Où en est Evoluflor, le logiciel de caisse pour fleuristes ?

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(Crédits : DR)
Avec 300 fleuristes utilisateurs de sa solution lancée il y a deux ans, la jeune pousse basée à Sophia Antipolis, pour qui la numérisation de l’artisanat n’est plus une option, a posé les bases d’un développement commercial qu’elle entend accélérer. Avec méthode.

Petit à petit, Evoluflor fait son nid. Fondée en mai 2017, la jeune pousse commercialise depuis septembre de la même année un logiciel de caisse dédié aux artisans fleuristes. L'idée ? "Apporter à un pan entier de l'artisanat les outils numériques qu'utilise la grande distribution", explique sa fondatrice, Béatrice Caula. Qui estime que les fleuristes, dont elle est, sont les grands oubliés de la numérisation. "Notre écosystème - à savoir les fournisseurs, les chaînes de transmission florale... - s'est progressivement numérisé mais pas le dernier maillon de la chaîne, c'est-à-dire les fleuristes eux-mêmes." C'est donc là qu'Evoluflor intervient, selon une approche un brin militante : "Il s'agit de ne pas subir la numérisation qui nous est vendue par des éditeurs de logiciels qui ne comprennent rien à notre métier, mais d'en être les acteurs." Dont acte !

Un logiciel sur-mesure...

Développée en partenariat avec une entreprise montpelliéraine spécialisée dans le logiciel de caisse, la solution Evoluflor s'est construite à partir d'un cahier des charges prenant en compte les problématiques et spécificités du métier en termes de suivi de production, de gestion des commandes et des livraisons, de paiement mobile ou encore d'expérience client. L'objectif étant d'améliorer la qualité de vie professionnelle des fleuristes. "Pour l'avoir depuis deux ans en magasin, je peux affirmer qu'Evoluflor a changé ma vie et celle de mon équipe. Tout le stress dû à la réception et à la gestion des commandes, des livraisons, des cartes messages a disparu parce que le logiciel le fait pour nous. Et dans les chiffres, cela se ressent aussi. Certes, le chiffre d'affaires du magasin est resté stable mais sa rentabilité s'est nettement améliorée du fait de s'affranchir des tâches chronophages et non rentables."

...et en co-construction

L'outil commercialisé sous la forme d'un abonnement est aujourd'hui utilisé par 300 fleuristes indépendants, la cible privilégiée par l'entreprise, soit un marché de 13 700 entités en France. Parmi eux, une vingtaine, à laquelle s'ajoutent trois fleuristes non utilisateurs du logiciel, travaillent de concert avec Evoluflor pour faire évoluer la solution et "entrer plus loin dans le détail de ce qu'est notre métier". Une démarche de co-construction adoptée pour la rédaction de la suite du cahier des charges, encouragée par la méthode d'accélération commerciale Sales Builder suivie par la jeune pousse hébergée au Village by CA de Sophia Antipolis.

L'importance de la méthode

Cette méthode, imaginée par l'entreprise azuréenne Sales Builder & Compagnie, mêlant des outils saas d'analyse et de management à des sessions de coaching, prend en compte la valeur émotionnelle pour créer un rapport différent entre l'entreprise et le client potentiel. "Cela nous permet, par exemple, de travailler sur la valeur perçue du produit par nos clients", reprend Béatrice Caula. Laquelle s'est ainsi aperçue que le frein principal à son business tient au fait que "les fleuristes ont peur de la numérisation". "Bien souvent, ils ne la comprennent pas, nous avons donc pris le parti d'aller au-delà de l'outil technologique pour les aider à passer le cap du numérique, en les accompagnant notamment à travers la création - en cours - de contenus dédiés". Des services associés et complémentaires au logiciel qui ont permis à la jeune pousse d'engranger un premier chiffre d'affaires (2018) de 214 000 euros pour un résultat net positif de 25 000 euros.

Levée de fonds en préparation

"Nous avons également quelques touches à l'export, au Canada, en Belgique et en Italie où une demi-douzaine de fleuristes testent actuellement le logiciel", précise la dirigeante, engagée par ailleurs dans un processus de levée de fonds qu'elle entend conclure d'ici à la fin du premier trimestre 2020. La somme attendue n'a pas été communiquée. "Il s'agit d'accélérer le développement commercial", indique-t-elle, à travers "le recrutement d'une force dédiée qui dupliquera ce que nous avons fait jusqu'à présent à deux". Et ainsi passer d'une augmentation de son chiffre d'affaires aujourd'hui qualifiée de "linéaire" à une croissance qu'elle espère demain "exponentielle".

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