Cédric Messina – FTCA : "Pour attirer des forces sur le territoire, il faut créer des marques"

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(Crédits : DR)
Alors que le mouvement French Tech multiplie les programmes, vise l'émergence de licornes et continue de promouvoir la France numérique à l'export, sur la Côte d'Azur, son vice-président réitère le besoin d'union pour faire gagner le territoire, à la fois en visibilité et son corollaire, en attractivité. Histoire de combler les manques qui freinent les startups dans leur croissance. Car l'enjeu n'est pas de "monter" à Paris mais de rendre la Côte d'Azur suffisamment sexy pour qu'elle conserve chez elle, les pépites prometteuses.

Quand on parle d'attractivité du territoire, on pense tourisme, aéroport, grands groupes, mais rarement startup. Pourtant, les jeunes pousses pourraient - devraient ? - elles aussi faire partie de l'équation. Être une force d'attraction qui flèche la Côte d'Azur comme terre d'innovation, c'est le discours sans cesse répété de son vice-président Cédric Messina, conscient - il l'a vécu lui-même en tant qu'entrepreneur - que l'image de ce département où sont plus facilement assimilés les cocotiers et le tourisme doit être retravaillée, et que pour faire bouger les perceptions au long cours, il faut s'y reprendre à plusieurs fois.

Clairement, c'est bien l'une des missions de la French Tech Côte d'Azur que de faire la promotion de son territoire tout autant que de ses startups. Les secondes contribuent à la différenciation du premier mais cette équation n'est pas encore intégrée par toutes les mentalités. Pourtant, la labellisation en tant que Capitale French Tech il y a quelques mois aide à démontrer qu'il existe bien un tissu de jeunes pousses vouées à grandir. Voire à devenir des licornes. Ou de jolies PME, si ce n'est des ETI. Sauf que pour grandir, il faut de la saine nourriture. Dans le monde des startups, cela s'appelle notamment financement.

Image modifiée

Et c'est là un point faible de la Côte d'Azur. Pas de fonds régionaux ni locaux, un caillou dans la chaussure qui oblige les startups à aller chercher monnaie sonnante et trébuchante sous d'autres cieux, généralement parisiens. Un état de fait qui ne doit pas être vu comme un état permanent. Car en étant capable de produire des entreprises en croissance, générant du chiffre d'affaires, de l'emploi, donc de la valeur, c'est une sorte de cercle vertueux qui se mettrait en place. Mais pour cela, il faut des startups au fort potentiel de croissance visibles au-delà de leurs frontières locales. Capables d'attirer des maillons de la chaîne de valeur, maillons manquants. "Nous avons inversé l'image qui pouvait être celle de la Côte d'Azur en étant structuré, organisé. Mais il y a un déficit de vision sur le territoire. Pour attirer des forces, il faut des marques", explique Cédric Messina. Des marques c'est-à-dire des entreprises qui produisent de la croissance, comme ces startups qui prennent du poids, telle Teach on Mars, Vulog, MyCoach... et qui par cette prise d'envergure sont à même de prouver que la Côte d'Azur est un vivier d'innovation. L'enjeu ne s'arrête pas là, il est aussi de faire en sorte que ces mêmes pépites ne s'envolent pas sous d'autres cieux, parisiens la plupart du temps, car, comme expliqué plus haut, il est plus facile de dénicher financement et outils pour grandir.

Créer une nouvelle génération d'entrepreneurs

Pourtant, la French Tech Côte d'Azur se retrousse les manches, s'appuyant pour cela sur la feuille de route et les programmes nationaux. Le French Tech Tremplin rassemble par exemple 12 porteurs de projets, un incubateur spécifiquement dédié Tech for Good, baptisé Az'Up a été mis en place et accompagne 8 projets. "Lorsque un programme est lancé, nous sommes classés régulièrement à la 3ème ou 4ème place, tenant compte des critères de réussite mis en place", souligne pour sa part Jessica Pellegrini, la directrice générale du mouvement azuréen. Des conventions liant French Tech Côte d'Azur avec les acteurs économiques locaux sont régulièrement signées. Il y a celle avec EY Ventury pour l'aspect juridique des levées de fonds et autres étapes de structuration, avec l'Ursaff pour sensibiliser la structure au statut "particulier" des startups... Nerf de la guerre, le financement du mouvement est en progression, passant de 82 000 euros en 2018 à 232 00 0 euros en 2019.

"Notre feuille de route s'inscrit dans celle du mouvement national. Aujourd'hui, le débat n'est pas de dire faut-il suivre la French Tech ou pas, c'est de savoir ce que l'on en fait", insiste Cédric Messina désireux que les quatre associations qui composent le mouvement azuréen - Telecom Valley, Nice Startups, le club des entrepreneurs de Grasse et Cannes is up - parlent d'une seule et même voix. "Il nous faut un territoire apaisé, lisible, capable de parler de capital-développement et pas que de création d'entreprises", indique Cédric Messina.

Le futur de la French Tech ? "C'est un label fort, c'est un mouvement incompressible et c'est un mouvement fait pour se pérenniser", estime le vice-président du mouvement azuréen. Qui ne le cache pas : "il faut continuer à évangéliser" et permettre "l'émergence d'une nouvelle génération d'entrepreneurs".

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