Les challenges de BodyO pour s’imposer sur le marché de la santé préventive et du bien-être

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(Crédits : DR)
Née à Dubaï en 2016, azuréenne depuis six mois, la jeune pousse positionnée sur le marché de la santé préventive et du bien-être entend faire la différence avec une solution complète, associant cabine de santé, plateforme de suivi et système de récompense.

En mars 2020, le parc d'activité Roguez Village, situé dans le périmètre de la Métropole Nice Côte d'Azur, accueillera ses premiers occupants. Parmi eux, la start-up BodyO, actuellement hébergée dans des bureaux provisoires au MIN. Fondée en 2016 à Dubaï par Patrice Coutard, scientifique du sport et quinze ans durant responsable performance de l'équipe nationale de football des Emirats Arabes Unis, voici six mois qu'elle a posé ses armes et bagages sur le territoire azuréen d'où elle entend prendre position sur le marché de la santé préventive et du bien-être avec ses Pods : des capsules de santé à taille humaine qui permettent en moins de dix minutes d'établir un bilan complet et non invasif.

Faire la différence

Le sujet de l'approche préventive en santé, on le sait, constitue un enjeu économique et sociétal prégnant où s'entremêlent les questions de réduction des coûts, de simplification du parcours de soin ou encore de lutte contre la désertification médicale, nécessitant des réponses qui relèvent tant du domaine comportemental que technologique. Une équation dont se sont emparées ces dernières années nombre de start-ups, en France comme ailleurs, qui composent le paysage concurrentiel de BodyO. Dont le premier challenge consiste donc à sortir du lot. A cet égard, "BodyO n'est pas qu'une capsule de santé, ce n'est que la partie émergée de l'iceberg", insiste Patrice Coutard. Certes, la cabine évalue - à ce jour - une vingtaine de paramètres comme le poids, la pression sanguine, le taux de sucre dans le sang afin d'établir, au regard du mode de vie, des antécédents familiaux ou encore du milieu sociologique et environnemental de l'utilisateur, une photographie à l'instant T de sa santé. "C'est une sorte de photomaton amélioré, reprend le dirigeant, puisqu'aux Pods viennent se greffer deux autres composantes". La fameuse partie immergée donc. Soit, la plateforme de suivi d'une part qui met en relation l'utilisateur et les professionnels de la santé bien-être dont les conseils et programmes personnalisés seront axés plus particulièrement sur l'activité, la nutrition et le sommeil. De l'autre, un système de récompense utilisant une blockchain qui viendra souligner les progrès et objectifs atteints sous la forme de jetons santé transformables en diverses remises et cadeaux.

Autre élément de différenciation mis en avant, l'écoresponsabilité. "C'est une direction qu'on souhaite prendre", confirme le dirigeant. Qui, suite à un concours remporté le mois dernier, commence à travailler avec l'Ecole des Mines d'Arles sur des nouveaux matériaux plus développement durable que la fibre de verre aujourd'hui utilisée pour le corps de la cabine.

Deux marchés visés

Deuxième challenge : conquérir le marché. Premier visé, celui des entreprises, des administrations et des mutuelles santé pour qui la prévention et le bien-être de leurs salariés, collaborateurs et clients apparaissent comme un levier de compétitivité. BodyO a ainsi déjà signé deux contrats avec le gouvernement dubaïote portant sur le déploiement d'ici à trois mois d'une petite dizaine de capsules. L'un, financé par Bayer, a comme objectif de prévenir l'hypertension des employés des ministères du micro-état, l'autre se destine aux centres administratifs délivrant les passeports et visas pour lesquels un test de santé est obligatoire.

"Les demandes affluent, assure Patrice Coutard. Elles proviennent du Moyen-Orient, de l'Asie, des Etats-Unis et de l'Amérique du Sud. Ce qui nous freine finalement, c'est l'absence d'homologation du produit que l'on espère obtenir dans les six mois". La pompe, déjà amorcée, pourra alors tourner à plein régime avant d'élargir, dans un second temps, le marché visé au domaine du médical en visant plus particulièrement les maisons de santé, Ephad et cliniques.

Défi technologique

Car le dernier challenge de la start-up, et pas des moindres, consiste en effet à passer d'une technologie focalisée sur la prévention à une technologie dédiée au médical, c'est-à-dire de la santé bien-être à la téléconsultation et la télémédecine. "Nous avons dans le pipe de véritables innovations scientifiques qui demanderont encore deux ans de développement", estime Patrice Coutard. C'est d'ailleurs pour répondre à ce défi que la jeune pousse s'est installée à Nice afin de profiter de la force de l'écosystème du territoire, en premier lieu de ses compétences en ingénierie. BodyO compte aujourd'hui une dizaine d'ingénieurs et de développeurs répartis entre Dubaï et l'Ukraine. "L'objectif est de relocaliser et de centraliser le savoir-faire ici", indique le dirigeant qui entend procéder à des premiers recrutements d'ici à la fin de l'année. "On est à la recherche de talents, des profils techniques spécialisés dans le hard, le soft, la blockchain et l'IA". Une dizaine dans un premier temps, une cinquantaine dans les cinq ans.

Pour ce faire, l'entreprise s'engage dans une démarche de levée de fonds. Autofinancée jusqu'en 2018, date à laquelle elle a progressivement ouvert 4,5% de son capital à deux investisseurs autrichiens, BodyO vise désormais un tour de table de 4 M€, dont 2 M€ en equity. Cette somme servira, outre les recrutements, à financer les dépôts de brevet, l'obtention des certifications, européenne d'abord puis américaine et japonaise, ainsi qu'à la constitution d'un premier stock de Pods, assemblés à Nice, afin de répondre à la demande "actuelle et future". Et ainsi réaliser un chiffre d'affaires qui s'appuiera sur la vente ou location des cabines d'une part et, de l'autre, les services de suivi associés, délivrés par les professionnels de santé bien-être auxquels la start-up prendra "une toute petite commission". Tenu confidentiel, le chiffre d'affaires visé est toutefois présenté comme à la fois "ambitieux et réaliste".

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