La réalité augmentée et le quotidien, l'addition intelligente de Graffiti

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(Crédits : DR)
Née il y a moins d'un an, déjà partie en prospection de l'autre côté de l'Atlantique, la jeune pousse établie à Marseille appuie son business modèle sur la plus-value apportée par la réalité augmentée dans des tâches ou moments de la vie de tous les jours. Un positionnement qui lui permet d'adresser divers sujets, dont la smart city.

La réalité augmentée et ses promesses - multiples - sont le cœur même du business modèle de Graffiti. Née en début d'année, la startup doit sa création à une réflexion de sa co-fondatrice, Marie Tors, qui se laissait imaginer à ce que permettrait la réalité augmentée lorsque l'on se pose des questions, questions que l'on soumet d'ailleurs souvent à un moteur de recherche, lequel, par ailleurs sait très bien compléter parfois lesdites questions. "J'imaginais parfaitement les applications de la réalité augmentée en matière de retail mais pas pour d'autres usages jusqu'à ce que je me demande ce qui cela pourrait produire si la réalité augmentée était capable de répondre visuellement aux questions que l'on se pose. A cela ce sont mêlés des souvenirs d'enfance, dont celui d'un Terminator pouvant voir des données s'afficher sur le côté de son écran". C'est de "cette blague, cet immense pari" que part le concept de Graffiti.

Scanner grâce à la caméra du smartphone

Les algorithmes développés par la jeune entreprise servent donc divers usages. C'est via des filtres, disponibles au cœur de l'application, que des besoins de la vie quotidienne sont servis. Le tout utilisant d'ailleurs la caméra du smartphone. Pour l'heure, la V1, disponible sur iOS, en propose six, concernant la nourriture, les cosmétiques, les livres, le social (qui permet de donner son avis) les points d'intérêts de lieux et comment trouver ses amis. Pour ce dernier, c'est une sorte de méthode revisitée de "Où est Charlie ?" mais qui, en aucun cas, n'a recours à la reconnaissance faciale. Une précision à laquelle tient beaucoup Marie Tors, expliquant que ce filtre particulier ne fonctionne que si l'application est téléchargée aussi par la personne recherchée. La V2, actuellement en cours de développement, devrait être disponible au mois de février et proposer bien sûr de nouveaux filtres, dont un consacré à la pétanque, permettant de mesurer la distance entre les boules entre elles ou entre les boules et le cochonnet, un moyen de se dispenser du centimètre et des interminables polémiques qui vont souvent avec. Un autre filtre sera consacré au voyage, permettant de scanner sa valise ou son sac et de savoir instantanément si celui-ci correspond au gabarit cabine des compagnies aériennes.

Générer un usage... et des revenus

Au-delà du côté ludique proposé par Graffiti, c'est toute une expérience utilisateur qui fait partie de la plus value de l'application. Un utilisateur qui est "omboardé", embarqué dans une aventure et une expérience. "Nous lui permettons de choisir entre 2 à 3 filtres afin qu'il puisse mesurer ce que Graffiti lui apporte. Nous pouvons ensuite lui suggérer de se rendre sur le store et d'aller vers d'autres usages quotidiens", détaille Marie Tors. Pour développer des filtres pertinents, il est utile, dit aussi la dirigeante, "de recueillir beaucoup de metrix autour de la vie quotidienne". La réflexion globale porte sur la démarche pédagogique vis-à-vis de l'utilisateur, de comment "lui faire comprendre que tout ce qu'il peut regarder avec un moteur de recherche se fait aussi via les filtres". La réflexion concerte également le business modèle, qui prévoit un filtre sur 5 payant. "Nous cherchons à créer de l'attention afin de permettre une monétisation et créer un usage", souligne Marie Tors. De ce point de vue, l'axe BtoB en complément de l'axe BtoC, apporte un réel intérêt, Graffiti étant appétant pour le secteur événementiel notamment.

Mais c'est surtout que la réalité augmentée apparaît comme le nouveau moyen de faire de la publicité, intelligente, tournée vers le consommateur, entraînant celui-ci dans une expérience ludique, bien plus agréable que ces publicités qui s'affichent durant d'interminables secondes avant d'afficher la vidéo souhaitée. Le potentiel généré par la réalité augmentée est largement expliqué dans une étude publiée par Useradgents. Laquelle estime à 2 619 Mds$ les revenus permis par la réalité augmentée à horizon 2022, quand ceux-ci n'étaient que de 428 M$ en 2018. De fait, Graffiti pense au sponsoring de certains de ces filtres, tant que le lien entre l'usage et la marque est pertinente ou logique.

Embarquée dans le California Business Tour de risingSUD début novembre, la startup a pu tester sa capacité à intéresser autour de sujets comme la smart city. Et de fait des ponts pourraient être noués avec la ville de San Diego et la jeune pousse marseillaise. Mais plus largement, l'expérience américaine à rebattu les cartes du business modèle initial et l'équipe de Graffiti de plancher sur un modèle encore plus affiné. Surtout, "lorsque l'on acquiert de la crédibilité aux Etats-Unis, on en acquiert forcément en France", souligne Marie Tors. Graffiti, appelée ainsi pour signifier "laisser sa marque sur le monde", travaille sur une levée de fonds, démarrant d'ores et déjà par une opération de BSAir pour un montant de 650 000 euros.

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