niche des investissements immobiliers professionnels, elle a été créée fin 2014 avec l'ambition de disrupter le secteur au travers d'une plateforme réglementée permettant de digitaliser, donc de faciliter, les processus d'investissement. "Nous sommes une place de marché unique dédiée à tous les acteurs de l'immobilier commercial qui centralise toutes les opportunités d'investissements". De ce fait, elle réunit différents véhicules auxquels, pour chacun, une plateforme a été attribuée. Ainsi en est-il de BrickVest Access, dédié aux fonds immobiliers réglementés et institutionnels, BrickVest Select, présentée comme la plus importante plateforme de clubs deals immobiliers pour investisseurs institutionnels et family offices, et BrickVest Debt, consacrée à la dette immobilière. Au total, la fintech revendique plus de 6000 investisseurs enregistrés, 1000 partenaires immobiliers, le lancement d'une douzaine de fonds réglementés et près de 3 milliards d'euros d'actifs investissables proposés. "Notre système couvre l'ensemble de la chaîne de valeur, de l'offre à la réalisation, ainsi que le marché secondaire de l'immobilier commercial", précise Rémi Antonini.

Ecosystème technologique

Basée rue Massena, dans le carré d'or niçois, BrickVest REIM Europe est plus particulièrement en charge de la gestion des fonds réglementés et du développement de l'offre BrickVest en France et en Europe continentale avec l'ouverture à venir d'un bureau de représentation à Paris. Elle compte 5 personnes (le groupe en totalise à ce jour 25 réparties à Londres, Berlin - bureau de représentation -, et Nice) et envisage de poursuivre ses recrutements en 2020, orientés vers des profils financiers. A cet égard, la présence de l'école de commerce Edhec et de son campus niçois spécialisé en finance a fait partie des "facteurs convaincants" qui ont conduit à une implantation de la filiale sur la Côte d'Azur. La proximité avec la place de Monaco et son écosystème financier établi aussi. Mais c'est un autre écosystème, technologique cette fois-ci, qui a présidé à la décision.

"Nous sommes une fintech, de ce fait, le pôle technologique azuréen, en particulier celui de Sophia Antipolis, nous correspond". D'où l'ouverture d'une seconde structure, BrickVest Technology Europe, consacrée à la R&D et au développement de solutions digitales répondant aux besoins de ses partenaires pour lesquels la jeune pousse développe et gère des fonds immobiliers dédiés. A l'instar du Fonds de participation des salariés (FPS) lancé cet été en collaboration avec BEOS, spécialiste allemand de l'immobilier commercial, membre de Swiss Life Asset Managers, qui offre à ses collaborateurs la possibilité d'investir dans ses projets immobiliers. "Notre ambition est de lancer dans les prochains mois plusieurs fonds thématiques BrickVest", conclut Rémi Antonini.

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